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MOONFALL de Roland Emmerich : la critique du film

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Nom : Moonfall
Père : Roland Emmerich
Date de naissance : 2021
Majorité : 09 février 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h00/ Poids : NC
Genre : SF, Catastrophe

Livret de Famille : Halle BerryPatrick WilsonJohn Bradley, Michael Pena…

Signes particuliers : Fortement auto-pompé mais quel plaisir régressif quand même !

LE VOYAGE SUR LA LUNE

NOTRE AVIS SUR MOONFALL

Synopsis : Une mystérieuse force a propulsé la Lune hors de son orbite et la précipite vers la Terre. L’impact aura lieu dans quelques semaines, impliquant l’anéantissement de toute vie sur notre planète. Jo Fowler, ancienne astronaute qui travaille pour la NASA, est convaincue de détenir la solution pour tous nous sauver, mais seules deux personnes la croient : un astronaute qu’elle a connu autrefois, Brian Harper, et un théoricien du complot, K.C. Houseman. Ces trois improbables héros vont tenter une mission impossible dans l’espace… et découvrir que notre Lune n’est pas ce que nous croyons.

Roland Emmerich est enfin de retour aux affaires. Du moins à « ses » affaires. Parce que mine de rien, la carrière du cinéaste jadis adulé d’Hollywood pour sa capacité à casser autant la planète que le box office, est un peu ronronnante depuis la fin des années 2000 et le triomphe planétaire de 2012. Le cinéaste a plus de mal à trouver des financements pour produire de super-méga-giga-blockbusters aux budgets pharaoniques lui permettant de laisser libre court à ses délires gigantesques. Eloigné de son univers habituel, son très bon Anonymous avait dérouté ses fans, White House Down et Independence Day Résurgence ont été des échecs (compréhensible pour le second vu sa médiocrité), son engagé Stonewall sur les prémisses de la cause LGBT aux Etats-Unis est passé sous le radar et n’a même pas été distribué en France et enfin Midway, sa dernière sortie en date, était certes réussi mais mineur. Bref, on commençait à se demander si l’on reverrait un jour Emmerich aux commandes d’un très gros spectacle massif. C’est chose faite avec Moonfall où le cinéaste tente de se relancer en renouant avec le mélange science-fiction et film apocalyptique. En gros, une force d’origine extraterrestre fait sortir la lune de son orbite, la propulsant droit sur la Terre… Cool !
Des aliens venus de la lune orchestrant la destruction de la planète via des cataclysmes climatiques surpuissants… À la lecture du pitch et au vu des premières images, on sentait venir en toute transparence un croisement excitant entre Independence Day et 2012. Mais malgré cette vision prévisible, on était à mille lieux d’imaginer l’ampleur de l’auto-pompage. Moonfall est quasiment une fraude. Certes, une fraude qui amuse beaucoup, mais une fraude quand même. Le festival d’emprunts démarre dès les toutes premières images, similaires à celles d’Independence Day. Ok, un petit clin d’œil personnel. Soit. L’ennui c’est que derrière, le déchaînement va être aussi furieux que les ravages causées par la lune sur notre belle planète bleue. Moonfall reprend quantité d’idées, de plans, de scènes et de ressorts dramatiques autant à ID4 qu’à 2012, avec une pointe de Stargate au passage. La décalcomanie est tellement hallucinante qu’Emmerich pourrait s’auto-attaquer en justice pour plagiat de lui-même. Et dire qu’ils s’y sont mis à trois pour pondre un script pareil ! Moonfall, C’est un peu comme si vous mangiez une salade de tomates le vendredi, une dinde farcie le samedi et comme vous avez des restes des deux, bah vous improvisez des tomates farcies le dimanche. Soyons justes et honnêtes, Emmerich n’est pas le premier à recycler ses propres films dans une proposition qui transpire le déjà-vu mais avouons que sur ce coup, il pousse un peu la fainéantise à son paroxysme tant le film a l’air bricolé à partir de repiquages extrêmement visibles.
Néanmoins (heureusement il y a un « néanmoins »), l’éclate est quand même au rendez-vous. Il est fort le bougre ! Emmerich a beau nous resservir une soupe qu’on a déjà mangé plusieurs fois, on prend quand même un plaisir non négligeable devant ce fracas cataclysmique bourré d’images impressionnantes sublimées par la mise en scène d’un cinéaste qui n’a pas son pareil pour filmer (toujours en plans larges) le spectacle d’une apocalypse. Seul regret de ce côté là (et dans le même temps, petite surprise inattendue), Moonfall est l’inverse de ce que l’on pensait. Le film est en réalité bien plus orienté SF que catastrophe, là on l’on présageait plutôt le contraire. C’est peut-être cette différence qui a justement intéressé un Emmerich frustré de n’avoir pu mener à bien son projet d’adaptation de Fondation d’Asimov où son Singularity. Le metteur en scène allemand s’offre avec Moonfall, un grande odyssée SF interstellaire.
Sans se prendre au sérieux, pour ne pas dire « con comme la lune », Moonfall est un vaste délire qui ne tient pas vraiment debout mais toujours sauvé du trébuchage par son capital fun qui le rattrape et le remet systématiquement en selle. Encore une fois, c’est le spectacle qui comble les carences d’un scénario rabougri. C’est rarement fin (du genre on a bien bien compris que c’est coproduit par les chinois) mais Moonfall maintient un rythme trépidant qu’Emmerich entretient avec savoir-faire, de sorte que l’on passe un bon moment de divertissement troussé avec générosité et efficacité.

 

Par Nicolas Rieux

2 thoughts on “MOONFALL de Roland Emmerich : la critique du film

  1. Pour un film catastrophe, c’est terriblement catastrophique ! Les erreurs énOOOOrmes d’un point de vue scientifique sont tellement hallucinantes, qu’il serait fort peu probable qu’on croit une attoseconde à ce qui arrive. Même les acteurs n’arrivent pas à y croire, c’est vous dire… Dès lors, tout n’est que suite de scènes grotesques arrivant fort heureusement au mot « Fin » attendu avec, non pas de l’impatience, mais angoisse (que ça se termine viiiiite !)
    Un désastre cinématographique à fuir !

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