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L’AMOUR DEBOUT de Michaël Dacheux : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : L’Amour Debout
Père : Michaël Dacheux
Date de naissance : 2018
Majorité : 30 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h23 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique

Livret de famille : Paul Delbreil, Adèle Csech, Samuel Fasse…

Signes particuliers : Rohmer, Rivette, Eustache, ils sont tous là dans L’Amour Debout, ou du moins leurs ombres.

LE RETOUR DE LA NOUVELLE VAGUE ?

LA CRITIQUE DE L’AMOUR DEBOUT

Synopsis : Martin, dans un dernier espoir, vient retrouver Léa à Paris. Ils ont tous deux vingt-cinq ans et ont vécu ensemble leur première histoire d’amour. Désormais, chacun s’emploie, vaille que vaille, à construire sa vie d’adulte.

Il était une fois un passionné de cinéma monté à Paris pour tenter de vivre son rêve. Et aujourd’hui, le voilà qui se concrétise. Michael Dacheux a débarqué dans la capitale en provenance des Landes il y a quelques années, avec l’espoir d’entrer dans le sacro-saint monde du cinéma. Le jeune mordu de cinoche qu’il était y est arrivé, il a connu quelques expériences (d’assistant réa, de scénariste ou de monteur), il a même réalisé deux court-métrages. Et ce bagage l’a mené à L’Amour Debout, sa consécration personnelle, son premier long qui a connu les honneurs d’une présentation au festival de Cannes (en clôture de l’Acid). L’Amour Debout, c’est aucune star et pas mal de nouveaux visages, c’est un film indépendant modeste qui veut essayer de faire un peu parler de lui, c’est enfin un effort fragile entre la romance, le drame mélancolique et la comédie initiatique. A le regarder comme ça de loin, on a l’impression d’être face à une trouvaille rappelant Les Etoiles Restantes de Loïc Paillard, cette petite bulle de charme qui nous avait tant séduit l’an passé. Malheureusement, si les apparences sont proches, les intentions et le résultat ne sont pas du tout les mêmes.

Impossible de vraiment détester cet Amour Debout, attachante balade comico-existentielle signée d’un jeune auteur qui, de toute évidence, voue un amour infini au septième art. Sur le papier, le film de Michael Dacheux évoque une sorte de (500) Jours Ensemble à la française, avant de s’offrir plutôt comme une amusante parenthèse lorgnant du côté d’Eric Rohmer ou de Jacques Rivette. Mais pas qu’eux. Tout au long de sa petite promenade poétique, L’Amour Debout évoque la Nouvelle Vague en général, Jean Eustache en particulier, comme s’il essayait autant de la ressusciter que de lui rendre hommage avec son minimalisme formel et narratif, son caractère presque improvisé et ses dialogues clamés de manière très théâtrale. Sans moyens et avec seulement l’envie de faire du cinéma dans son essence la plus pure, Dacheux parvient à titiller la touche sympathie du spectateur, lequel s’amuse et s’attendrit des parcours doux-amers de ces deux anciens amoureux qui essaient de se reconstruire sur les quatre saisons d’une année (autre référence au film de Marc Webb mais surtout à Rohmer et son Conte des Quatre Saisons), en partant de leur naïveté typique d’un premier amour qui disparaît progressivement au fur et à mesure que croît leur maturité. En somme, L’Amour Debout est une sorte de conte initiatique filmant le passage de l’âge « adulte » à l’âge… adulte.

Malheureusement, le fameux « capital sympathie » si souvent évoqué a aussi ses limites, et il est impossible de miser uniquement sur celui-ci pour espérer transformer un essai. Utilisant le personnel pour aller vers l’universel (on sent que Dacheux parle un peu de son vécu), L’Amour Debout a du charme dans son côté un brin lunaire, dans la sincérité qui l’habite et la tendre bienveillance qui l’anime. Même dans ses maladresses artistiques. Mais là où Loïc Paillard avait su séduire l’année dernière avec ses Étoiles Restantes, film fauché comme les blés mais plein d’idées et de grâce, Michael Dacheux a plus de mal avec son effort brinquebalant qui trahit sans cesse son amateurisme regrettable. A Commencer dans sa mise en scène un peu rustre voire parfois franchement non-esthétique, alors qu’un simple effort pour juste composer un cadrage correct aurait déjà pu suffire. Et si l’on éprouve une envie de bienveillance, le film ne rend pas vraiment la tâche facile. Mal joué et pas très bien fagoté, on sent et voit à chaque plan le « cinéma », les « action » et « coupez », les cadrages, le mécanisme des scènes, les mouvements, les dialogues sur-écrits, sur-appris et surjoués… Aucune spontanéité, aucun naturel n’intervient pour embellir les séquences. À tel point que l’on se demande s’il s’agit d’un parti pris intentionnel ou simplement le résultat d’un très mauvais casting qui a amené à dénicher des comédiens à peine envisageables pour un spectacle amateur de fin d’année.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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