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SABOTAGE de Daniel Goldhaber : la critique du film

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Nom : How to blow up a pipeline
Père : Daniel Goldhaber
Date de naissance : 2023
Majorité : 26 juillet 2023
Type : sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Thriller, Drame

Livret de Famille : Ariela BarerKristine FrøsethLukas Gage

Signes particuliers : A la fois intéressant et discutable. 

Synopsis : Face à l’urgence écologique, un groupe de jeunes activistes se fixe une mission périlleuse : saboter un pipeline qui achemine du pétrole dans tous les Etats-Unis. Car parfois, le seul moyen d’être entendu est de passer à l’action.

TERRORISME OU ACTIVISME ?

NOTRE AVIS SUR SABOTAGE

Alors que le combat climatique est devenu un sujet primordial au centre des débats (mais pas de tous malheureusement), Sabotage vient pousser un coup de gueule indigné par la voix de son réalisateur Daniel Goldhaber (le thriller-concept Cam produit par Blumhouse et vu sur Netflix). Pour son deuxième long-métrage, le cinéaste s’est inspiré du livre homonyme du suédois Andreas Malm. Sabotage ou How to blow up a pipeline en anglais relate l’histoire d’un groupe d’activistes engagés pour la cause écologique, qui décide de procéder à une démonstration de force en faisant exploser un pipeline au Texas. Car quand la parole ne suffit plus, il est peut-être temps de passer aux actes pour se faire entendre.

Et voici le film polémique du mois. Plus franchement engagé et direct, c’est compliqué. Sabotage est très clair dans son message. Le combat climatique est désormais devenu une urgence climatique et face à l’urgence, le temps des paroles infructueuses est révolu, place à l’action coûte que coûte. Le sujet est vaste et passionnant, dommage que Daniel Goldhaber n’en profite pour réfléchir sur tout cela avec plus de nuances. On aurait aimé voir Sabotage interroger les liens qui séparent ou se rejoignent entre les notions d’activisme et de terrorisme. Ou se situe la frontière ? La cause défendue influe t-elle sur la qualification des actes ? Jusqu’où peut-on (ou doit-on) aller quand on n’est pas entendu et qu’il n’y a plus le temps pour palabrer ou convaincre par le discours ? L’action terroriste est-elle condamnable quand la cause est si grave et bonne ? Malheureusement, ces questions restent très en fond dans Sabotage, lequel préfère prendre parti de manière assez radicale plutôt que de réfléchir sur ces questionnements. Moralement, le film défend t-il la cause de l’activisme ou fait-il l’apologie du terrorisme ? Goldhaber se défend de toute incitation mais cela ne se reflète guère dans son pamphlet. Son intention dit-il, était de questionner la réelle valeur répréhensible de ce type d’acte compte tenu de la noblesse de la cause. Mais on perçoit peu le questionnement dans le film, lequel semble avoir déjà son avis affirmé. Finalement, le débat inspiré par Sabotage est presque plus intéressant que ce qu’il raconte et ce malgré l’indéniable efficacité avec laquelle il formule son propos, narrant son récit sous la forme d’un puzzle détaillant par flash-back, la trajectoire individuelle de chacun des membres du collectif impliqué. Un moyen de dynamiser un thriller vif et haletant, qui n’aurait pas tenu la durée sinon. Et qui lui permet au passage de resserrer sa tension.

Par Nicolas Rieux

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