THE WAY, LA ROUTE ENSEMBLE d’Emilio Estevez
– critique – en salles – (comédie dramatique)

Partagez cet article
0 votes

21024760_20130806111453998.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 7
Carte d’identité :
Nom : The Way
Père : Emilio Estevez
Livret de famille : Martin Sheen (Tom), Emilio Estevez (Daniel), Deborah Kara Unger (Sarah), James Nesbitt (Jack), Yorick Van Wageningen (Joost), Romy Baskerville (Eunice), Renee Estevez (Doreen), Tchéky Karyo (Capitaine Henri)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 25 septembre 2013 (en salles)
Nationalité : Espagne
Taille : 2h08
Poids : Budget NC

Signes particuliers (+) :  Un magnifique road movie dramatique mais non sans humour, nous invitant à un voyage sincère, humble et bouleversant, portrait d’un deuil et d’une quête à quatre têtes, au gré de paysages magnifiques.

Signes particuliers (-) : Quelques facilités et stéréotypes mais rien d’impardonnables.

 

LE SHEEN DANS UN LONG CHEMIN DE CROIX ÉMOUVANT

Résumé : Lorsque Tom Avary apprend la mort de son fils sur le chemin de saint-Jacques de Compostelle, il se rend meurtri en France pour y récupérer sa dépouille et se charger des formalités administratives. Découvrant le projet de son fils, il décide de le faire à sa place et de se lancer dans ce long voyage au cours duquel quelques belles rencontres vont lui apprendre beaucoup sur lui-même et sur son regretté enfant…

the_way3_jpg_940x0_q85
L’INTRO :

The Way, la route ensemble c’est une affaire de famille. Er topas n’importe laquelle, l’une des plus grandes du cinéma américain. Le fils qui dirige le père, le frère et tout le reste de la famille qui ne sont pas bien loin et une histoire qui convoque beaucoup de personnel de la part de son auteur… Plus concrètement, Emilio Estevez signe ce joli drame dont son paternel Martin Sheen est le héros alors que le frangin Charlie Sheen se retrouve indirectement impliqué en volant à sa rescousse alors que le film était bloqué en fin de post-production, faute de financement pour en terminer le montage final d’avant distribution. C’est au passage ce qui explique pourquoi The Way ne sort que maintenant en salles alors qu’il a été tourné en 2010 ! Et un petit coup d’œil au générique de fin montre que la présence des Sheen/Estevez ne se limite pas seulement à ses trois noms. Alors que Charlie y est remercié sous son nom de naissance de Carlos Estevez, on remarque également la présence devant la caméra de Renée Estevez (la petite sœur), ou derrière, de Ramon Estevez (le dernier frangin) et de Taylor Estevez (fils d’Emilio) à la production…

21020457_20130717164412775.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Avec The Way, c’est toute une famille qui fait la paix et qui participe collégialement à mettre en boîte une belle histoire pleine d’émotion qui prend naissance à la fois dans le bouquin de Jack Hitt, Off the Road: A Modern-Day Walk Down the Pilgrim’s Route into Spain et dans une aventure vécue, celle du voyage vers Compostelle effectué il y a quelques années par le très catholique Martin Sheen en compagnie de son petit-fils Taylor Estevez, pèlerinage qui a vu se dernier tomber amoureux de l’Espagne au point de s’y installer. L’histoire est aussi simple que d’une grande pureté de sentiments. Un père (Martin Sheen) apprend la mort accidentelle de son fils (Emilio Estevez) au premier jour de son entreprise de faire ce réputé voyage spirituel. Se rendant immédiatement en France pour le corps, il décide de faire ce chemin à sa place pour disperser ses cendres tout au long du long parcours de plus de 700 kilomètres. Une aventure qui lui vaudra de faire de belles connaissances au fur et à mesure que son deuil personnel prend forme…

20088192.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx
L’AVIS :

Le film « indé » américain s’exporte et s’invite en Europe, entre la France et l’Espagne.  Au-delà de quelques clichés largement pardonnables, Emilio Estevez signe un road movie magnifique, profondément simple, humble et d’un grand humanisme. Au gré des somptueux paysages traversés par ce groupe de pèlerins engagés sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, c’est avant tout un long chemin intérieur qui est parcouru ici dans cette sorte d’Into The Wild spirituel délicat, quête dramatique personnelle sensible et plein de subtilité touchante. Certains n’y verront peut-être qu’un voyage aussi fastidieux que celui entrepris par les quelques beaux personnages du film, mais pour ceux qui se laisseront emporter par cette douce fable mélancolique et non sans drôlerie, The Way est merveilleux. Une ode exaltante faite avec une désarmante sincérité débordante, portée par un beau casting dominé par un Martin Sheen qui met beaucoup de cœur à l’ouvrage, bien épaulé par une formidable galerie de seconds rôles. Yorik Van Wageningen (aperçu dans Les Chroniques de Riddick, Le Nouveau Monde ou le Millenium de Fincher) est un hollandais bedonnant généreux amateur d’herbe qui fait rigoler et de bonne bouffe, Deborah Kara Hunger y est une canadienne aigrie au passé trouble essayant d’arrêter de fumer, James Nesbitt, un romancier en panne d’inspiration.

21020456_20130717164411337.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Sobre malgré quelques sorties, émouvant sans être trop appuyé, mélodieux sans tomber dans l’excès (merci Tyler Bates et sa douce partition) et écrit mais juste ce qu’il faut pour animer cette aventure humaine sans tomber dans la sur-dramatisation vulgaire, The Way n’est peut-être pas le plus grand film de l’année ou une oeuvre marquante qui restera dans les mémoires, mais l’histoire de ce beau quatuor de personnages hétéroclites dominé par un père ébranlé, ne manquera de nous embarquer sur sa route avec une franche tape dans le dos nous invitant au voyage. C’est peut-être facile dans l’ensemble mais ce joli moment de poésie humaine emprunt de bons sentiments, vaut le détour imprévu. C’est avec beaucoup de tendresse qu’Emilio Estevez narre cette démarche de deuil rédemptionnelle (qui résonne avec celle réellement vécue par son père, dont le pèlerinage sur les routes de Compostelle avait été entrepris après la mort de son frère Alfonso) et même si le canevas et l’écriture sonnent souvent artificiels, même s’il s’en dégage un peu de naïveté, ce moment mélodramatique a quelque-chose de bouleversant et de réjouissant à la fois, louant des sentiments vrais qu’il n’est jamais mal de rappeler quand c’est fait ainsi, avec passion, modestie et absence d’arrogance. C’était un beau périple.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.