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NINJA TURTLES de Jonathan Liebesman
Critique – Sortie Ciné

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Spectateurs

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Carte d’identité :
Nom : Teenage Mutant Ninja Turtles
Père : Jonathan Liebesman
Date de naissance : 2014
Majorité : 15 octobre 2014

Sexe : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h40 / Poids : 120 M$
Type : Aventure, Action

Livret de famille : Megan Fox (April O’Neil), Will Arnett (Vern), William Fichtner (Sacks), Alan Ritchson (Raphael), Noel Fisher (Michelangelo), Pete Ploszek (Leonardo), Jeremy Howard (Donatello), Danny Woodburn (Splinter), Whoopi Goldberg (Thompson), Minae Noji (Karai)…

Signes particuliers : Un blockbuster ultra-spectaculaire mais hésitant dans ses priorités. Satisfaire les fans de la première heure, avec un esprit nostalgique ? Séduire d’abord la nouvelle génération ? A essayer maladroitement de faire les deux, Ninjas Turtles réussit nulle part et se ramasse.

DES TORTUES ET DES PIZZAS : COWABUNGA OU PAS ?

LA CRITIQUE

Résumé : Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York… Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.ninja turtlesL’INTRO :

Cowabunga !! Trente ans après leur création par le duo Kevin Eastman et Peter Laird dans leur célèbre BD culte, les Tortues Ninjas sont de retour au cinéma, plus de vingt ans après la trilogie du début des années 90, dans une superproduction pilotée par Jonathan Liebesman (Massacre à la Tronçonneuse : Au Commencement, World Invasion : Battle Los Angeles, La Colère des Titans) et produite par Michael Transformers Bay. Succès aux États-Unis, Ninjas Turtles s’inscrit dans la grande mode des films de superhéros qui, plus que jamais, bat son plein, et ce même si clairement le film en est un sans l’être. Le quatuor d’ados verdâtres, mutants, agiles, rois des égouts et mangeurs de pizza, se jettent à l’assaut du grand écran dans un blockbuster ultra-spectaculaire et en 3D, porté à la fois par la bimbo de chair et de seins Megan Fox (qui s’est donc réconciliée avec Bay) et bien entendu, par les incontournables Donatello, Raphaelo, Michelangelo et Leonardo, mais aussi le maître-rat Splinter et le grand méchant Shredder.TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES

L’AVIS :

Qu’on se le dise, l’entreprise Ninjas Turtles était aussi risquée que casse-gueule dès le départ. Jonathan Liebesman et papa Bay ne pouvaient décemment pas faire un film à l’ancienne avec des bonhommes dans des costumes en caoutchouc. De même qu’en son temps, George Lucas ne pouvait pas refaire des Star Wars dans les années 2000 avec les technologies des années 70. Soyons réalistes. Sauf que pour toute une fange du public, les films des tortues ninjas, c’était ça. Du bricolé semi-kitsch mais terriblement jouissif rappelant un sacré paquet de souvenirs émus. Logique économique inévitable, il était inéluctable de voir cette nouvelle adaptation ressuscitant les Tortues Mutantes, se tourner vers un film répondant aux canons modernes en terme de CGI et de production design. Ninjas Turtles épouse donc le meilleur des technologies et des effets spéciaux d’aujourd’hui… ce qui a pour effet de nous emmener à des années lumières de l’esprit des pépites qui auront bercé nos enfances.29393

