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GOLDEN GLOVE de Fatih Akin : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Der Goldene Handschuh
Père : Fatih Akin
Date de naissance : 2018
Majorité : 26 juin 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Allemagne
Taille
: 1h50 / Poids : NC
Genre : Thriller

Livret de famille : Jonas Dassler, Margarete Tiesel, Hark Bohm…

Signes particuliers : Un film étonnant de la part de Fatih Akin.

UN SERIAL KILLER NOMMÉ FRITZ HONKA

LA CRITIQUE DE GOLDEN GLOVE

Synopsis : Hambourg, années 70. Au premier abord, Fritz Honka, n’est qu’un pitoyable loser. Cet homme à la gueule cassée traîne la nuit dans un bar miteux de son quartier, le « Gant d’or » (le Golden Glove), à la recherche de femmes seules. Les habitués ne soupçonnent pas que Honka, en apparence inoffensif, est un véritable monstre. 

Choix étonnant que l’histoire du tueur en série Fritz Honka comme sujet de son nouveau film pour Fatih Akin. Avec Golden Glove, le cinéaste germano-turc habitué aux drames politisés sur le déracinement ou sur la quête identitaire s’intéresse à ce médiocre sociopathe qui massacra quatre femmes dans le Hambourg des années 70. Etrange, torturé et complexé par un physique disgracieux, Fritz Honka s’en prenait à des femmes de petite taille, souvent des prostituées d’âge mûr et généralement édentées par peur compulsive de voir son « membre » arraché pendant les fellations qu’il réclamait. Honka gardait ensuite les cadavres mutilés de ses victimes dans son appartement en les aspergeant d’eau de Cologne pour lutter contre leur odeur pestilentielle. Bref, un gars charmant qui a marqué l’enfance d’Akin, lequel a grandi dans le même quartier que lui à une époque où Honka était une sorte de boogeyman avec l’image duquel les enfants s’amusaient à se faire peur.

En 20 ans de carrière, Fatih Akin a touché à pas mal de choses en témoignant d’un talent qui n’a cessé d’éclabousser l’écran. On l’a vu briller dans le thriller avec L’Engrenage, bouleverser dans le passionnel avec le puissant Head-On, émouvoir avec le drame existentiel De L’autre Côté, faire rire avec Soul Kitchen ou captiver avec des documentaires tels que Crossing the Bridge. S’il s’était montré plus à la peine avec sa tentative de fresque épique (The Cut), le cinéaste était revenu rageur avec In The Fade il y a deux ans, qui avait valu à Diane Kruger un prix d’interprétation mérité à Cannes. Mais l’imprévisible Fatih Akin n’a jamais autant surpris qu’avec Golden Glove, thriller craspec à la lisière du gore, comme si le Lars von Trier de The House that Jack Built rencontrait le John McNaughton de Henry, Portrait d’un Serial Killer et le William Lustig de Maniac.

Dès les premières secondes, Akin donne le ton. Son personnage bizarroïde s’acharne à essayer de découper le corps d’une femme dans son appartement miteux entre deux gorgées d’alcool pour s’en donner le courage. L’image est glauque, comme le cadre ou la photographie, et l’on se demande si on ne se serait pas trompé de film pour tomber sur un sale torture porn underground en provenance d’un pays de l’Est. La suite va confirmer que l’on est bel et bien en présence d’une sorte d’ofni frappadingue à cheval entre deux genres pourtant difficilement conciliable sur le papier. Comme si Akin revoyait le classique du cinéma allemand M le Maudit avec les yeux d’un amateur de comédie noire tirant du rire à partir de situations éminemment inconfortables tournées en burlesque. Le résultat risque de choquer les âmes sensibles mais l’entreprise a un quelque chose de tellement surréaliste dans son approche outrancière, malaisante et poisseusement ragoutante, qu’elle en devient presque fascinante d’audace. Reste qu’en creux, si Fatih Akin s’offre une folie libre et barrée, il ne raconte pas grand-chose en substance et sur la longueur, son Golden Glove se marche un peu sur la queue à force de tourner en rond sur lui-même.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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