DARK PLACES de Gilles Paquet-Brenner : le test Blu-ray & la critique du film [Sortie DVD/Blu-ray]

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note 6 -10
Carte d’identité :
Nom : Dark Places
Père : Gilles Paquet-Brenner
Date de naissance : 2014
Majorité : 19 août 2015
Type : Sortie DVD/Blu-ray
Nationalité : USA
Taille : 1h54 / Poids : 15 M$
Genre : Thriller

Livret de famille : Charlize Theron (Libby Day), Nicholas Hoult (Lyle), Chloë Grace Moretz (Diondra), Christina Hendricks (Patty Day), Drea de Matteo (Diane), Tye Sheridan (Ben Day), Corey Stoll (Ben Day adulte), Sean Bridges (Runner Day), Andrea Roth (Diondra adulte)…

Signes particuliers : Un thriller tortueux adapté du second roman de l’auteur de Gone Girl par le français Gilles Paquet-Brenner, nanti d’un casting très luxueux.

CHARLIZE THERON FACE À SON PASSÉ

LA CRITIQUE

Résumé : 1985. Libby Day a huit ans lorsqu’elle assiste au meurtre de sa mère et de ses sœurs dans la ferme familiale. Son témoignage accablant désigne son frère Ben, alors âgé de seize ans, comme le meurtrier. 30 ans plus tard, un groupe d’enquêteurs amateurs appelé le Kill Club convainc Libby de se replonger dans le souvenir de cette nuit cauchemardesque. De nouvelles vérités vont émerger, remettant en cause son témoignage clé dans la condamnation de son frère.106734.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’INTRO :

C’est à rebours que l’œuvre littéraire de Gillian Flynn arrive sur les écrans. Propulsée sous le feu des projecteurs après l’excellentissime adaptation de son troisième roman, le best seller Gone Girl, que Fincher a traduit en chef d’œuvre cinématographique, l’auteure est désormais un nom sur lequel il est intéressant de capitaliser. On ne fera pas de procès d’intention de la sorte à ce Dark Places, adaptation de son second roman cette fois-ci (paru en 2009) et dont le projet a été amorcé bien avant que ne sorte sur les écrans le bijou avec Ben Affleck et Rosamund Pike, mais forcément « par l’auteur de Gone Girl« , ça aide dans une campagne marketing. Et notons que dans la suite logique, c’est son tout premier livre qui est maintenant l’objet de toutes les attentions, une transposition en série télévisée étant actuellement en cours de développement sous la supervision de Marti Noxon (Buffy, Mad Men). Dark Places est un thriller tortueux autour du meurtre d’une famille dont les secrets vont refaire surface vingt ans après, sous l’impulsion de la seule survivante au carnage (Charlize Theron, qui a repris un rôle à la base destiné à Amy Adams). Cette adaptation est dirigée par le français Gilles Paquet-Brenner, auteur du magnifique Les Jolies Choses, mais aussi coupable du nanardeux Gomez et Tavarès.dark_places_3L’AVIS :

Sachant que Dark Places est le second roman de Gillian Flynn, et Gone Girl le troisième, on mesure immédiatement toute la progression de la romancière d’un écrit à l’autre. Dark Places est moins maîtrisé, moins subtil, moins surprenant. Et le fait que Gilles Paquet-Brenner ne soit pas David Fincher, n’aide sans doute pas à magnifier ce matériau originel. Personnages qui ne servent à rien (premier visé, celui incarné par Nicholas Hoult), intrigue en surpoids affichant quelques bourrelets, final à rallonge qui s’éternise, mise en scène qui s’éparpille, capable de l’admirable et du moins bon… Dark Places présente quelques maladresses qui égratignent son intensité et amenuisent la force de son rythme, que l’on aurait souhaité voir plus ciselé, plus tendu, plus prenant. D’autant que le cinéaste semble vouloir conjuguer le drame et le thriller, sans parvenir à donner une puissance optimale ni à l’un, ni à l’autre, par manque de virtuosité. N’est pas Fincher qui veut, on y revient, encore et encore.108296.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMais si l’on met de côté l’inévitable comparaison tentante (l’univers, les thématiques et le style affichant des similitudes évidentes) et le fait que Dark Places souffre de passer derrière Gone Girl dont le succès a considérablement accéléré sa production, on trouvera matière à se satisfaire grandement de ce thriller de luxe signé Paquet-Brenner, globalement efficace et se réclamant de la veine de ces films haletants et brouilleurs de pistes. On se retrouve relativement happé et captivé par cette enquête sur un passé trouble qui n’a pas livré tous ses mystères et ses non-dits, qui multiplie les personnages comme autant de voies (pas de garage) où le scénario peut possiblement s’aventurer, alors que le script s’adjoint un découpage soigné et maîtrisé, agençant intelligemment ses allers et retours entre présent et passé pour faire progresser son intrigue avec suspens. Au centre de ce tourbillon sans cesse inquiétant, Charlize Theron livre une prestation plus que convaincante en femme émotionnellement meurtrie à vie. Un rôle compliqué et exigeant pour la belle sud-africaine, victime d’une tragédie à l’écho frissonnant alors qu’elle n’était qu’une enfant, sa mère ayant tué son père alcoolique par balles, alors qu’il s’adonnait à d’énièmes violences conjugales.dark_places_1En définitive, on retiendra de Dark Places un thriller qui tient en haleine, pas forcément des plus brillant, mais qui parvient à éviter de se montrer poussif, et nous embarque sans peine dans son enquête retorse.

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LE TEST BLU-RAY

Techniquement, le Blu-ray de Dark Places se révèle d’une qualité assez moyenne, sans toutefois être déshonorant, loin de là. On lui reprochera juste une image un peu fade qui manque d’un soupçon de piqué et de profondeur. Idem coté son, souvent plat et affichant quelques carences en puissance malgré un Master DTS-Audio 5.1. En guise de suppléments, seul un making of complète la (re)découverte du film. Un making of essentiellement composé d’interviews de l’équipe. Dans un premier temps, les participants, Gilles Paquet-Brenner, son producteur ou les différents comédiens, s’attardent longuement sur le roman de Gillian Flynn, alors que l’auteure intervient pour présenter l’histoire et évoquer la genèse du projet, ainsi que sa rencontre avec le cinéaste. Sont ensuite abordés des sujets comme le choix des comédiens, leurs personnages, certains décors, le tout autour de quelques images du tournage. Globalement, un making of un poil fainéant.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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