L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE de Terry Gilliam : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : The man who killed Don Quixote
Père : Terry Gilliam
Date de naissance : 2018
Majorité : 19 mai 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 2h12 / Poids : NC
Genre
: Drame, Aventure

Livret de famille : Jonathan Pryce, Adam Driver, Olga Kurylenko, Stellan Skarsgard, Sergi Lopez, Joana Ribeiro…

Signes particuliers : La fin de 25 ans de galères !

TERRY GILLIAM A ENFIN RÉALISÉ SON RÊVE !

LA CRITIQUE DE L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE

Résumé : Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste: ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie? Ou l’amour triomphera-t-il de tout ? 

C’est une arlésienne de plus de 20 ans qui voit enfin le jour. Projet maudit qui aura connu toutes les galères possibles et imaginables, L’homme qui tua Don Quichotte existe enfin ! Le projet rêvé de Terry Gilliam aura tellement connu l’enfer que c’est probablement ce qui fait naître cette émotion si particulière lorsque les premières secondes du film éclairent l’écran. On repense aux prémisses du processus de production dans les années 90, à cette tentative de tournage qui a viré à la catastrophe en 2000, triste épopée relatée dans le documentaire Lost in la Mancha. On repense au dépit de Gilliam face à cette débâcle, à ses nombreux essais infructueux pour relancer le film, à tous ces échecs en cascade, aux problèmes de santé de Jean Rochefort initialement prévu et à qui le film est dédié, on pense aussi au spectre de la récente bataille juridique qui oppose le cinéaste et un ancien producteur (le mal-intentionné Paulo Branco) qui a essayé de faire interdire la projection à Cannes en arguant des droits qu’il n’a pas. Le Don Quichotte de Terry Gilliam est un projet définitivement maudit jusqu’au bout. Mais au diable le passé douloureux, au diable les galères et les déceptions. Aujourd’hui, cette œuvre à l’histoire unique est bel et bien là, et elle est éblouissante !Emmené par Jonathan Pryce et Adam Driver qui auront tout donné pour aider Terry Gilliam à matérialiser sa vision singulière et délirante, ce doux-dingue L’homme qui Tua Don Quichotte nous embarque dans un univers barré où tout se mélange, l’histoire d’un réalisateur en pleine crise artistique et celle d’un ancien cordonnier acteur d’une fois qui croit désormais être le vrai Don Quichotte de la Mancha. Et autour d’eux, une jeune fille à la vie brisée, un producteur pas commode, sa femme nymphomane, un homme d’affaire russe impitoyable, des migrants… L’homme qui tua Don Quichotte est une folie surréalisme, mais une folie qui emporte.  On l’aura bien compris, le film de Terry Gilliam n’est pas une adaptation du célèbre roman de Cervantès, plutôt une réappropriation du mythe pour un long-métrage singulier, fantaisiste, fou, baroque. Des défauts, il y en a dans ce L’homme qui tua Don Quichotte, Terry Gilliam se laissant parfois un peu embarquer par sa folie démesurée au lieu de la maîtriser avec fermeté. Par moments, c’est elle qui conduit le film et non le film qui s’abreuve d’elle. Mais qu’importe. Car il y a tellement de cinéma dans cet effort passionné, passionnel et passionnant, tellement de génie pur, tellement de grandeur et d’amour du septième art. Fidèle à son esprit loufoque par moments comparables à celui d’un Kusturica, Gilliam retrouve son plus haut niveau cinématographique pour signer une œuvre à l’esprit picaresque dès plus délectable. L’homme qui tua Don Quichotte est parfois décousu, souvent ubuesque, toujours sur le fil d’un mélange de réalité étrange et d’imaginaire fiévreux, et si le délire pourra paraître abscons, il traite comme jamais de la folie de l’artiste dévoré par sa création. Une mise en abyme formidable quand on convoque l’histoire de ce projet mené par un Gilliam qui aura plongé au plus bas au cours de ses échecs, avant de remonter au plus haut aujourd’hui avec sa vieille chimère enfin concrétisée. Un régal, grisant et à l’extravagance fantastique !

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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