STUPID THINGS de Amman Abbasi : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Stupid Things
Père : Amman Abbasi
Date de naissance : 2017
Majorité : 27 septembre 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h15 / Poids : NC
Genre
: Drame

Livret de famille : Devin Blackmon, Kordell « KD » Johnson, Chasity Moore…

Signes particuliers : Un premier film bouleversant.

LA NAISSANCE D’UN CINÉASTE

LA CRITIQUE DE STUPID THINGS

Résumé : C’est l’été. Dayveon a 13 ans, et un grand frère mort trop tôt. Dans la chaleur étouffante de sa petite ville de l’Arkansas, sur son vélo, il traine sa mélancolie. Lorsqu’il intègre le gang local, les Blood, c’est à la fois la violence de ce monde et de nouveaux liens d’amitié qui font irruption dans sa vie… 

Il est des petits miracles qui jaillissent de nulle part. Stupid Things, premier long-métrage d’Amman Abbasi est de ceux-là. Écrite, réalisée, montée et produite par ce nouveau-venu de la scène indépendante sudiste américaine, cette chronique nichée dans une petite ville de l’Arkansas, suit l’été du jeune Dayveon, jeune adolescent qui traîne sa tristesse après la mort prématurée de son grand frère. Sur son vélo, Dayveon déambule avec son spleen sur le dos. Sa route va croiser celle du gang des Blood. À travers lui, il va connaître la violence et l’amitié qui définit les liens de ses membres. 

Si l’ombre des codes du documentaire plane au-dessus d’un film pensé dans un extrême minimalisme, Stupid Things est bel et bien une fiction, mais une fiction qui transpire justesse et authenticité, fruits d’un grand travail de recherche et d’observation mené par Abbasi. Les défauts dûs à son amateurisme de film tourné dans l’urgence, lui confèrent un certain charme, qui vient se superposer à cette ambiance de spleen mélancolique qui habite les pores de cette œuvre fragile, tour à tour douloureuse ou délicate, entre espoir et amertume. Sans trop s’enfermer dans ce style naturaliste si estampillé « cinéma indé social pour festival de Deauville« , Stupid Things brille par sa fraîcheur, par l’envie qu’il témoigne, par son formalisme bouillonnant, parfois traversé de maladresses, mais si sincère et rageur. Poussé par un amour évident pour le cinéma, Abbasi vient ajouter son nom à la liste de ces jeunes cinéastes prometteurs de demain, tout comme il inscrit son film au panthéon de ces œuvres sociales désireuses de filmer les oubliés de l’Amérique triomphaliste, ces êtres qui vivent dans sa face cachée, où le temps défile différemment, ce que rend parfaitement le metteur en scène avec une œuvre courte, étiolée, toute en langueur. 

Sensible, parfois même poétique, ne s’élevant jamais plus haut qu’à taille humaine, Stupid Things est un petit trésor fragile. Un film qui évite tous les écueils du genre, laissant de côté les passages attendus du film de gang, le crime, l’action et la violence, pour filmer plutôt le désœuvrement, le vagabondage languissant et le travail de deuil, le tout avec un ton onirique dès plus émouvant. Une œuvre forte sous ses airs de petit film bricolé, portée par d’étourdissants jeunes comédiens non-professionnels.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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