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SI BEALE STREET POUVAIT PARLER de Barry Jenkins : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : If Beale Street Could Speak
Père : Barry Jenkins
Date de naissance : 2018
Majorité : 30 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h57 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : KiKi Layne, Stephan James, Regina King…

Signes particuliers : Tantôt sublime tantôt agaçant, le nouveau Barry Jenkins n’atteint pas Moonlight.

UNE ODE À L’AMOUR ET À LA RÉSILIENCE

LA CRITIQUE DE SI BEALE STREET POUVAIT PARLER

Synopsis : Harlem, dans les années 70. Tish et Fonny s’aiment depuis toujours et envisagent de se marier. Alors qu’ils s’apprêtent à avoir un enfant, le jeune homme, victime d’une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Avec l’aide de sa famille, Tish s’engage dans un combat acharné pour prouver l’innocence de Fonny et le faire libérer… Il était attendu avec impatience ce troisième long-métrage de Barry Jenkins, deux ans après le sacre de son puissant Moonlight, couronné de l’Oscar du meilleur film en 2017. Basé sur un roman de James Baldwin, Si Beale Street Pouvait Parler retrace le parcours de Tish, une jeune femme de 19 ans contrainte de grandir plus vite que prévu quand, enceinte, elle voit l’amour de sa vie emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis. L’inconnue Kiki Layne et Stephan James (le biopic La Couleur de la Victoire sur l’athlète afro-américain Jesse Owens) sont les visages magnifiques de ce drame poignant et engagé qui avait emballé Toronto en septembre dernier.Comme pour son précédent Moonlight, Barry Jenkins fait dans le drame engagé. Comme pour son précédent Moonlight, Barry Jenkins parle de la culture afro-américaine. Et comme pour son précédent Moonlight, le cinéaste réemploie la même dynamique du récit déstructuré et composé de flashbacks dessinant une histoire complète au gré de ses allées et venues dans le temps. Mais cette fois-ci, la réussite est moindre. On sent moins de maîtrise et un côté beaucoup plus poseur aux entournures de ce Beale Street, film en demi-teinte sans cesse partagé entre ses éblouissantes qualités et des défauts un tantinet agaçants. Là où les séquences juxtaposées de Moonlight se répondaient avec une impressionnante virtuosité narrative, Si Beale Street Pouvait Parler donne parfois le sentiment d’un film à la déconstruction forcée, comme pensé de manière linéaire puis éparpillé façon puzzle après tournage, avec « le hasard » pour dicter son montage. L’éclatement du récit paraît moins naturel, plus artificiel, et fruit d’une volonté de reproduire une mécanique qui avait marché précédemment. Mais Moonlight brillait de mille feux par la fluidité de son écriture, ensuite magistralement mis en scène par Jenkins. Si l’indiscutable talent formel du cinéaste séduit encore une fois avec Beale Street, ce côté sur-écrit et sur-réalisé du film nuit en revanche à la sensibilité qui essaie de s’en dégager. En résulte plusieurs problèmes comme des longueurs visibles, des personnages mal traités par un récit qui les introduit pour les oublier ensuite, ou comme une émotion qui peine à naître car la volatilité temporelle du film ne permet pas toujours de se poser dans les scènes. Et par-dessus tout, ce sentiment d’un œuvre qui au final déconstruit amplement son histoire pour mieux masquer la faiblesse de sa narration en dehors d’un sujet dénonçant l’éternel problème des injustices commises sur les minorités noires malmenées par un système qui s’étouffe dans son racisme quotidien. D’autant plus regrettable qu’outre cette thématique forte, Barry Jenkins est souvent capable de scènes d’une poésie folle. En plus d’être porté par d’excellents comédiens, Beale Street enivre tant que le vernis ne s’écaille pas pour dévoiler au grand jour les coutures artistiques qui le soutiennent. À partir de là, la grâce de cette grande  œuvre à cheval entre l’intime et le romanesque sur l’amour et la résilience, s’en trouve un peu déstabilisée.


BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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