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NEVADA de Laure de Clermont-Tonnerre : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Nevada
Mère : Laure de Clermont-Tonnerre
Date de naissance : 2019
Majorité : 19 juin 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France, USA
Taille
: 1h36 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Matthias Schoenaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern…

Signes particuliers : Un drame intense et poignant.

LE TAULARD QUI MURMURAIT À L’OREILLE DES CHEVAUX

LA CRITIQUE DE NEVADA

Synopsis : Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille… Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé.   

Pour son premier long-métrage après deux courts remarqués, la jeune réalisatrice Laure De Clermont-Tonnerre a eu la chance de faire les bonnes rencontres. D’abord, celle avec un sujet fort et authentique, celui de ces détenus de prisons américaines qui essaient de trouver le salut via un programme de réhabilitation passant par le dressage de chevaux sauvages. Puis il y a eu celle avec Kathleen O’Meara, qui dirige le département psychologie/psychiatrie des prisons californiennes et qui est devenue consultante sur le film. Et enfin, il y a eu celle, majeure, avec Robert Redford, tombé amoureux de son histoire et qui s’est proposé pour être producteur exécutif du film. Tourné dans une vraie prison aux Etats-Unis, Nevada suit le parcours de Roman, un détenu hostile et renfermé qui va intégrer ce genre novateur de programme de réhabilitation sociale et tenter de se réconcilier avec son passé au contact de chevaux à dresser. 

Il était une fois un détenu qui va faire la rencontre d’un mustang. L’homme et l’animal sont semblables, les deux sont sauvages, indomptables, ne se laissent pas approcher et encore moins apprivoiser. Et sans verser dans la fable mielleuse à la parabole lourde comme tant d’autres auraient pu faire, Laure De Clermont-Tonnerre va être spectatrice d’un rapprochement singulier au parfum de western romanesque qui va sonder une âme humaine. Il va y a une dimension solaire dans son Nevada, dimension qui n’aura d’égale que la puissante rudesse de son récit illustré sans le moindre pathos forcé. La jeune réalisatrice compose un drame de prison qui réussit le petit miracle d’épouser avec lyrisme un récit de rédemption où se mélange dans une sorte d’oxymore cinématographique, des notions opposées d’enfermement d’espace d’espoir et de désespoir, d’animalité et d’humanité, de ténèbres et de lumière, de réalité désenchantée et de poésie déployant une lente tendresse mélancolique dans l’aridité du cadre et des forces en présence. Porté par un Matthias Schoenaerts exceptionnel, tout en intensité et en force de conviction poignante, qui n’a au passage pas forcé besoin de mots pour exprimer les émotions de son personnage fort, Nevada bouleverse et brille par sa subtilité constante.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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