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SPIDER-MAN : NO WAY HOME de Jon Watts : la critique du film

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Nom : Spiderman No Way Home
Père : Jon Watts
Date de naissance : 2021
Majorité : 15 décembre 2021
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h47 / Poids : NC
Genre : Super-héros

Livret de Famille : Tom HollandZendayaBenedict Cumberbatch, John Favreau, Jamie Foxx, Willem Dafoe, Alfred Molina et compagnie…

Signes particuliers : Une première moitié de film insipide, une seconde bien plus cool !

 

PLUIE DE TOILES

NOTRE AVIS SUR SPIDER-MAN : NO WAY HOME

Synopsis : Pour la première fois dans son histoire cinématographique, Spider-Man, le héros sympa du quartier est démasqué et ne peut désormais plus séparer sa vie normale de ses lourdes responsabilités de super-héros. Quand il demande de l’aide à Doctor Strange, les enjeux deviennent encore plus dangereux, le forçant à découvrir ce qu’être Spider-Man signifie véritablement.

 

Des mois qu’on nous bassine avec ce nouveau Spider-Man annoncé comme LE film de l’année. Certains auraient plutôt pensé à Matrix 4, d’autres aux Eternels ou au West Side Story de Spielberg, mais la campagne promo XXL orchestrée par Marvel et Sony a porté ses fruits. Records de prévente de billets, No Way Home est bel et bien devenu le plus gros événement de cette fin d’année. D’autant que les multiples spéculations ont bien renforcé le pouvoir d’attraction du film. Alfred Molina, Jamie Foxx, Willem Dafoe… Les méchants des ères précédentes de l’homme-araignée sont de retour… avec les comédiens d’origine ! Quid alors des Peter Parker eux-mêmes, Tobey Maguire et Andrew Garfield ?! Motus et bouche cousue. Des démentis dans tous les sens à base de « je vous jure que non » pour contrer la rumeur galopante, à tel point que les fans s’étaient résignés au fait qu’on les prenait malicieusement pour des jambons. La réponse à l’énigme est désormais en salles. En attendant, la tête d’affiche c’est toujours le bondissant Tom Holland, sa caution avengeresque c’est Doctor Strange (maintenant que Tony Stark n’est plus là), Zendaya et consorts sont là, et le film embraye quasiment dans la foulée des événements du précédent volet qui avait opposé Spidey à Mysterio (Jake Gyllenhaal), lequel avait foutu un beau bordel en dévoilant, dans un ultime geste d’adieu avant de périr, l’identité de l’homme-araignée.

Après deux films à la qualité très discutable (on entend déjà certains dire « Ok j’arrête de lire cette critique« ), l’un comme l’autre avec quelques bons moments mais globalement trop handicapés par les codes Marvel qui les empêchaient d’exister en tant que pur films Spider-Man, il était grand temps temps que le nouvel homme-araignée change de dimension. Ce troisième (très) long-métrage –2h47… sérieusement les gars ?– est bel et bien le film de la transition. Mais ce qui est étonnant, et audacieux de surcroît, c’est que la transition ne s’opère pas avec le film mais… en plein film ! Cela dit, la transition entre quoi et quoi au juste ? Plus clairement, il existe deux films dans No Way Home, un premier complètement bâclé et façonné selon le regard Marvel qui a fait de Spidey un ado rigolo aux allures de sidekick sympathiquement déjanté, puis un second qui -enfin !!- ressemble davantage à un vrai Spider-Man. C’est ce deuxième film qui est le plus intéressant, presque même génial par moments. Sauf que No Way Home est un cas d’école de ce que l’on pourrait qualifier de « casse-tête critique ». Cette deuxième partie, on ne peut pas en parler sous peine de gâcher les nombreuses surprises qu’elle réserve (surprises que beaucoup ont devinées depuis belle lurette mais bon). Comment du coup résumer l’expérience Spider-Man : No Way Home si l’on ne peut pas parler de ce qu’il a de meilleur à proposer ? Bah en fuyant la zone de conflit et en vous laissant aller le voir en salles.
Passée une première moitié franchement décevante qui mâchouille encore le personnage à l’image de ce qu’en a fait Marvel depuis deux films (un ado surexcité n’ayant jamais pris conscience de ses responsabilités), le film devient vraiment excitant, voire jubilatoire, dans une seconde qui libère enfin l’homme-araignée de son carcan pour lui offrir les pleins pouvoirs sur son histoire. Et No Way Home de devenir une véritable célébration de Spider-Man, une véritable célébration de son histoire (ou plutôt de ses histoires), de son/ses univers et du spider-verse. Alors qu’il se prend un violent retour de maturité en pleine poire au détour d’une scène poignante, Peter Parker change et le film avec lui, devenant plus dense, plus astucieux, plus sombre, moins inconséquent et moins futile. Le vrai show peut alors enfin démarrer et il sera (presque) beau, traversé de scènes d’anthologie, truffé de passages émotionnellement forts et d’images iconiques pour l’éternité, rempli d’un terreau méta amené avec intelligence, drôlerie et sensibilité, un terreau qui convoque 20 ans de Spider-Man au cinéma avec des envies de gigantisme épique et de livrer la quintessence absolue du rêve de geek. Si tant est qu’il le pouvait.
No Way home est l’histoire d’une mue. Celle d’un Spider-Man qui grandit, celle d’un univers qui évolue, celle d’un film qui change en cours de route pour passer de la désinvolture marvellienne à la tragédie super-héroïque rappelant celle des bons Sam Rami. Il y a de la grandeur dans ce troisième opus de la nouvelle saga. Il y a une certaine intelligence dans l’écriture, comme si la rupture intermédiaire était volontaire, affirmant haut et fort « allez, on arrête les conneries, on passe aux choses sérieuses« . On n’ira pas jusqu’à penser que Marvel a eu l’audace de faire un demi-film de piètre qualité mais encore mieux sublimer sa deuxième partie, mais c’est en tout cas le résultat. Mis à plat et à rebours, cette rupture rend tout le film cohérent, avant comme après. Dommage que la seule constante dans cette mutation (qui augure un nouvel avenir pour Spidey), ce soit d’une part son écriture souvent imbécile, et de l’autre la mise en scène et le sens du montage chaotiques de Jon Watts qui, d’un bout à l’autre, sont désastreux. Hormis quelques plans réussis aussi éparses que des nuages dans un ciel printanier, le cinéaste sert une tambouille aussi léchée qu’un pot-au-feu sous vide de supermarché. Et de se dire que cette célébration ultime de Spider-Man (au fan service bien fourni) méritait sans aucun doute un meilleur cinéaste pour la magnifier et, si possible, limiter les dégâts dans les moments les plus débiles de l’histoire (il y en a pléthore). C’est tout le problème, No Way Home est comme un orgasme intense après de longs préliminaires laborieux. Longs dans ce film et longs depuis trois films car il aura finalement fallu une trilogie pour faire ce que Sam Raimi avait fait en une histoire. La faute au poids des Avengers que le père d’Evil Dead n’avait pas eu à gérer, ce qui lui avait permis de se concentrer seulement et uniquement sur son personnage, d’où un meilleur traitement et de bien meilleurs films. En bref, un film qui se rend sympa quand il fait joujou avec notre nostalgie et heureusement pour lui car sans elle, l’affaire aurait été sacrément médiocre d’un bout à l’autre.

Par Nicolas Rieux

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