DIANA d’Oliver Hirschbiegel
– critique – en salles – (drame/biopic/romance)

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21023376_20130730121416649.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 3
Carte d’identité :
Nom : Diana
Père : Oliver Hirschbiegel
Livret de famille : Naomi Watts (Diana), Naveen Andrews (Hasnat Khan), Douglas Hodge (Paul), Charles Edwards (Patrick), Geraldine James (Oonagh), Juliet Stevenson (Sonia), Cas Anvar (Dodi Al-fayed), Daniel Pirrie (Jason)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 02 octobre 2013 (en salles)
Nationalité : Angleterre, France, Belgique
Taille : 1h53
Poids : Budget NC

Signes particuliers (+) : Une romance dessinant l’anecdote « méconnue » d’une petite histoire derrière la grande. Noami Watts, aléatoirement brillante.

Signes particuliers (-) : Un mélodrame reproduisant toutes les pires erreurs inhérentes à ce type de projet, sorte de mélasse gluante insipide faite de clichés et de rabaissement constant de son histoire vers le soap de bas étage niais.

 

PORTRAIT « HARLEQUANISÉ » D’UNE PRINCESSE

Résumé : Septembre 1995. La princesse Lady Diana fait la connaissance d’un modeste cardiologue d’origine pakistanaise, le Dr Hasnat Khan. Une intense histoire d’amour secrète naît entre eux deux, passion contrariée par la fonction de l’icône du monde, par les médias et tout un tas d’autres impératifs…

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L’INTRO :

Oliver Hirschbiegel se spécialiserait-il dans le biopic ciblé ? Après La Chute et les derniers jours d’Hitler dans son bunker en 2004, le revoici avec Diana et la relation passionnelle entretenue par la Princesse de Galles avec un modeste cardiologue confronté à l’enfer de la médiatisation alors qu’il n’en demandait pas tant. Lancé comme un nouveau cinéaste de génie aux débuts des années 2000, fort d’un double-coup marquant avec le terriblement secouant L’Expérience (2001) puis La Chute, trois ans plus tard, Oliver Hirschbiegel a ensuite tardé à confirmer tout le bien que l’on pensait de lui. Cinéaste peu prolifique, il ne s’illustrera pas avant 2007 et le catastrophique Invasion, énième et médiocre relecture de L’Invasion des Profanateurs de Sépultures avec Nicole Kidman et Clive Owen. Puis de nouveau silence radio et quelques rares efforts à la télévision (sur la série Borgia par exemple) avant de signer son retour cinq ans plus tard avec ce biopic mettant en lumière une période d’environ deux ans (entre 1995 et 1997), de la vie de l’une des femmes les plus célèbres au monde : Lady Di.

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Sujet peut-être trop sensible, l’histoire personnelle de Lady Diana Spencer n’aura que très peu été abordée par le cinéma. Diana quant à lui, tourne donc autour de la liaison passionnelle de la Princesse, avec un chirurgien d’origine pakistanaise, le Dr Hasnat Khan, histoire d’amour qui aura été à la fois forte, belle, courte et contrariée par de nombreux impératifs notamment ceux dus à sa fonction et son statut qui voyait ses prétendants non pas embrasser une histoire avec elle et elle-seule, mais par répercussion avec le monde entier. Cette relation ici mise en lumière, aura longtemps été cachée, soupçonnée mais démentie à l’époque, avant de n’être que tardivement confirmée par Khan lui-même, ce qui a permis enfin (ou pas) de déclencher ce projet longtemps dans les tiroirs de la production, mais contraint par des impératifs « historiques » et une nécessité de s’y attaquer en étant sûr de l’authenticité des faits. Par souci de véracité, la production recrutera l’écrivain Kate Snell (auteur du livre Le Dernier Amour de Diana) et prendra surtout des gants dans le choix de la comédienne qui incarnera le mythe sur grand écran. D’une Jessica Chastain initialement envisagée, c’est finalement à Noami Watts qu’échouera le rôle risqué. Un formidable travail de relooking plus tard, l’actrice, elle-même britannique de naissance, est bien physiquement Diana.

