LE SECRET DES MARROWBONE de Sergio Sanchez : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Marrowbone
Père : Sergio G. Sanchez
Date de naissance : 2017
Majorité : 07 mars 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : Espagne
Taille : 1h43 / Poids : NC
Genre
: Drame, Épouvante

Livret de famille : Anya Taylor-Joy, George MacKay, Mia Goth, Charlie Heaton, Kyle Soller…

Signes particuliers : Un drame d’épouvante qui tente de renouer avec la veine du cinéma fantastique espagnol des années 2000.

ÉPOUVANTE À L’ESPAGNOLE

LA CRITIQUE DE LE SECRET DES MARROWBONE

Résumé : Pour ne pas être séparés, Jack, 20 ans, et ses frères et sœurs plus jeunes, décident de cacher à tout le monde le décès de leur mère qui les élevait seule. Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la ferme familiale isolée, mais bientôt, d’étranges phénomènes indiqueraient qu’une présence malveillante hante leur unique refuge… 

Produit par le respecté Juan Antonio Bayona (L’orphelinat, The Impossible, Quelques Minutes après Minuit) qui vient ainsi épauler son ancien scénariste Sergio G. Sanchez dans son tentative de premier long-métrage, Le Secret des Marrowbone a été choisi pour faire l’ouverture du festival de Gerardmer. Emmené par une jeune génération d’acteurs prometteuse (Ana-Taylor Joy de Split, George MacKay de Captain Fantastic, Charlie Heaton de Stranger Things, Mia Goth de A Cure of Life), ce conte d’épouvante tente de s’inscrire dans la continuité du cinéma de genre ibérique des années 2000, dans l’esprit de films tels que Les Autres, L’Échine du Diable ou L’Orphelinat.

Remarquablement porté par une photographie léchée et un magnifique sens de la mise en scène qui élève considérablement le cachet cinématographique de ce drame d’épouvante aux allures de série B, Le Secret des Marrowbone pèche simplement par le background qu’il se traîne bien malgré lui. Le film de Sergio Sanchez tente de captiver le spectateur en le piégeant dans une atmosphère baroque lancinante qui repose sur les multiples mystères bordant les recoins de l’histoire, mystères qui ont pour effet de décupler son pouvoir de fascination alors que l’on reste accroché à l’envie de percer les énigmes entretenues par un suspens savamment géré. Mais à l’arrivée, il livre théâtralement ses multiples twists et malheureusement pour lui, ils ne font que rappeler bien d’autres classiques du genre que l’on évitera de mentionner afin de préserver intactes, les directions prises par l’histoire et ainsi s’abstenir de tout spoiler malencontreux. Toujours est-il qu’aussi élégant et prenant soit-il, Le Secret des Marrowbone prend des airs de film cuisiné dans une vieille casserole qui a déjà beaucoup servie.

La recette fera son effet sur les plus naïfs, ces chanceux encore capables d’être surpris par des effets de manche plus que rodés, tandis que les autres seront peut-être un peu déçus par un tour de passe-passe qu’on leur a déjà trop souvent joué. Mais à défaut d’originalité, Le Secret des Marrowbone reste un long-métrage séduisant, à la fois drame familial sombre et émouvant, et thriller de genre qui joue ses gammes d’épouvante avec beaucoup de subtilité, les glissant entre les coutures de son histoire première plutôt que de tout miser sur les effets faciles à la mode. On se retrouve vite happé par la finesse de la dramaturgie mélancolique, par son atmosphère singulière et son découpage malin jouant intelligemment avec les ellipses. Les influences de Sanchez restent un peu trop visibles mais pour un premier effort, Le Secret des Marrowbone est prometteur.

BANDE ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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