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AU NOM DE LA TERRE d’Edouard Bergeon : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Au nom de la Terre
Père : Edouard Bergeon
Date de naissance : 2018
Majorité : 25 septembre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h43 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon, Rufus…

Signes particuliers : Le réalisateur Edouard Bergeon raconte son histoire à travers un film engagé.

UNE CAUSE IMPORTANTE À DÉFENDRE

NOTRE AVIS SUR AU NOM DE LA TERRE

Synopsis : Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années. 

Venu du journalisme et plus particulièrement de la maison France Télévisions, Édouard Bergeon s’était fait remarquer avec un documentaire poignant (Les Fils de la Terre) qui dressait un constat accablant sur le quotidien des agriculteurs français d’aujourd’hui, embourbés dans un système assassin. Aujourd’hui, le réalisateur devient cinéaste. Avec Au Nom de la Terre, il raconte quelque chose qui avait déjà nourri son précédent documentaire, l’histoire de son père. Agriculteur en Mayenne, ce dernier avait subi de plein fouet la mondialisation, la doctrine dogmatique du rendement à tout prix et notamment au mépris de la qualité. Tout s’était alors enchaîné, dettes, dépression, cercle vicieux inextricable. L’histoire de son père a été emblématique d’un vrai sujet de société actuel pour Bergeon qui, avec un Guillaume Canet ultra-engagé a ses côtés, se lance désormais dans un véritable combat politique, avec le cinéma comme arme de bataille. Il l’avoue lui-même, « je ne suis pas cinéaste » mais force est d’avouer que le cinéma est un bon véhicule pour les messages importants car il touche en masse.

Aujourd’hui, un agriculteur se suicide en moyenne chaque jour. Aujourd’hui, près d’un tiers d’entre eux vivent avec moins de 400€ par mois. Aujourd’hui, la malbouffe est responsable d’un véritable gouffre pour la sécurité sociale, et surtout d’un nombre important de cancers. L’heure est à la prise de conscience et se contenter des trois lettres magiques contenues dans l’inscription « Bio » sur des packaging marketés ne suffit plus. C’est ce que défend Au Nom de la Terre à travers une fresque familiale agricole, un fresque dramatique sans doute un peu tire-larmes il est vrai (en même temps difficile de réécrire une histoire authentiquement tragique), mais portée à bout de bras par la sincérité de son auteur et la conviction profonde de son comédien vedette. Son comédien justement, un Guillaume Canet saisissant dans le costume de cet agriculteur embourbé dans une voie sans issue, bien entouré d’une émouvante Veerle Baetens et du jeune Anthony Bajon (qui n’a de cesse de prouver son talent depuis Les Ogres et La Prière). Réalisé avec des inspirations de western et surtout de thriller sous tension, Au Nom de la terre pourrait s’apparenter à du Ken Loach à la française. Du cinéma engagé auprès de laissés-pour-compte que l’on a abandonné dans leur galère, quand on ne les pointe pas scandaleusement du doigt comme responsable de tous les maux alimentaires de notre époque. A défaut d’être exceptionnel cinématographiquement parlant, quoiqu’il se défend très honorablement avec ses belles images et quelques plans puissants, Au Nom de la terre est au moins un film important qui participe par la fiction, au débat sur un système économique mal fichu face auquel on peut tous faire quelque chose en changeant nos modes de consommation.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

One thought on “AU NOM DE LA TERRE d’Edouard Bergeon : la critique du film

  1. tres beau film surtout tres bien joue et tellement vrai
    en voyant ce film j’ai pris conscience de ce métier si dur
    ( pourquoi ) et bien parce que mon ami de 61 ans qui avait un cheptel de 150 bovins s’est pendu le 13 avril
    Il avait travaillé toute sa vie, et en plus venait d’apprendre qu’il avait la maladie de PARKINSON.
    Il avait du mal à accepter cette retraite pourtant bien méritée mais la maladie a été plus forte et il n’a pas supporté
    trop jeune pour finir ainsi

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