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L’AVIS :

Ce genre de projet on ne peut plus casse-gueule, implique généralement une vedette de grand talent pour le porter sur ses épaules. Sauf que l’histoire passée à fréquemment démontré que ce n’est pas suffisant. Nouveau constat avec un Diana prend l’eau de toutes parts. Et quand personne n’écope dans la chaloupe, forcément, elle coule. On a connu Hirschbiegel nettement plus inspiré par le passé, notamment avec son récit des derniers d’Hitler sur La Chute. On le retrouve cette fois-ci bien moins en forme sur ce Diana, biopic indigeste brinquebalant, tantôt chichiteux lorsqu’il se croit à tort brillant, et tantôt crassement mélodramatisé avec les pires intentions nuisibles au registre. La femme derrière le mythe, vendait la tagline. Le navet derrière la légende, signe Hirschbiegel avec cette romance tragédiee, certes vraie, sûrement très largement déformée aussi, à des fins émotionnelles et gerbantes de candeur gluante et mystifiée à l’extrême, en plus d’être mise en scène avec la finesse d’une pub pour un parfum Lancôme. Restaient les comédiens, généralement dernière planche de salut quand une embarcation coule à ce point à pic. Si Naveen Andrews (le célèbre Sayid de la série Lost), pour son premier grand rôle au cinéma, tire tant bien que mal son épingle du jeu, Noami Watts elle, nage par contre entre deux courants, parfois brillante d’incarnation attendrissante, parfois lourde de maladresse dans son surjeu lançant les dernières salves enfonçant cette entreprise déifiante et sans discernement, qui n’apporte rien au personnage public au-delà de l’anecdote hypocrite participant elle-même à l’étalage de la vie privée par la presse, qu’elle entend dénoncer dans cette romance contrariée par la médiatisation d’une femme voulant s’en éloigner.

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Alors que les stéréotypes du genre s’accumulent poussant Diana vers le soap vulgaire d’une crétinerie hallucinante, l’histoire d’amour qui se dessine souffre d’un manque de caractère qui n’a d’égale que la mollesse d’une fiction indigne et sans relief quelque-part entre le roman de gare, la collection Harlequin et du Marc Levy en images. Ennuyeux au possible, parfois pédant, ce qui détonne avec la stupidité pourtant généralisée d’un ensemble très aseptisé, lissé et rabaissé à un niveau qui flirte avec les pâquerettes, Diana est une purge consternante tournant en rond de façon interminable sur sa mono-idée d’une femme harcelée par les médias jusqu’à l’épuisement (on avait vu Louis Malle étreindre la question avec nettement plus de puissante dans un autre genre avec son magnifique Vie Privée avec Bardot) au point d’en voir sa plus belle histoire d’amour se déliter sous ses yeux. Comme le Titanic de James Cameron, on ne vous cachera pas (à moins d’être extrêmement mal informé) que l’on connaissait quand même la fin de cette affaire. L’intérêt résidait donc dans la façon dont Hirschbiegel allait s’approprier la petite histoire pour essayer d’en faire quelque-chose de plus vaste entendant dépasser sa fonction pour embrasser des thématiques plus nobles. Pari perdu avec ce mélo 100% guimauve qui n’intéresse que très vaguement, reproduisant tout ce que le classicisme peut avoir de pire dès que l’on cause « biopic ». Un genre décidément pas à la fête dans ce second semestre 2013. Après la purge Jobs sur le fondateur d’Apple, voici venir ce téléfilm de luxe sur Diana en attendant un Grace de Monaco d’Olivier Dahan finalement reporté début 2014 mais dont le premier trailer n’inspire guère confiance. Il y avait sûrement tant à faire avec une telle icone mythique. Dommage de l’avoir réduite à cela, même si la spécification de l’histoire imposait de se tenir au sujet, le film aurait pu tout de même essayer d’esquisser un portrait un peu plus fin que les facilités dans lesquelles il s’embourbe en enfonçant des portes déjà grandement ouvertes sur l’impossibilité de sa quête amoureuse et sa volonté de s’extraire de son statut. Et c’est sans compter son mauvais goût récurrent. A oublier d’urgence.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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