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LA BONNE RÉPUTATION de Alejandra Marquez Abella : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Las niñas bien
Mère : Alejandra Marquez Abella
Date de naissance : 2019
Majorité : 16 octobre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Mexique
Taille : 1h39 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti, Paulina Gaitán…

Signes particuliers : Une satire sociale tout en finesse.

LES TURPITUDES DE LA BOURGEOISE MEXICAINE

NOTRE AVIS SUR LA BONNE RÉPUTATION

Synopsis : Sofia, en bonne place dans la haute bourgeoisie locale en ce début des années 1980, mène une vie de luxe et d’oisiveté que permet la rente de la société de son mari, lui-même héritier. Lorsque la crise économique frappe, les affaires périclitent brutalement, et emportent avec elles son univers d’apparat déconnecté des réalités. Face à la réalité d’une chute imminente, elle fera tout pour sauver les apparences… 

Deuxième long-métrage de la réalisatrice mexicaine Alejandra Marquez Abella, La Bonne Réputation s’inspire d’un recueil de chroniques mondaines de Guadalupe Loaeza, qui avait croqué dans ses écrits les turpitudes de la haute bourgeoisie mexicaine, généralement peu traitée dans l’art, que ce soit dans la littérature ou au cinéma. On lui préfère souvent les bas-fonds, les favelas, la misère sociale mais rares sont ceux qui se sont penchés sur les « nantis ». Et pourtant, aux yeux de la cinéaste, ils sont un vecteur parfait pour comprendre certaines choses. Alors que La Bonne Réputation situe son action au lendemain de la crise économique de 1982, le film se sert du passé pour mieux illustrer le présent du Mexique.

Sans jugement, sans méchante ironie ou volonté de moquerie critique, La Bonne Réputation dépeint subtilement un microcosme frivole dont le quotidien tourne exclusivement autour du luxe, des déjeuners au restaurant, des parties de tennis et du shopping. Mais ce regard sur l’oisiveté de ces femmes riches constamment endimanchées n’a de cesse de service qu’un propos sur la société mexicaine frappée par une crise profonde qui a touché tous les étages. Tout est observé via Sofia, qui voit son monde vaciller sans crier gare.

C’est surtout grâce à une mise en scène inspirée et intelligente que la cinéaste fait passer ses intentions. A plus d’une reprise, elle centre son objectif sur le visage de sa comédienne (fabuleuse Ilse Salas), resserrant volontairement le champ visuel pour l’isoler de ce qui l’entoure, alors poussé comme un lointain brouhaha hors-champs. Cette rhétorique formelle symbolise ce qu’entend raconter La Bonne Réputation, l’histoire d’une femme isolée avec ses peurs de tout perdre et qui s’efforce de faire bonne figure en société pour masquer son inquiétude. En cela, l’actrice Isle Salas se met au diapason de sa réalisatrice, faisant passer énormément de choses par ses expressions. Tout le film reposait sur son jeu et fort heureusement, son talent et son jeu tout en nuances véhiculent ce qui est lancé par les choix formels.

Reste qu’au final et en dépit de ses nombreuses qualités, le film ne parvient pas à laisser un souvenir impérissable et il n’en reste que peu de choses à l’arrivée faute d’implication. Pourtant, l’idée de tout perdre du jour au lendemain (que l’on soit riche ou non) est une thématique universelle mais en ayant un microcosme aussi spécifique comme sujet, une connexion émotionnelle peine à se créer.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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