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GENTLEMEN CAMBRIOLEURS de James Marsh : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : King of Thieves
Père : James Marsh
Date de naissance : 2018
Majorité : 27 mars 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h46 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Michael Caine, Tom Courtenay, Jim Broadbent, Ray Winstone, Michael Gambon, Charlie Cox…

Signes particuliers : Un potentiel pas très bien exploité.

L’HISTOIRE DU PLUS GROS CASSE BRITANNIQUE

LA CRITIQUE DE GENTLEMEN CAMBRIOLEURS

Synopsis : Célèbre voleur dans sa jeunesse, Brian Reader, veuf âgé de 77 ans, réunit une bande de criminels marginaux sexagénaires pour fomenter un cambriolage sans précédent à la salle des coffres de la société Hatton Garden Safe Deposit (HGSD).

Une comédie avec Michael Caine sur des seniors qui se lancent dans l’organisation d’un braquage de haut-vol, on a déjà vu ça, et même il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, avec le très moyen Braquage à l’ancienne de Zach Braff, où la légende britannique partageait l’affiche avec Morgan Freeman et Alan Arkin. Pourtant, cela n’a pas empêché pas ce Gentlemen Cambrioleurs de voir le jour. Mais Michael Caine n’en avait visiblement pas terminé avec sa carrière de bandit retraité. Rebelote et redite ? Pas tout à fait. Car les deux films se ressemblent de loin, ils ne sont pas si semblables que ça quand on jette un œil plus attardé. Basé sur une histoire vraie qui a défrayé la chronique judiciaire anglaise en 2015, Gentlemen Cambrioleurs porte à l’écran le récit du cambriolage de la Hatton Garden Safe Deposit Limited, considéré par certains comme le plus gros casse de l’histoire britannique. A tel point que depuis l’affaire, déjà un film, une série et trois livres ont vu le jour sur cette histoire ! A l’origine du projet qi remonte à quatre ans déjà, Daniel Day Lewis. Le comédien avait passé un coup de fil au producteur Tim Bevan pour lui demander s’il avait vu cette incroyable histoire et que ça ferait un bon sujet de film. La suite est aussi anecdotique que drôle :

  • « C’est clair, tu voudrais jouer dedans ? ».
  • « Non, mais ça ferait quand même un super film ! »

Et même si le résultat n’est pas aussi emballant qu’espéré, Daniel Day Lewis n’avait pas tort. Dès les premières minutes, on est clairement dans une comédie sur un groupe de vieux pieds-nickelés qui tentent l’impensable, braquer une banque au coffre fort lourdement chargé. Et le résultat n’est franchement pas plus folichon qu’une messe un dimanche matin pluvieux. D’autant que le faiseur James Marsh (Une Merveilleuse Histoire du temps) qui est aux commandes, n’aide vraiment pas avec sa mise en scène complètement dans les choux et son sens aigu du montage charcutier (clignez des yeux et vous loupez 18 plans en rafale). Mais surtout, Gentlemen Cambrioleurs se montre mollasson, poussif et vieillot, seulement pimenté par quelques plaisanteries assez amusantes sur l’âge des personnages qui peinent à accomplir leur braquo entre leurs hanches en miette, leur sonotones dysfonctionnels et leur envie de pisser toutes les 30 secondes. Puis à mi-parcours, post-braquage, Gentlemen Cambrioleurs change de ton et commence à distiller quelques pistes intéressantes alors qu’il quitte la comédie pour glisser vers le terrain du polar amer.

Quand il laisse derrière lui l’ubuesque de cette improbable histoire rigolote mais déjà-vu mille fois pour assombrir son ambiance, Gentleman Cambrioleurs devient étrangement un autre film. Même James Marsh devient un autre réalisateur, multipliant plans et idées de mise en scène bien plus inspirés. En révélant la vraie nature de ces papis flingués par l’âge, en réalité des gangsters redoutables et loin d’être les copains sympathiques que l’on croyait, le film fait tomber les masques et d’une joyeuse équipe de vieux briscards amusants, on passe au portrait d’un monde impitoyable où les truands d’un jour resteront des truands de toujours. La légèreté s’envole, le film devient plus noir, les protagonistes plus cyniques, et ce « nouveau film » naissant devient plus intriguant. Intriguant mais frustrant. Dommage que James Marsh semble tant hésiter à embrasser pleinement ce nouveau visage et que la cruauté qui s’infiltre discrètement dans le scénario ne soit pas plus assumée, restant dans l’ombre de quelques scènes et flash-back furtifs dessinant une possible crime story nihiliste et dramatique qui ne reste qu’à l’état de bulbe non germé. Car il y avait un vrai sujet là-derrière, autour de ce jeu de manipulations et de trahisons orchestrées par ces amis d’apparence prêts à tout pour se déchirer pour un tas de billets. Un sujet que Marsh esquisse de loin plutôt que d’en faire le cœur de son film.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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