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JEUNE JULIETTE de Anne Émond : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Jeune Juliette
Mère : Anne Emond
Date de naissance : 2019
Majorité : 11 décembre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Québec
Taille : 1h37 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Robin Aubert…

Signes particuliers : Drôle et tendre.

VOUS NE RÉSISTEREZ PAS A LA TORNADE JULIETTE

NOTRE AVIS SUR JEUNE JULIETTE

Synopsis : Juliette est effrontée, malicieuse, un peu grosse et menteuse. Elle n’est pas vraiment populaire au collège, mais c’est pas grave : c’est tous des cons ! Juliette a 14 ans et elle croit en ses rêves. Pourtant, les dernières semaines de cours se montreront très agitées et vont bousculer ses certitudes sur l’amour, l’amitié et la famille… 

S’il ne parle pas forcément au grand public, le nom d’Anne Émond est en revanche bien connu dans le petit monde des festivals. La réalisatrice québécoise a en effet pris l’habitude de voyager aux quatre coins de la planète avec ses films, systématiquement sélectionnés dans les plus prestigieuses manifestations cinématographiques. Après Nuit #1, Les Êtres Chers et Nelly, Jeune Juliette est son quatrième long-métrage, à n’en pas douter son plus personnel… et peut-être son meilleur à ce jour. Portrait d’une jeune adolescente irrésistible, la Jeune Juliette du titre est rondelette, malicieuse, un peu menteuse, très intelligente, pas vraiment populaire dans son collège mais qu’importe, ce sont tous des cons dit-elle avec son amie.

Pétillant. C’est probablement le mot qui conviendra le mieux pour définir ce chouette portrait d’une ado pleine de contrastes, comme à peu près toutes et tous les ados. La jeune Juliette n’est ni vraiment ceci ni vraiment cela, elle n’est pas pleine de certitudes mais pas forcément paumée non plus, elle n’a pas un moral d’acier mais elle ne se laisse pas abattre, elle assume ce qu’elle est mais parfois ça peut faire mal quand même. Bref, à l’image de bien des adolescents normaux et à l’opposé des clichés qu’aiment tant véhiculer le « teen cinéma » qui range toujours dans des cases pour faire fonctionner ses intrigues, Jeune Juliette est libre comme l’air, il vagabonde au gré des errances de son attachante protagoniste et nous entraîne dans un maelström à la fois drôle et émouvant, mais surtout d’une touchante sincérité. Dans un genre ultra-balisé et qui voit fleurir pelletée de films chaque année, Jeune Juliette réussit à souffler un vent d’air frais grâce à son authenticité et surtout à l’incroyable capital sympathie que dégage sa truculente héroïne, facétieusement et fabuleusement incarnée par une Alexane Jamieson au panache frondeur aussi mignon que grisant.

Alors que le film remue de thématiques labourées jusqu’à l’overdose comme l’âge ingrat, l’acceptation de soi, ou les premiers émois amoureux, Jeune Juliette parvient à surprendre par son intelligence. La réalisatrice Anne Émond a mis beaucoup d’elle-même dans ce récit pas autobiographique mais « inspiré de ». Mais ce n’est pas cela qui fait la différence et nimbe le film d’un climat de tendresse. La différence se crée parce que Jeune Juliette n’a jamais besoin d’en faire des tonnes sur rien. Il se contente de se laisser délicatement glisser sur cette histoire de changement et de porter un regard le plus neutre possible sur une adolescente qui gagne progressivement en confiance et en maturité. Parce que finalement, l’émancipation est une aventure et le sujet est assez porteur en soi. Pas besoin donc d’être impertinent, niaiseux ou décalé, la justesse suffit à insuffler tous les ingrédients nécessaires pour habiter l’histoire. Alors que le spectateur contemple entre rire et émotion le parcours de cette magnifique Juliette, des tas de choses viennent border sa trajectoire et lui donner de l’épaisseur. L’air de rien et sans forcer le trait, Anne Émond évoque la rudesse d’un système qui ne parvient pas à être aussi inclusif qu’il le voudrait, elle évoque l’imaginaire comme évasion thérapeutique, les questions des modèles dominants et des normes sociales, le fléau de l’exclusion et tend non pas vers le moralisme mais vers l’idée que tout devrait passer par la pédagogie. Enrichissant, sympathique comme pas deux et tendre, Jeune Juliette est un vrai joli film que l’on prend vite en affection.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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