Ninja Turtles n’est pas un piètre divertissement en soi. Son principal problème est d’être le cul assis entre deux chaises, cherchant à la fois à être la Madeleine de Proust nostalgique qu’attendaient les fans de la première heure et dans le même temps, un blockbuster espérant séduire la jeune génération par un teenage movie pétaradant et coloré qui aura malheureusement de grandes chances de ne pas parler des masses aux aficionados de l’univers eighties et nineties, avec son visuel fade digitalo-superficiel et sa facture de blockbuster décérébré quelconque et grille-neurones. Et pourtant, le film essaie de caresser le geek dans le sens du clavier. En s’efforçant d’embrasser les détails de l’univers d’origine, de les respecter malgré quelques écarts, et surtout en parsemant le long-métrage d’une pelletée de références humoristiques pop-geek qui, avouons-le, sont drôles. Peut-être ce que l’on retiendra le plus au final, de cette tambouille transformant le spectateur en légume cuit à la vapeur. Car si l’humour réglé sur radiofréquence « cool of the gang des tortues » fait régulièrement mouche et déclenche l’hilarité, le problème est tout ce qu’il y a autour. Tout va très vite dans ce déversoir exténuant pour la rétine (et la 3D factuelle n’aide pas) où cligner des yeux reviendrait presque à rater 15 plans, alors que Jonathan Liebesman fait du Michael Bay mais en moins bien, sans la maîtrise, sans l’œil artistique, sans le génie et la grâce de la bourrinade destructrice de céphalée et de pupille. Le cinéaste en mode pompage de son aîné ? En partie -on en vient même à se demander si Bay n’a pas mis la main à la pâte par moments- mais pas complètement non plus. Liebesman essaie d’injecter une petite dose discrète de son style et l’on reconnaît bien là l’auteur de Battle Los Angeles au détour de ces séquences filmées façon « reportage sur le vif » avec zoom, décrochages etc…  Une hérésie filmique qui ne colle pas du tout à l’esthétique du reste d’un métrage manquant terriblement de cohérence artistique.TMNT-Shredder Bordélique dans sa réalisation, bordélique visuellement (en plus d’être franchement pas très beau), Ninjas Turtles l’est tout autant dans sa photo (carrément hideuse au passage), dans son montage totalement portnawesque changeant sans cesse de rythmique, dans sa narration tour à tour plan-plan comme un camping-car familial ou indigeste et vomitive comme une fausse bonne voiture de sport bon marché au moteur mal réglé… Partant dans tous les sens sans réelle unité formelle si ce n’est l’overdose permanente de tout, sans réelle cohérence « spirituelle » à ne pas trop savoir où se situer, vers où aller, à qui s’adresser… Ninjas Turtles est quelque part entre le désastreux et le regardable. Tout dépendra de l’angle par lequel on l’abordera, tantôt spectacle détendu et généreux ou tambouille impersonelle passée au mixeur. Et au milieu de ce semi-naufrage flippant dès ses premières minutes avec son générique d’introduction à la limite de la blague de mauvais goût tant on a l’impression que les effets spéciaux n’y ont encore été finalisés, l’avion de chasse « tuné » Megan Fox, qui réalise une véritable performance… celle d’être plus mauvaise que jamais.TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES

On veut bien croire que Jonathan Liebesman et Michael Bay étaient animés de louables intentions, sur le fond. Le duo réalisateur-producteur se présentait avec la ferme volonté d’injecter une fraîcheur évidente dans la résurrection de nos chères Tortues Ninjas, tout en conservant les bases de l’univers. Mais comme une pizza basée sur une excellente pâte badigeonnée d’une délicieuse sauce tomate avant d’être garnie n’importe comment dans un mélange nawesque allant du camembert au chorizo le tout recouvert de Nutella, Ninjas Turtles déconcentre, fatigue, saoule et puis déçoit. Ultra-calibré jeune public, il déçoit surtout parce qu’on en attendait plus. Plus ou plutôt différent. Prenez par exemple le hit de l’été en point de comparaison. Si Les Gardiens de la Galaxie abusait un peu trop de son esprit rétro-vintage-cool, ces Tortues Ninjas là ne s’y adonnent clairement pas assez, n’assumant pas son esprit nostalgique, n’assumant pas assez sa cool attitude trop souvent sacrifiée sur l’autel de l’action tout azimut, glissant un peu de folie mais avec un contrôle de soi permanent et surtout, courant deux lièvres à la fois avant de choisir son camp. Le bon ? Le mauvais ? Une chose est sûre, à trop avoir voulu brasser large, le film perd finalement une part importante de son public. Celle qu’il affirmait cibler justement, même si la réalité est qu’il ne s’en préoccupe qu’à moitié, préférant miser sur une nouvelle franchise d’avenir qui grandira avec les jeunes d’aujourd’hui, nourris aux codes de l’entertainement fadasse et passe-partout.

Bande-annonce :

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