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INTERVIEW : GARY OLDMAN, ABBIE CORNISH, JOEL KINNAMAN, JOSÉ PADILHA…
ON A RENCONTRÉ L’ÉQUIPE DE ROBOCOP !

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Spectateurs

ABBIE CORNISH ET GARY OLDMAN

Gary Oldman incarne Dr Norton, le scientifique qui fait d’Alex Murphy le robot-flic que l’on connaît. Abbie Cornish, elle, interprète Clara Murphy, la femme du héros. Passé des présentations intimidantes (Gary Oldman quand même, l’homme qui a tué JFK et fait des misères à notre Léon national) et un échange sur les macarons et les croissants français, entretien avec les deux stars…

 

Qu’avez-vous aimé le plus chez vos personnages dans Robocop ?

Abbie Cornish : Ce que j’aime chez Clara, c’est sa force, son dévouement total pour sa famille. Je pense qu’elle a les pieds sur terre et que c’est une femme très intelligente. C’était un plaisir d’endosser ce personnage chaque jour.

Gary Oldman : Je pense que le plus significatif chez Norton, c’est que c’est quelqu’un qui accomplit sa tâche à contrecœur. Il ne veut pas être impliqué dans tout ça. Il accomplit son travail en étant confronté à un défi éthique et il affronte ses responsabilités, ce qui est rare dans son milieu. C’était une dynamique très intéressante à jouer, surtout avec tous ces comédiens adorables.

 

Le dossier de presse dit que le réalisateur avait été physicien auparavant. Cela a joué dans votre travail ?

Abbie Cornish : C’est surtout que c’est quelqu’un de très intelligent, avec un QI très élevé. Demandez lui le nombre de livres qu’il lit… Des centaines et des centaines. Il lit des livres de sciences et de mathématiques… Il m’en a offert un, une fois, en me disant « tiens, lis ça ». Et il était énorme, je pouvais à peine le porter (rires) ! C’était agréable de travailler avec quelqu’un d’aussi instinctif, avec qui il y avait une véritable alchimie. Il est vraiment très intelligent, très connecté, très politisé, très conscient des choses.

Robocop oldman

Ce qui m’a surpris dans le film, c’est que finalement, c’est pas si science-fictionnel que ça. Tout paraît au contraire très logique, pas si éloigné de notre monde actuel…

G.Oldman : Quand j’ai entendu parler de ce projet de remake, ça m’a tout de suite paru censé de faire ce film. Parce qu’avant, c’était un film de « science fiction ». Mais maintenant, on devrait plutôt dire que c’est un film de « science-fact » (de faits scientifiques ndlr). C’est un monde plus réel. Je veux dire, en 1987 quand le premier Robocop a été fait, qui aurait pu imaginer que les drones existeraient un jour ? C’était de la science-fiction. Aujourd’hui, on en a vraiment.

A.Cornish : C’était intéressant. En faisant des recherches pour le film, j’ai été surprise de voir à quel tout cela était en train d’arriver. Les avancées sur le corps humain, on peut aller dans le cerveau, la robotique…

 

Mais jusqu’où la science peut aller ? Est-ce que vous pensez que tout se justifie, parce que c’est une chose de reconstruire une main pour jouer de la guitare (cf une scène du film) mais parfois la science va si loin…

A.Cornish : Ça ne justifie pas tout mais il y a tellement de malheurs dans le monde, ça soulève beaucoup de questions et il n’y a pas vraiment de bonne ou de mauvaise réponse. C’est comme les Droits de l’Homme. On pourrait en parler des heures et des heures en ayant des opinions différentes. Chacun a sa propre opinion, ses propres sentiments par rapport à cela et aux limites…

G.Oldman : Vous savez, si je perdais un bras et que j’avais la possibilité de le récupérer. Je le ferai !

A.Cornish : Moi pareil. Du point de vue de Clara Murphy, c’est un autre débat, je pense. Mais regardez cet athlète sud-africain en athlétisme qui a gagné une médaille olympique (Oscar Pistorius avec des jambes artificielles ndlr). Je n’en revenais pas ! Il pouvait courir plus vite que le vent… sans ses jambes !

G.Oldman : Il allait plus vite avec des jambes artificielles. C’est bizarre… Je veux aller plus vite, prenez mes jambes ! (rires)

 

Gary, votre personnage est plus sensible, plus humain que le Dr Norton de l’original à l’égard de Robocop. Ça fait penser un peu à la relation entre Frankenstein et sa « créature ». Est-ce que les dilemmes moraux de cette histoire ont fait partie des choses qui vous ont intéressé dans ce film ?

G.Oldman : Le premier film a dû être inspiré par cette histoire de Mary Shelley. C’est vraiment l’histoire de Frankenstein, c’est vrai en un sens. Un homme créé auquel vous retirez son libre-arbitre. C’est exactement cela. Frankenstein était comme un homme mort et réanimé. C’est un peu comme la relation entre Frankenstein et sa « créature ». Une sorte de relation de père à fils. C’est un bon résumé. Le Dr Norton est peut être plus un artiste. Il est plus sensible et obsédé par son travail. Il a plus d’émotion. C’est pas quelqu’un de « corporate ».

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Avez-vous vu ou revu le premier Robocop avant d’attaquer le tournage ou préfériez-vous ne pas être influencés ?

