LE BONHOMME DE NEIGE de Tomas Alfredson : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : The Snowman
Père : Tomas Alfredson
Date de naissance : 2017
Majorité : 29 novembre 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h58 / Poids : NC
Genre
: Thriller, Policier

Livret de famille : Michael Fassbender, Rebecca Ferguson, Charlotte Gainsbourg, Toby Jones, J.K. Simmons, Chloé Sevigny, Val Kilmer…

Signes particuliers : De bonnes intentions plombées par une production chaotique qui a fait tourner le film à l’accident industriel.

LE BONHOMME DE NEIGE A FONDU

LA CRITIQUE DE LE BONHOMME DE NEIGE

Résumé : Lorsque le détective d’une section d’élite enquête sur la disparition d’une victime lors des premières neiges de l’hiver, il craint qu’un serial killer recherché n’ait encore frappé. Avec l’aide d’une brillante recrue, il va tenter d’établir un lien entre des dizaines de cas non élucidés et la brutalité de ce dernier crime afin de mettre un terme à ce fléau, avant la tombée des prochaines neiges.

Difficile de sortir quelque chose de bon au milieu du chaos. À moins de s’appeler Coppola et de créer l’exploit en conquérant le monde avec Apocalypse Now après deux ans d’enfer et de galères. Malheureusement, tout le monde n’a pas eu la chance de Coppola, et certainement pas le suédois Tomas Alfredson. Après son brillant Morse où il avait su réinventer le film de vampire avec un drame glacial et envoûtant, puis l’excellent La Taupe, film d’espionnage adapté de John Le Carré, le cinéaste flanche avec cette œuvre de commande cataclysmique qu’est Le Bonhomme de Neige, sombre polar prenant place dans la rudesse de l’hiver d’un Oslo enneigé, où un inspecteur traque un tueur sadique qui s’en prend à des mères de famille qu’il démembre. Un comédien principal à peine débarqué du plateau d’Assassin’s Creed deux jours plus tôt, un tournage mal calculé et beaucoup trop court, un scénario pas terminé qui arrivait au compte-gouttes, une post-production où l’on se rend compte que 10 à 15% des scènes n’ont pas été tournées… Difficile de faire plus catastrophique. Bilan, Le Bonhomme de Neige porte les cicatrices de sa production cauchemardesque et le ratage est total, ou presque.

D’autant plus regrettable qu’entre les lignes de cette copie bâclée, on perçoit des bribes d’ambition à travers une poignée de scènes génialement orchestrées, à travers une tentative d’installer une ambiance digne des grands polars scandinaves, à travers quelques séquences glaçantes d’effroi, ou à travers la prestation d’un Michael Fassbender qui essaie de tout donner pour son rôle de flic torturé et alcoolique. D’un bout à l’autre, on voit clairement les intentions de ce film policier malade qui cherche à en appeler à la radicalité, à la violence et à la noirceur du genre à la nordique. Mais malgré une volonté de stakhanoviste, Alfredson ne pouvait écoper toute l’eau qui s’engouffrait partout dans sa barque en perdition. Les errements du script se font sentir, les scènes « oubliées » manquent cruellement, et Le Bonhomme de Neige multiplie les incohérences, les trous dans l’histoire et les ficelles narratives grossières. Derrière, toutes les tentatives du metteur en scène pour faire exister son film en lui injectant de la densité par sa mise en scène à défaut d’un scénario fluide et structuré, font l’effet d’autant de coups d’épée dans l’eau. Plus il avance, et plus le film creuse sa propre tombe entre scènes grotesques, dialogues et situations absurdes, intrigue brouillonne, construction confuse ou digressions inutiles. Et parce que le malaise est total et que le calice est bu jusqu’à la lie, les audaces formelles d’Alfredson tombent un coup sur deux à côté de la plaque, s’ajoutant au ridicule ambiant.

Porté par un casting prestigieux réunissant Rebecca Ferguson, Charlotte Gainsbourg, Toby Jones, J.K. Simmons, Chloé Sevigny ou le vétéran Val Kilmer, tous rangés derrière un Michael Fassbender qui tente de porter l’affaire à bout de bras, Le Bonhomme de Neige était annoncé comme le polar à suspens de l’année. Adaptation d’un excellent roman de Jo Nesbo, il devient finalement l’une des plus grosses déceptions de 2017, accident industriel flirtant avec certains aspects de la série B grand-guignolesque bas de gamme, comme si un mauvais Argento rencontrait l’atmosphère des polars à la danoise dans un bourbier en roue libre.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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