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LE DÉFI DU CHAMPION de Leonardo D’Agostini : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Il Campione
Père : Leonardo D’Agostini
Date de naissance : 2019
Majorité : 05 août 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : Italie
Taille : 1h31 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Stefano Accorsi, Andrea Carpenzano, Ludovica Martino…

Signes particuliers : Un feel good movie italien somme toute fort sympathique.

 

NON, TOUS LES FOOTBALLEURS NE SONT PAS BÊTES

NOTRE AVIS SUR LE DÉFI DU CHAMPION

Synopsis : Christian, jeune star du football de l’AS Roma, est un joueur rebelle, indiscipliné et immensément riche. Suite à de nouvelles frasques, le président du club doit rapidement remettre son champion dans le rang : s’il veut continuer à jouer, il doit étudier et passer son bac ! Valerio, un homme solitaire et fauché, est embauché comme professeur particulier. Ils vont apprendre l’un de l’autre et, entre les deux, va naître une amitié inattendue…

Leonardo d’Agostini a roulé sa bosse pendant de nombreuses années, assistant-réalisateur pour la télé puis réalisateur de séries, de clips, de spots publicitaires, de courts-métrages. Maintenant qu’il a bien fait ses gammes, il était temps pour lui de se lancer dans le grand bain. Avec Le Défi du Champion, le réalisateur devient metteur en scène en signant son premier long, un feel good movie autour de l’univers du football dans lequel un professeur tout ce qu’il y a de plus banal, va se faire engager par l’ AS Roma pour préparer une jeune superstar du ballon rond en vu du Bac, qu’il doit impérativement décrocher sous peine de ne plus fouler les pelouses. Pour un premier coup, Leonardo d’Agostini s’en est bien tiré et son travail a été récompensé du Ruban d’argent du meilleur nouveau réalisateur, prestigieuse récompense italienne sacrant les grands talents de demain (et quand on voit le palmarès passé, ça vole haut).

On ne peut pas dire que Le Défi du Champion soit un film impérissable qui restera dans les annales du cinéma. Leonardo d’Agostini met en scène un scénario extrêmement classique, articulé sur des ressorts aussi simples que rodés, en l’occurrence l’immuable arc du décalage et de l’opposition entre deux personnages aux univers très différents, qui vont apprendre à se connaître et à s’apprivoiser le temps d’une étonnante aventure commune. Ici, l’aventure, c’est la préparation au Bac, et les protagonistes que tout oppose, un simple professeur cultivé qui n’y connaît rien en foot et un nouveau Cristiano Ronaldo talentueux, gentil au fond, mais légèrement « mauvais garçon » quand il est entraîné par ses fréquentations. Le duo va devoir s’appréhender et surtout, chacun va devoir apprendre à voir un peu loin que les apparences. L’un n’est pas forcément qu’un simple instit miteux aux pantalons en velours côtelé, l’autre n’est pas forcément qu’un joueur de foot tête à claque, et tous ont leurs fêlures enfouies plus ou moins profondément.

Du rire, de l’émotion et un joli discours moral sur la différence, l’éducation et la transmission pour saupoudrer tout ça, et le tour est joué. Le Défi du Champion ne va pas plus loin que ça et s’en tient au registre de la petite comédie dramatique pas forcément très originale et qui ne déborde pas d’aspérités. Néanmoins, ça marche. Du haut de sa simplicité et de son humilité, le film de Leonardo d’Agostini touche, amuse, émeut même. Sa force est à aller chercher du côté de ses interprètes formant un superbe duo (excellent Andrea Carpenzano vu dans le Frères de Sang des frangins D’Innocenzo et toujours impeccable Stefano Accorsi) et sa seule originalité, du côté de son univers peignant brièvement les rouages du « football business » moderne avec une certaine justesse du portrait-résumé. « Il n’y a pas de mauvaises herbes […] que des mauvais cultivateurs » disait Victor Hugo. La célèbre tirade pourrait s’appliquer ici au détour de son propos défendant l’idée que personne n’est fondamentalement idiot, il faut juste trouver le bon moyen d’enseigner en s’adaptant à chacun. Bref, du cinéma qui ne vole personne et se contente de faire passer un bon moment, et si au passage on peut en retirer un enseignement, c’est encore mieux.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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