LES ÂMES VAGABONDES (critique – romance SF)

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Les-ames-vagabondesMondo-mètre :
note 3
Carte d’identité :
Nom : The Host
Père : Andrew Niccol
Livret de famille : Saoirse Ronan (Melanie Astryder), Diane Kruger (la seeker de Melanie), William Hurt (Jeb), Jake Abel (Ian), Max Irons (Jared), Frances Fisher (Maggie), Chandler Canterbury (Jimmy), Scott Lawrence (Doc)…
Date de naissance : 2013 / Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 2h04 -40 millions $

Signes particuliers (+) : Le public ado appréciera peut-être ce bouillon sans goût.

Signes particuliers (-) : Tout simplement : Les Âmes Vagabondes est à la SF ce que Twilight est au film d’horreur. Moche, idiot, ridicule, inutile, fade, linéaire, policé et sans idées.

 

BIENVENUE A GATTACON

Résumé : Dans un futur proche, la race humaine est en voie d’extinction. Une race extraterrestre a envahi la planète et a pris possession de nos corps, restés à l’identique mais contrôlés par un parasite remplaçant l’âme de l’être humain. Melanie Astryder est capturée mais l’implantation de son hôte ne va pas se faire sans qu’elle se batte. Elle se retrouve prisonnière de son propre corps sans pouvoir rien faire si ce n’est de convaincre celle qu a pris dans sa place…

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Attention, Stephenie (oui, avec un « e ») Meyer récidive ! Après avoir fait beaucoup de mal à la mythologie vampirique chère à Bram Stocker avec sa saga littéraire Twilight, reprise au cinéma avec un succès profondément énervant, l’auteur américaine a signé de sa plume en 2008, le roman The Host, traduit en français par Les Âmes Vagabondes. Devant le succès des adaptations des aventures de Bella, de Jacob et du vampire Edward, il n’aura pas fallu attendre bien longtemps avant de voir les écrits de la belle écrivain se retrouver à la base d’un nouveau film qui pourrait bien se décliner en nouvelle saga. Cette fois-ci, Meyer s’en prend aux invasions extraterrestres et nous emmène dans un futur imaginaire où la race humaine est en voie d’extinction, nos corps étant toujours là mais colonisés et contrôlés par des parasites venus d’outre-espace. Les quelques survivants ayant échappé aux mains des « seekers » qui les traquent avec acharnement, se cachent. Carton en librairie, Les Âmes Vagabondes devient donc un film sous la direction d’Andrew Niccol qui continue d’égratigner l’aura dont il bénéficiait post-Bienvenue à Gattaca.

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Andrew Niccol, c’est peu de films. Cinq seulement en seize ans. Mais son début de carrière aura été foudroyant. Gattaca bien sûr, son premier, puis les très intéressants S1m0ne, Lord of War avec entretemps, le scénario du magnifique The Truman Show. Une crédibilité maximale qui a pris un premier petit coup d’épée avec son dernier Time Out, décevant. Le voir à la barre d’une adaptation de Stephenie Meyer inspirait crainte et intérêt pourtant. Crainte car l’univers adolescent de l’auteur avec ses thématiques favorites comme le triangle amoureux stupide n’était pas engageant et intérêt car ça reste Andrew Niccol et allez savoir ce qu’il peut être capable de faire avec son matériau de base. La bande-annonce dévoilée, c’est le côté crainte qui prend le dessus sur son adversaire mais on y croyait quand même…

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Le cinéaste néo-zélandais réunit une distribution hétéroclite pour son film. La jeune étoile montante Saoirse Ronan (Lovely Bones), le vieux bourlingueur William Hurt, l’européenne Diane Kruger, le fils de Jeremy Irons, Max Irons, vu dans Le Chaperon Rouge de Catherine Hardwicke, Jake Abel (Percy Jackson 1 et 2) ou encore la charismatique Frances Fisher. Avec un moyen budget de série B comme si les studios étaient quand même un peu frileux sur le projet d’environ 40 millions de dollars, Andrew Niccol doit offrir au public ce qu’il souhaite : du spectacle, de la romance, de l’aventure, bref, de quoi s’exalter. Si le cinéaste est passionné d’anticipation et aurait pu sembler être un choix judicieux, il semble en revanche moins coller pour mettre en images une nouvelle histoire de triangle amoureux, une femme prise entre deux hommes autant que son esprit est pris dans la bataille de deux âmes. Une histoire proche finalement du fond de Twilight. Oui, Stephenie Meyer se recycle.

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Le scénario de cette transposition sera écrit à quatre mains directement par Stephenie Meyer et Andrew Niccol. Son histoire est finalement assez basique et peu créative puisqu’elle est basée sur deux branches principales. La première est une énième histoire d’invasion insidieuse où les corps humains sont parasités (L’invasion des Profanateurs de Sépultures et ses déclinaisons comme The Faculty ) tandis que la seconde, comme on l’a dit, reprend le concept du triangle amoureux cher à Twilight et à tellement de films depuis l’aube de la littérature et du cinéma. On se demande du coup quoi aller chercher dans un film qui sent autant le réchauffé. Pas grand-chose en réalité.

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On ne vous le cachera pas, Les Âmes Vagabondes est assez mauvais. Il n’y a réalité à peu près rien à se mettre sous la dent dans ce navet insipide et sans idées qui déroule une intrigue mollassonne sans imagination et aux enjeux sacrément pauvres. Andrew Niccol sombre encore un peu plus avec ce naufrage extrêmement mal écrit et mal développé se résumant à une idiote traque peu intense d’une jeune femme prise en étau entre deux âmes dans sa tête et entre deux hommes dans son existence. Tout y est aussi lourdingue que peu créatif et le résultat transpire une nonchalance à tous les niveaux superposant des étages de bêtise. Vain, Les Âmes Vagabondes est juste une désolation pour adolescents pré-pubères se cantonnant à du basique dans chacun des recoins de son script indigent et limité faute d’idées de direction à emprunter. Et c’est sans parler de sa pauvreté visuelle qui traduit à elle seule les limites d’un budget trop étriqué pour développer quelque chose d’un minimum ambitieux. Jamais palpitant la faute à un suspens absent, Les Âmes Vagabondes nous maintient tout juste en état d’éveil dans l’attente qu’il s’y passe quelque chose d’un tant soit peu passionnant mais malheureusement, l’on est condamné à attendre le film suivant au programme car ce n’est pas dans celui-ci que l’on trouvera quoique ce soit d’intéressant. Les enjeux romantiques sont idiots, la traque manque de tension, l’univers est d’une vacuité terrible, les personnages sans aucune personnification et jamais creusés, pas plus que les pistes que le film ouvre et les deux heures passent monotonement sans que l’on ait vu l’intérêt de tout cela si ce n’est celui de nous faire perdre notre temps. Les Âmes Vagabondes aurait pu être vaguement quelque chose s’il n’avait pas cherché à être aussi fade, aussi puritain, aussi sage, aussi fainéant, aussi pauvre. Voilà, deux heures à voir une pauvre fille se débattre entre deux bellâtres alors qu’il y avait tout un univers de SF anticipatoire derrière à exploiter. C’est ce qu’on peut appeler une purge inutile et sans goût d’un vide intrinsèque abyssal qui ressemble plus à une pauvre série télé pour ado qu’à un film de cinéma. Tout ça est bien gentil, au moins autant que Saoirse Ronan est sympathique, mais bon les blagues les plus courtes sont toujours les meilleures…

Bande-annonce :

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