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TORI ET LOKITA des frères Dardenne : la critique du film [Cannes 2022]

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Nom : Tori et Lokita
Père : Les frères Dardenne
Date de naissance : 2021
Majorité : 28 septembre 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : Belgique
Taille : 1h28 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Pablo SchilsJoely MbunduAlban Ukaj

Signes particuliers : Prix spécial du jury à Cannes. 

Synopsis : Aujourd’hui en Belgique, un jeune garçon et une adolescente venus seuls d’Afrique opposent leur invincible amitié aux difficiles conditions de leur exil.

 

 

LA CRISE DES MIGRANTS FACON « DARDENNE »

NOTRE AVIS SUR TORI ET LOKITA

Le sort des migrants une fois arrivé en Europe. Un sujet mainte fois traité au cinéma et même, c’est un peu triste de l’écrire, devenu « à la mode ». Qu’allaient arriver à nous dire les Frères Dardenne et allaient-il inventer à nouveau un langage cinématographique pour nous toucher et nous faire réfléchir ? C’est gagné avec Tori et Lokita, leur nouveau long métrage récompensé d’un prix spécial du Jury. L’histoire tient sur un titre de séjour : Aujourd’hui en Belgique, un jeune garçon et une adolescente venus seuls d’Afrique opposent leur invincible amitié aux difficiles conditions de leur exil.

C’est toute la sensibilité du cinéma des frères Dardenne. D’une perception critique du statut de migrant logée au fond de chacun d’entre nous (« ils l’ont bien cherché », « ils viennent profiter de nos richesses », « ils mentent pour survivre »), les Frères Dardenne tirent un thriller social qui arrive avec énormément de subtilité et de pédagogie à détricoter la condition des migrants. Exploités dès leur sortie d’Afrique, abusés financièrement, juridiquement et évidemment physiquement et sexuellement, ils doivent survivre au cœur du milieu des trafiquants de drogue (flamands, c’est important de le noter car ceci explique la grande violence des relations). Et au final, cette œuvre de fiction vaut tous les documentaires expliquant les misérables circuits de l’exploitation humaine. Dans cette noirceur sans espoir, Tori et Lokita s’accrochent grâce aux restes de leur enfance ou des personnes croisées et aimées. Dérouler l’ensemble de l’histoire n’est pas nécessaire. On est ici face à l’humain et à l’intelligence du cœur. On peut leur reprocher un cinéma âpre et sans nuances de gris mais le film réussit assurément à tenir le choc de sa démonstration et le fait grâce au langage du cinéma.

Par Bart Sampson

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