Mondociné

L’INNOCENT de Louis Garrel : la critique du film

Partagez cet article
Spectateurs

Nom : L’innocent
Père : Louis Garrel
Date de naissance : 2022
Majorité : 12 octobre 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h39 / Poids : NC
Genre : Comédie, Polar

Livret de Famille : Roschdy ZemLouis GarrelAnouk Grinberg, Noémie Merlant…

Signes particuliers : Louis Garrel monte en gammes. 

Synopsis : Quand Abel apprend que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme en prison, il panique. Épaulé par Clémence, sa meilleure amie, il va tout faire pour essayer de la protéger. Mais la rencontre avec Michel, son nouveau beau-père, pourrait bien offrir à Abel de nouvelles perspectives….

LOUIS GARREL EST COUPABLE… DE TALENT

NOTRE AVIS SUR L’INNOCENT

Louis Garrel est un formidable comédien, tout le monde le sait, tout le monde l’a vu, personne n’en débat. Mais il n’est pas que ça, c’est aussi un réalisateur dont on avait pu mesurer le talent avec ses premières tentatives derrière la caméra, L’homme fidèle ou La Croisade. L’innocent est son 4ème long-métrage, dans lequel il cumule une fois encore les casquettes d’acteur, scénariste et metteur en scène. Mais c’est surtout son plus ambitieux, comme s’il montait en gamme, en désirs, en intentions. Entouré des excellents Roschdy Zem, Anouk Grinberg et Noémie Merlant, Louis Garrel signe ici son film le plus abouti et le plus solide.
Comédie ou polar ? Les deux mon capitaine. Mais attention, les deux au sens strict du terme, pas une banale conjugaison des deux comme on a pu en voir des palanquées. En clair, L’innocent n’est pas un polar de comédie, c’est à la fois une pure comédie et un authentique polar, le tout teinté de romanesque, car Louis Garrel a toujours aimé la thématique des voies inattendues de l’amour. Avec L’Innocent, l’acteur-cinéaste accomplit un mariage étonnant, livrant un film délicieusement singulier, joyeusement loufoque, passionnément romantique aussi, et dans le même temps haletant comme un vrai polar noir.

 

Comme s’il avait atteint une forme de maturité lui permettant de dépasser un peu son cinéma jusqu’ici joliment bobo parisien très soumis à l’inspiration de ses maîtres de cinéma (de Demy à Honoré), Louis Garrel se mue enfin en chef d’orchestre composant un film terriblement attachant dans lequel on trouve tout ou presque. De la tendresse avec cette magnifique relation mère-fils qu’il incarne aux côtés d’Anouk Grinberg (à laquelle il offre un rôle en or). De l’humour aussi grâce à son sens des dialogues ciselés et mélodieusement drôles, que son phrasé unique sublime constamment. Du suspense enfin, avec un vrai respect accordé à la face « polar » de son récit. Et pour couronner le tout, beaucoup de mise en scène. Jusqu’à présent, Garrel balbutiait, comme s’il cherchait son style, mais sans toutefois donner l’air de faire brouillon. Avec L’innocent, il conjugue avec maîtrise tout ce qui le définit, sa modernité, sa finesse, son sens des bons mots, son amour de la culture 80’s (dans la musique ou dans la mise en scène avec ses split screen dignes de De Palma) et enfin son côté un brin loufoque et décalé.

Le résultat est un régal. Un fantaisie truculente pleine d’énergie et de nuances, portée par une superbe galerie de comédiens qui personnifient sous sa houlette, quelques scènes de cinéma mémorables (tout le passage du resto de routier est un must). Louis Garrel était angoissé au moment de livrer son nouvel effort pour la première fois à Cannes. Il peut se sentir soulagé. Son film est à son image, libre, intelligent, rafraîchissant.

 

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Close
Première visite ?
Retrouvez Mondocine sur les réseaux sociaux