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L’ORIGINE DU MONDE de Laurent Lafitte : la critique du film

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Carte d’identité :

Nom : L’Origine du Monde
Père : Laurent Lafitte
Date de naissance : 2019
Majorité : 15 septembre 2021
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h38 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de Famille : Laurent Lafitte, Karin Viard, Vincent Macaigne, Hélène Vincent, Nicole Garcia…

Signes particuliers : Laurent Lafitte devient réalisateur.

 

 

L’HUMOUR GRINÇANT SELON LAURENT LAFITTE

NOTRE AVIS SUR L’ORIGINE DU MONDE

Synopsis : Jean-Louis réalise en rentrant chez lui que son coeur s’est arrêté. Plus un seul battement dans sa poitrine, aucun pouls, rien. Pourtant, il est conscient, il parle, se déplace. Est-il encore vivant ? Est-il déjà mort ? Ni son ami vétérinaire Michel, ni sa femme Valérie ne trouvent d’explication à cet étrange phénomène. Alors que Jean-Louis panique, Valérie se tourne vers Margaux, sa coach de vie, un peu gourou, pas tout à fait marabout, mais très connectée aux forces occultes. Et elle a une solution qui va mettre Jean-Louis face au tabou ultime…

Décidément, il lui arrive plein de trucs bizarres à Laurent Lafitte. Il y a trois ans, il se réveillait du coma et découvrait que toute sa vie était différente (K.O. de Fabrice Gobert). Aujourd’hui, il se rend compte un beau matin que son cœur ne bat plus. Il est pourtant bien vivant, il respire, tout est normal, juste que son palpitant ne marche pas. Cet improbable postulat amusement loufoque sur les bords, c’est celui de L’Origine du Monde, le premier long-métrage en tant que réalisateur du pensionnaire de la Comédie-Française, qui non content d’être l’un des meilleurs acteurs français actuels, prouve qu’il avait d’autres cordes à son arc jusqu’ici sagement rangées dans son cartable. L’Origine du Monde est à la base une pièce de Sébastien Thiéry ( l’horrible Momo), que Lafitte transpose à l’écran en s’y octroyant le rôle principal aux côtés de Karin Viard, Vincent Macaigne et Hélène Vincent.

Du burlesque au malaisant en passant par le déjanté, le corrosif ou le psychologique à tendance œdipien, L’Origine du Monde traverse un vaste répertoire comique au cours de son escapade humoristique, en s’efforçant constamment d’être aussi drôle qu’intelligent. Un peu à l’image de son auteur à vrai dire, capable d’être tour à tour d’une noble élégance ou d’un subtil trash-chic. Mais surtout, d’un bout à l’autre de son effort cinématographique à la singularité désarmante, Laurent Lafitte ne perd jamais de vue son sujet. Si L’Origine du Monde est une comédie calibrée pour faire marrer, elle repose sur un scénario qui n’a rien de prétexte (contrairement à nombre de comédies françaises). Ce scénario explore les traumas d’un homme contraint de voir dans ce curieux état « d’arrêt cardiaque », une métaphore d’un dysfonctionnement psychologico-émotionnel profondément enfoui et qui réclame à corps et à cri, de pouvoir surgir et s’exprimer. Ce savoureux mélange mène alors le film vers un autre registre réputé difficile et délicat mais qui pourra idéalement le définir : la fantaisie.

C’est exactement ce qu’est L’Origine du Monde, une « fantaisie » cérébra-loufoque qui exprime une idée sur l’être humain en formulant son discours selon différentes notes et nuances d’hilarité. Le principe de la fantaisie est de laisser libre cours à l’imagination et de n’en jamais brider les caprices. Pour le coup, Laurent Lafitte ne s’interdit rien avec ce premier long-métrage qui risque fort d’en surprendre plus d’un (et de se couper du très grand public par son absconse radicalité). L’Origine du Monde est parfois sacrément trash, parfois très philosophico-psychologique, on y trouve des délires gérontophiles, des personnages absolument détestables, une bonne nappe d’ironie coulée sur un lit de méchanceté vaporisée de cynisme… Bref, cinquante nuances de jubilatoire.

Mais passé l’effet de surprise devant un effort différent et armé d’un ton que l’on n’a pas forcément coutume de croiser dans la comédie hexagonale, L’Origine du Monde perd légèrement de sa superbe à force de tourner un peu en rond. Comme si l’on se baladait près d’un superbe littoral idyllique mais reproduisant la même image sur des centaines de kilomètres. C’est chouette mais on se lasserait un peu de l’absence de diversité du paysage. C’est ce qui se passe par moments dans L’Origine du Monde, dans ces passages en-dedans où il souffre de petites maladresses, d’un rythme ronronnant et d’un manque de sang frais pour alimenter justement le cœur d’un film qui ne peut se reposer uniquement sur son postulat et sa verve osée. Inégal, L’Origine du Monde alterne ainsi le meilleur et le plus moyen, mais dans tous les cas la proposition reste largement au-dessus de 90% de la production française générique car elle est animée par un auteur, par un regard, par des intentions, par des idées d’écriture.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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