LE CERCLE LITTÉRAIRE DE GUERNESEY de Mike Newell : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Midnight Sun
Père : Mike Newell
Date de naissance : 2018
Majorité : 13 juin 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 2h03 / Poids : NC
Genre
: Drame, Romance

Livret de famille : Lily James, Michiel Huisman, Matthew Goode…

Signes particuliers : Un drame romanesque qui sent un peu comme le vieux linge de mamie.

UN JOLI COUP DE PUB POUR GUERNESEY

LA CRITIQUE DE LE CERCLE LITTÉRAIRE DE GUERNESEY

Résumé : Sur l’île de Guernesey, durant la Seconde Guerre mondiale, le quotidien de quelques excentriques qui font équipe pour former un club littéraire.

Curieuse carrière que celle de Mike Newell, cinéaste touche-à-tout qui a toujours échappé aux affres du catalogage facile. Newell, c’est la comédie culte 4 Mariages et 1 enterrement, c’est le quasi scorsesien Donnie Brasco, c’est le populaire Harry Potter et la coupe de feu ou la transposition du jeu vidéo Prince of Persia. Au semi-chômage depuis son adaptation des Grandes Espérances de Dickens il y a six ans (seul un pauvre téléfilm depuis), Mike Newell revient aujourd’hui avec Le Cercle Littéraire de Guernesey, adaptation d’un best-seller paru en 2009. La star en vogue Lily James (la Cendrillon de Kenneth Branagh) porte cette balade bucolique sur la belle île anglo-normande de Guernesey, entre histoire d’enquête, histoire d’amour, histoire de découverte d’un monde et histoire tout court sur fond de Seconde Guerre Mondiale. Au lendemain de 39-45 dans une Angleterre encore traumatisée, une jeune écrivaine à succès reçoit une lettre du fondateur d’un club de lecture créé pendant la guerre et baptisé « Le Cercle Littéraire des Amateurs d’épluchures de patates ». Au terme d’une correspondance passionnée, Juliet Ashton écoute sa curiosité et décide de se rendre sur l’île de Guernesey, pour y rencontrer les membres de ce groupe. Sur place, elle découvre des gens, un univers et des secrets qu’elle va essayer de percer.

Du classique, du classique, rien que du classique. Deux heures durant, Mike Newell nous berce dans un film ampoulé, terne adaptation d’un roman à succès qui s’embourbe dans ses tentatives de restituer sa facture littéraire en déployant un souffle romanesque plus risible que sérieux. Car si Le Cercle Littéraire de Guernesey a pour lui une histoire intéressante, c’est la manière dont Newell l’approche qui plombe l’entreprise. Excessivement sirupeux et baignant dans une espèce de candeur mélancolique douceâtre qui désamorce son potentiel tragique appliqué en toile de fond, le drame historico-romantique de Newell ne parvient jamais à rester digne et ses envies de beauté poétique bouleversante s’abîment sur la falaise d’une surcharge permanente, d’une sensation d’illustration artificielle et d’un rejet de toute retenue pudique au profit d’une histoire clichesque tant dans sa confection que dans son déroulé. Là où l’on aurait aimé être pris d’émotions, on finit par vite s’agacer des gémissements de ce petit monde en toc, autant que l’on finit par s’agacer des gémissements de cette héroïne improbable dont le parcours ressemble à un défilé de mode champêtre (le budget costumes devait être balèze tant l’inexpressive Lily James change de robe toutes les deux secondes) comme si une princesse Disney se la jouer Rendez-vous en terres inconnues. Et Le Cercle Littéraire de Guernesey de ressembler davantage à un vieux mélo cotonneux tout droit tiré d’un mauvais roman pour soirée hivernale à la montagne, plus qu’à une tragédie romanesque sur le poids des souvenirs enfouis, l’héroïsme banal et le besoin d’avancer. Seul point positif, le film est une superbe publicité pour Guernesey, où l’on a envie de foncer directement après la projection pour un weekend hors du temps.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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