ROBIN DES BOIS d’Otto Bathurst : la critique du film
sortie cinéma

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Robin Hood
Père : Otto Bathurst
Date de naissance : 2018
Majorité : 28 novembre 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h56 / Poids : NC
Genre : Action, Aventure

Livret de famille : Taron Egerton, Jamie Foxx, Jamie Dornan, Ben Mendelsohn, Eve Hewson, F. Murray Abraham, Tim Minchin, Paul Anderson…

Signes particuliers : Une gigantesque bisserie nanardesque assez drôle au douzième degré.

RENDEZ-NOUS KEVIN COSTNER !

LA CRITIQUE DE ROBIN DES BOIS

Synopsis : Robin de Loxley, combattant aguerri revenu des croisades, et un chef maure prennent la tête d’une audacieuse révolte contre la corruption des institutions.

Après Errol Flynn, le renard de Disney, Kevin Costner ou encore Russell Crowe, place au jeune Kingsman Taron Egerton qui endosse à son tour le costume de Robin de Loxley armé de son arc et de ses envies de justice ! Le prince des voleurs est de retour au cinéma dans une nouvelle adaptation à grand spectacle propulsée par Leonardo Di Caprio, producteur inattendu de cette délirante bisserie à gros budget, qui entend réinventer le mythe du brigand au grand cœur qui va voler aux riches pour donner aux pauvres dans l’Angleterre sinistrée de Richard Cœur de Lion. A ses côtés, Jamie Foxx, Jamie Dornan, Eve Hewson en Marianne et Ben Mendelsohn en sheriff de Nottingham.

Oubliez l’histoire telle que vous la connaissez. Voici ce que conseille d’emblée cette nouvelle adaptation du mythe de Robin des Bois. Et le conseil est plutôt judicieux car ceux qui s’y refuseront, pourront commencer à préparer leurs mouchoirs afin d’éponger les larmes de sang qui vont jaillir devant la gigantesque crétinerie mongoloïde proposée par Otto Bathurst, réalisateur de séries qui signe ici son premier long-métrage. Des navets, on a l’habitude d’en voir chaque année, surtout quand on est un mordu de cinoche pour qui la salle de cinéma est une deuxième maison. Mais avec ce Robin des Bois version 2018, autant dire que l’on repousse violemment les murs du nanar, que l’on creuse à plusieurs centaines de mètres de profondeur après avoir touché et fracassé le fond de la piscine. C’est bien simple, le film d’Otto Bathurst cultive la nullité jusqu’à l’élever au rang de génie nawesque, dépassant allégrement le stade de la consternation pour mettre les deux pieds dans la franche rigolade où l’on lâche complètement la bride pour se régaler d’une débilité qui n’a plus aucune limite. Furieusement en roue libre, Robin des Bois est une vaste blague qui fait marrer à ses dépends. Au fin fond de son art de la médiocrité, on soupçonne une tentative d’exercice taré jouant la carte du bisseux et du portnawak volontaire. Malheureusement, le recul ne fonctionne jamais et cette tonalité comique voit s’effondrer tout esprit de second degré potentiellement assumé, devant une machine qui se prend en réalité hyper au sérieux.

Dès les premières minutes, le festival du rire commence avec une scène d’ouverture montrant la rencontre entre notre bon vieux Robin et la « belle » Marianne. Une séquence à hurler (on vous laisse la surprise) et dont la ringardise inaugure l’ânerie dans laquelle on vient de mettre les pieds. Le reste ne sera qu’une immense entreprise de destruction du mythe de Robin des Bois, couplée à un amoncellement de partis pris qui ne fonctionneront jamais. Réinventer le mythe… Pourquoi pas si l’on part du principe que l’on n’est pas dans un « remake » mais plutôt dans une relecture distancée et déglingo, un peu à la manière du récent et plutôt sympathique Roi Arthur. Mais personne ne semble tenir le bolide parti frénétiquement en toupie sur la piste. Sorte de pseudo mix géant aux allures de gloubi-boulga convoquant Robin des Bois, Zorro, Assassin’s Creed, Tomb Raider ou encore Le Roi Arthur justement, le tout compilé dans un ahurissant délire anachronique, ce déluge d’action et de CGI dégueulasses va entrer en ébullition jusqu’à l’explosion.

