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L’HOMME DU PRÉSIDENT de Woo Min-ho : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Namsan ui bujangdeul
Père : Woo Min-ho
Date de naissance : 2019
Majorité : 04 novembre 2020
Type : sortie Blu-ray/DVD
Nationalité : Corée du sud
Taille : 1h54 / Poids : NC
Genre : Thriller historique, Espionnage

Livret de Famille : Lee Byung-Hun, Sung-min Lee, Do-Won Kwak…

Signes particuliers : Un thriller d’espionnage politique minutieux mais un peu trop « appliqué ».

 

 

UNE PAGE SOMBRE DE L’HISTOIRE SUD-CORÉENNE

NOTRE AVIS SUR L’HOMME DU PRÉSIDENT

Synopsis : Dans les années 1970, la Corée est sous la houlette du président Park, qui contrôle d’une main de fer la KCIA, l’agence de renseignements coréens. KIM Gyu-Pyeong, un commandant prometteur de la KCIA, voit sa vie être bouleversée lorsque l’ancien directeur de l’agence refait surface, avouant qu’il connaît toutes les affaires louches dans lesquelles a trempé le gouvernement. Alors que la tension monte, chaque parti tente de dissimuler son jeu, avant que n’éclate au grand jour la vérité…

 

Après le triomphe de Parasite l’an passé (couronné de 4 statuettes dont celle du Meilleur Film), le cinéma coréen aimerait bien briller de nouveau aux Oscars cette année. L’occasion se présentera peut-être avec L’Homme du Président, thriller historique sélectionné pour représenter le pays du matin calme au prochain gala hollywoodien. Basé sur des faits réels quelque peu fonctionnalisés, le film s’attarde sur la lutte acharnée entre deux conseillers du Président coréen Park Chung-hee à la fin des années 70, avant que celui-ci ne soit assassiné par balles le 26 octobre 1979. Réalisé par Woo Min-ho, qui retrouve pour l’occasion la star Lee Byung-hun cinq ans après leur collaboration sur Inside Men, L’Homme du Président revient sur une page méconnue de l’histoire sud-coréenne moderne entre dictature, espionnage et luttes de pouvoir.

Parce que le public occidental n’a pas forcément une connaissance très éclairée de l’histoire politique coréenne de la seconde moitié du XXème (en dehors de la guerre ayant menée à la division nord-sud), l’intrigue de L’Homme du Président pourra paraître assez difficile à appréhender voire un peu complexe, non pour sa narration que Woo Min-ho essaie de rendre la plus fluide possible mais parce que l’on manque parfois de clés pour saisir vite et bien tant le contexte que les grandes lignes de cette période sombre et trouble (post-révolution, organisation du pouvoir et dictature rappelant par moments l’ex-URSS). Pour preuve, quand on parle de Corée et de dictature, on pense instantanément au Nord et finalement peu sont ceux au fait de la dictature qui s’était mise en place en Corée du Sud dans les années 70 sous l’impulsion d’un Président qui a mené la révolution et conduit le développement économique du pays avant de glisser vers une politique dangereusement autocrate. Bref, L’Homme du Président est par conséquent pas « simple à suivre », d’autant que Woo Min-ho reprend à son compte les codes du thriller d’espionnage politique, généralement plus sinueux et descriptif que simple et spectaculaire.

Si l’on veut (et peut) vanter les nombreuses qualités du film de Woo Min-ho, ce n’est certainement pas l’originalité qui sortira en premier lieu dans la liste des arguments. Presque chaque pays ayant une production digne de ce nom peut compter plusieurs films du genre, dont la Corée qui nous a eu livré entre autre le valeureux The Spy Go North il y a deux ans. Mais même si l’on a déjà vu ça à de nombreuses reprises, cela n’empêche pas le film de Woo Min-ho de s’illustrer. Le cinéaste signe un film solide et minutieux, mené par une impeccable application dans la mise en scène génératrice d’une tension palpable qui croit à rythme constant au fil des minutes alors que l’étau se resserre sur le personnage principal, chef de la KCIA, un organisme de contrôle du pays redouté à la solde du Président-Dictateur. Mais reste que malgré cette facture très propre rendant le film globalement efficace et captivant, L’Homme du Président manque d’un petit quelque chose qui ferait la différence, une étincelle, un petit « plus » qui l’élèverait. Du haut de son sérieux et de sa méthodologie si carrée, le film apparaît néanmoins un peu rigide pour ne pas dire figé, comme si son côté volontairement austère et très studieux lui enlevait un soupçon d’âme et de personnalité pour ne laisser place qu’à la froideur de son sujet. En somme, du beau boulot de bon élève, au passage remarquablement interprété par le toujours excellent Lee Byung-hun, mais dont la théâtralité (voulue ?) limite tant le souffle que l’émotion.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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