MAIGRET ET L’AFFAIRE DU SAINT-FIACRE de Jean Delannoy : la critique du film [Sortie DVD – collection cinéma : Jean Gabin]

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note 8 -10
Carte d’identité :
Nom : Maigret et l’affaire du saint-Fiacre
Père : Jean Delannoy
Date de naissance : 1959
Majorité : 21 octobre 2015
Type : Sortie vidéo
(Éditeur : TF1 Vidéo)
Nationalité : France
Taille : 1h30 env. / Poids : NC
Genre : Policier

Livret de famille : Jean Gabin (Maigret), Michel Auclair (Maurice), Robert Hirsch (Sabatier), Valentine Tessier (la comtesse), Michel Vitold (l’abbé), Paul Frankeur (Bouchardon), Camille Guérini (Gauthier), Jacques Marin (Albert), Serge Rousseau (Emile)…

Signes particuliers : Quel meilleur acteur que Jean Gabin pour incarner le flegme autoritaire du commissaire Maigret ?

MAIGRET ENQUÊTE À LA CAMPAGNE

LA CRITIQUE

Résumé : Le commissaire Maigret revient dans son village natal suite à l’invitation de sa vieille amie la Comtesse Saint-Fiacre, qui a reçu une lettre anonyme lui annonçant son décès le mercredi des Cendres. Le lendemain, la Comtesse succombe à une crise cardiaque. Convaincu que ce décès est loin d’être accidentel, Maigret va mener son enquête afin de déterminer quelle est la véritable cause de la mort de son amie…StFiacre 05L’INTRO :

Après le succès retentissant de Maigret tend un piège l’année passée (1958), il était impensable pour le studio de ne pas enchaîner avec une seconde adaptation cinématographique des aventures du célèbre commissaire français. Et si Jean Delannoy, tout comme Jean Gabin, n’avaient guère envie de repartir pour un tour, l’insistance des producteurs aura eu raison du duo. Tant mieux pour le public de l’époque qui se rua en masse (près de 3 millions d’entrées) et pour nous aujourd’hui, car ce second long-métrage est un délice. Adapté de George Simenon par Delannoy et Rodolphe-Maurice Arlaud, avec le concours de Michel Audiard qui reverra les dialogues pour y apporter sa « patte » légendaire, L’Affaire Saint-Fiacre emmène le commissaire parisien dans son village d’enfance, aux alentours de Moulins, où il répond à l’invitation de la comtesse de Saint-Fiacre, à qui l’on a adressé une lettre anonyme lui annonçant sa mort imminente. Que l’enquête commence…MAIGRET-ET-L-AFFAIRE-SAINT-FIACRE-1959_portrait_w858L’AVIS :

Pour l’intrigue confectionnée dans un suspens haletant entouré de mystères, pour la prose toujours aussi délicieuse de Michel Audiard, pour le charisme d’un Jean Gabin tout en flegme réservé et en verve lâchée avec parcimonie, ou pour la maîtrise d’un Jean Delannoy toujours capable de briller dans un cinéma de papa, Maigret et L’Affaire du saint-Fiacre appartient à ces classiques d’un cinéma français d’antan dont on ne se lasse pas. Dans ce nouveau Maigret, tous les protagonistes sont suspects et c’est aux côtés d’un Gabin qui, comme à son habitude, bouffe l’écran, incarnant comme personne le Commissaire à l’œil si aiguisé et à la perspicacité de renom, que le spectateur va essayer de deviner les ressorts d’un meurtre fomenté avec lâcheté. Ce nouvel opus quitte les sombres rues du Marais parisien et s’offre une balade campagnarde où pointe avec une sincérité touchante, la nostalgie d’un temps passé où la vie était plus douce et l’homme moins vil et machiavélique. Mais le charme de ces contrées chantantes s’est fané aujourd’hui. Et c’est avec un regard presque crépusculaire, que déambule la silhouette autoritaire d’un Maigret/Gabin empli d’amertume, prêt à confondre les responsables du crime. Rondement mené et ficelé de main de maître, Maigret et L’Affaire du saint-Fiacre est un petit régal, à la fois ludique et divertissant, traversé de menues fulgurances et surtout, de tirades imputables au génie d’Audiard. « Je sais bien que la bière fait grossir et que je devrais y renoncer. Mais j’ai préféré renoncer à la coquetterie, que voulez-vous… » lâche en début de film Gabin. Le début d’un festival du dialoguiste, qui mâtinera d’humour, ce polar au final rappelant les méthodes du voisin britannique Hercule Poirot.

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 LES DVD

Également disponible dans cette même collection « cinéma » éditée par TF1 Vidéo, quelques autres grands classiques du mythique Jean Gabin, l’inaugural Maigret tend un Piège, le très bon Les Grandes Familles de Denys de la Patellière, le chef-d’œuvre Gas-Oil de Gilles Grangier, et (le plus mineur) Le Baron de l’écluse du même Jean Delannoy. Tous les films font l’objet d’une présentation par Guillemette Odicino (Télérama) et Eric Libiot (L’Express, StudioCinéLive).

LE BARON DE L’ÉCLUSE : Ex-héros de la première guerre mondiale, Baron déchu et ruiné, Antoine vit d’expédients entre Deauville et Monte-Carlo grâce à ses relations. Heureux gagnant d’une partie de cartes face à un riche marquis, il obtient, en guise d’une partie de ses gains, un yacht qu’il doit aller chercher à Rotterdam. Il embarque sur le bateau en compagnie d’une ancienne maîtresse, Perle, en direction de Monte-Carlo…

LES GRANDES FAMILLES : Patriarche d’une grande famille bourgeoise, Noël Schoudler dirige d’une main de fer un empire économique bâti autour du sucre, de la banque et de la presse. Ne reculant devant aucun moyen pour arriver à ses fins, il n’hésitera pas non plus à mettre en difficulté François, son fils, ce dernier s’opposant vivement aux méthodes de son père, qu’il juge archaïques…

GAS-OIL : Peu après avoir quitté le domicile de sa maîtresse, Jean Chape, camionneur, écrase un corps sur la route. Interrogé par les policiers, Jean découvre que ce corps était celui d’un truand qui avait participé quelques heures auparavant à un braquage sanglant. Les complices du truand mort retrouvent la trace de Jean, persuadés qu’il est en possession du magot issu du hold-up…

MAIGRET TEND UN PIÈGE : Paris, 1957. Quatre femmes sont retrouvées mortes dans le Marais après avoir été sauvagement assassinées et leurs vêtements lacérés. Bien décidé à retrouver le tueur, et convaincu de sa susceptibilité, le commissaire Maigret décide de lui tendre un piège en arrêtant un faux coupable, persuadé que le véritable assassin se manifestera de nouveau afin de montrer qu’il est encore en liberté…

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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