On commence par l’époque où se passe l’action. Ok, Robin des Bois n’en a rien à foutre, comme de tout d’ailleurs. Le film fait le pari d’un univers anachronique mélangeant graphiquement styles et époques sans se soucier d’une crédibilité rangée au placard. Pourquoi pas, sauf que le récit étant clairement daté par l’évocation des croisades, l’idée ne fonctionne absolument pas, laissant place à une impression de gros n’importe quoi purgesque dont le délire anachronique s’avère plus risible que fendard. Tout va alors devenir prétexte à plaisanteries. Les décors ressemblent à un mélange d’architectures de dystopie post-apocalyptique, de moyenâgeux ou de patelins pavillonnaires d’aujourd’hui. Les costumes se servent autant chez Hunger Games qu’aux rayons sweat de Décathlon ou dans les derniers défilés de mode de chez Hermès. On passera sur les mecs qui parlent comme aujourd’hui, qui roulent des mécaniques comme un bataillon de Navy Seals ou qui tiennent leurs arcs comme s’ils tenaient des mitraillettes dans le dernier Call of Duty, on n’est plus à ça près.

Les personnages ensuite… Un Robin au charisme en vacances, une Marianne plus fadasse que jamais, un Jamie Dornan inutile et qui continue d’être un problème pour le métier d’acteur, un méchant pathétique incarné par un Ben Mendelsohn en mode hystérique qui postillonne sa colère en éructant comme un perroquet et enfin Jamie Foxx, la cerise sur le gâteau. L’acteur qui semble sans cesse se demander ce qu’il est venu foutre dans cette galère incarne un mix du chef maure ami de Robin (Morgan Freeman dans la version avec Kevin Costner) et du chef des brigands de la forêt Jean-Petit, d’où une scène collector où son nom arabe étant trop compliqué à prononcer, Robin décide de l’appeler Jean car c’est plus simple. Encore et toujours, on n’est plus à un what the fuck près. D’ailleurs, alors que le film cumule amoureusement les fautes de mauvais goût tant au niveau visuel que narratif, on se demande entre rire et gêne, quel est le barjot qui a eu cette idée de menacer un musulman de torture en lui promettant de le gaver de sang de porc ?! Ou encore ce discours douteux sur l’église catholique et les abus sexuels sur mineurs. Embarrassant, comme le jeu de tous les comédiens embarqués dans cette mauvaise farce.

Et que dire de la technique… L’image est d’une incohérence surréaliste, alternant netteté sublimée et grains de pellicule. Le montage est aux fraises, sans doute dirigé par un hystérique qui aurait abusé d’un cocktail café-coke-guarana. Les faux raccords abondent, la photo est affreuse et la mise en scène pompe à tout-va en abusant des artifices clinquants façon ralentis improbables. Les gars, Matrix c’était il y a 20 ans, faudrait songer à se renouveler un jour. Bref, le pire c’est qu’au final, ce nouveau Robin des Bois s’offre comme une sorte de préquel appelant à des suites. Déjà que personne n’attendait vraiment ce premier opus, que dire de sa potentielle suite en cas de succès ?! Quoique pour une soirée bourré et sous substances psychotropes, on serait presque capable d’en redemander histoire de se marrer car ce Robin des Bois est un poème sacrément hilarant.


BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

Une réponse à “ROBIN DES BOIS d’Otto Bathurst : la critique du film
sortie cinéma

  1. Merci de cette critique qui me permet de rayer le film de mes possibilités de sorties en famille.
    Par contre avec ce genre de critique, ne dites pas que l’on verra soi-même pour telle scène (rencontre Robin-Marianne en l’occurrence), on a tellement peu de chance de voir le film au ciné.
    Racontez nous la scène !
    Encore merci pour les euros économisés.

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