A.Cornish : Je l’ai souvent regardé quand j’étais petite. On l’avait en VHS et j’ai grandi avec des grands frères donc… J’ai dû le voir 5 ou 10 fois. J’adorais quand j’étais gamine. Mais de toute façon, j’aimais tout ce que mes frères aimaient. (rires) J’adore mes frères, ce sont les êtres les plus cools de la Terre. Mais je ne vois pas ce Robocop comme un « remake », plutôt comme un « reboot ». Et j’ai tout de suite été bien dans cette équipe. José Padilha est un réalisateur très talentueux et je suis entouré de formidables acteurs comme Gary Oldman, Michael Keaton ou Joel Kinnaman. J’ai senti que le film était entre de bonnes mains.

 

Mais maintenant vous êtes la plus cool de votre famille parce que vous jouez maintenant dans Robocop, vous ne faites pas seulement que de le regarder avec vos frères !

A.Cornish : (Rires) Oui… Mais vous savez, on est 5 dans la famille. Mon plus jeune frère a 21 ans et c’est lui le plus cool. Il va gagner des Oscars un jour !

 

Abbie, pouvez-vous nous dire ce que ressent votre personnage Clara quand elle se retrouve dans cette situation très difficile (elle doit décider du futur de son mari, mourir ou vivre avec un corps robotisé, avec en plus un fils à s’occuper ndlr). Vous êtes vous demandés ce que vous feriez dans cette situation ?

A.Cornish : Oui, bien sûr. C’est intéressant, j’ai fait vraiment beaucoup de recherches parce que j’aime faire des recherches pour me préparer. J’essayais d’imaginer ce que ce serait d’avoir un mari qui a un accident tragique, qui part juste après pendant trois mois… La première fois que vous le retrouvez, vous n’avez aucune idée de ce que vous allez voir. C’est l’amour de votre vie et d’un coup, il n’est plus là. J’ai parlé avec des mères parce que je n’ai pas d’enfant et je ne suis pas marié. J’en ai retenu qu’il n’y a rien que vous ne feriez pas pour votre enfant. Vous ne pouvez pas juste être une femme dévastée qui pleure… Vous devez trouver de la force, être prête à vous battre pour votre homme, pour votre enfant. J’ai aimé ça. C’est un petit rôle, le film est centré sur Robocop et sur la science, mais il y a quand même cette histoire de famille.

G.Oldman : Il y a quand même ce parcours d’une femme qui nous reconnecte à la réalité humaine. Qu’est-ce qu’elle doit faire dans cette situation ? C’est un beau test d’amour.

A.Cornish : Oui, j’ai parlé à pas mal de femmes de ça justement. Sur les femmes dont les maris soldats reviennent de la guerre par exemple. J’ai fait des recherches sur le stress post-traumatique… Parce qu’il fallait avoir un peu les pieds sur terre dans cet environnement de robots.

robocop abbie cornish

Gary, comme Harry Potter ou Batman (dans lesquels jouent G. Oldman ndlr) Robocop pourrait bien devenir une saga. Est-ce quelque chose que vous aimez particulièrement de devenir une saga sur plusieurs films ? C’est quelque-chose qui vous attire de pouvoir développer vos personnages ainsi ?

G.Oldman : Oui, j’aime beaucoup ça mais il faut que ça en vaille la peine. Je me demande quand même avant « Que peut-il se passer après ? », « Qu’est ce que je vais faire de ce personnage ? « Est-ce que j’ai envie de rester collé avec lui ? » (Rires)

 

Gary, dans une interview, vous avez dit « chaque parent a un jour, un moment où ils prouveront qu’ils sont une déception pour leur enfant. » Vous avez vraiment dit cela ?

G.Oldman : Non mais je crois qu’il y a eu un malentendu dans cette interview. Ce que je voulais dire, c’est que Norton déçoit Alex. Et s’il y a bien une chose que vous ne voulez pas faire dans votre vie, qui vous angoisse, c’est de décevoir vos enfants. J’ai été un père célibataire. J’ai divorcé trois fois, je ne suis pas un putain de héros ! Si je devais décevoir mes enfants, je serais vraiment dévasté. Et c’est en quelque sorte ce qui arrive au Dr Norton. Il est dans une mauvaise posture et il va devoir arranger cela et regagner la confiance d’Alex qu’il ne veut pas décevoir.

 

Abbie, après Sucker Punch qui était essentiellement un film « de femmes », Robocop est essentiellement un film « d’hommes », dans lequel vous amenez un peu d’émotion et de beauté. Ça a été un challenge pour vous de trouver votre place dans cet univers masculin, d’autant que le personnage de Clara est davantage développé dans et pour l’histoire par rapport à l’original ?

A.Cornish : Non, en fait. Parce que dans cet univers, j’étais entouré de tous ces hommes beaux, merveilleux, talentueux et sensibles. (Gary Oldman s’enfonce et se tortille dans le canapé jubilant d’être « un homme sensible »). C’est vrai ! Vous verrez en parlant à José Padilha, c’est un homme sensible et intelligent. Comme Gary. Je n’ai jamais eu à trouver ma place. Je fouinais, je regardais comment tout le monde travaillait quand j’étais off. Ça vous donne une idée d’à quel point faire ce film était fun. Je n’ai jamais eu l’impression d’être « la fille du film ». J’avais juste l’impression de faire partie d’un super film !

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