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MAYA de Mia Hansen-Love : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Maya
Mère : Mia Hansen-Love
Date de naissance : 2018
Majorité : 19 décembre 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h45 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Roman Kolinka, Aarshi Banerjee, Alex Descas…

Signes particuliers : Mia Hansen-Love offre une errance juste et subtile.

UN BESOIN DE SE RECONSTRUIRE

LA CRITIQUE DE MAYA

Synopsis : Décembre 2012, après quatre mois de captivité en Syrie, deux journalistes français sont libérés, dont Gabriel, trentenaire. Après une journée passée entre interrogatoires et examens, Gabriel peut revoir ses proches : son père, son ex-petite amie, Naomi. Sa mère, elle, vit en Inde, où Gabriel a grandi. Mais elle a coupé les ponts. Quelques semaines plus tard, voulant rompre avec sa vie d’avant, Gabriel décide de partir à Goa. Il s’installe dans la maison de son enfance et fait la connaissance de Maya, une jeune indienne.

Pour son sixième long-métrage, Mia Hansen-Love s’intéresse à une tranche de vie d’un reporter de guerre fraîchement libéré après de longs mois en captivité en Syrie. Gabriel atterrit brutalement dans son ancienne vie et ressent le besoin d’aller respirer ailleurs, loin, coupé de tout. C’est en Inde qu’il ira chercher ce nouveau souffle dont il a besoin, pays où a émigré sa mère depuis de nombreuses années.

Depuis longtemps, Mia Hansen-Love éprouvait une certaine fascination pour ces journalistes revenus d’une longue prise d’otage à l’étranger. « S’entremêlaient l’indicible de leur expérience, la souffrance endurée et la joie d’être libre » explique la réalisatrice, avant d’évoquer son grand-père, ancien correspondant de guerre et auteur de plusieurs livres sur les conflits mondiaux. Et parce que Mia Hansen-Love a toujours aimé injecter du personnel dans ses longs-métrages, elle ne déroge pas à la règle avec Maya, dont le protagoniste principal a été façonné selon les souvenirs de son aïeul racontés par sa grand-mère. C’est peut-être pour cela que Maya laisse autant transpirer dans son sillage, une authenticité qui fait mouche. Ça et le fait que la metteur en scène n’a pas hésité à se priver de certains financements pour mieux garder le contrôle sur son œuvre et y mettre ce qu’elle avait d’y mettre et non ce que les « diktats » à la mode réclamaient. Avec Maya, Hansen-Love privilégie à tout spectaculaire ou pathos facile, un récit humain, peut-être un peu contemplatif aux yeux de certains, mais qui ressemble à une sorte d’échappée intimiste touchante observant avec une grande justesse le besoin de reconstruction d’un homme touché. Loin de toute représentation caricaturale, de la vision du post-otage comme de l’Inde parcourue, Maya est une errance dont la sensibilité explose à chaque instant, en rythme avec la pudeur et la parfaite distance qui épouse cet accompagnement délicat d’un homme qui va se reconnecter à la vie pour mieux appréhender son métier montrant la mort.


BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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