CHIEN de Samuel Benchetrit : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Chien
Père : Samuel Benchetrit
Date de naissance : 2018
Majorité : 14 mars 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique

Livret de famille : Vincent Macaigne, Bouli Lanners, Vanessa Paradis…

Signes particuliers : Un délicieux mélange de drôlerie et d’intelligence

VINCENT MACAIGNE TRAITÉ COMME UN CHIEN

LA CRITIQUE DE CHIEN

Résumé : Jacques Blanchot perd tout: sa femme, son travail, son logement. Il devient peu à peu étranger au monde qui l’entoure, jusqu’à ce que le patron d’une animalerie le recueille. 

Après s’être un peu perdu avec son pompeux Asphalte, drame prétentieux pour pas grand-chose, Samuel Benchetrit revient avec un OFNI délicieusement barré. Adapté de son propre roman éponyme, Chien raconte la déchéance d’un homme, mis à la porte par sa femme sous prétexte d’une maladie de peau très rare dont il serait la cause, et qui va décliner jusqu’à n’être plus qu’un chien aux yeux de la société. L’iconoclaste Vincent Macaigne prête son jeu toujours aussi lunaire à ce personnage quasi-irréel, entouré de l’élégante Vanessa Paradis et d’un Bouli Lanners plus taré que jamais.

Avec Chien, Samuel Benchetrit nous plonge dans un cinéma radicalement anti-conformiste, sorte de fable cruelle et fortement teintée d’humour noir, rappelant par moments le cinéma très singulier d’un Quentin Dupieux. À travers le portrait de cette dégringolade sociale d’un homme qui n’a pas les armes pour se défendre face à la cruauté de son espèce, un peu comme un chien victime du règne impitoyable de l’homme, Benchetrit signe une comédie dramatique, ou plutôt un drame très ironique, qui illustre sur le ton de la métaphore, la déshumanisation de notre société moderne, capable de traiter des hommes comme des chiens pour peu qu’ils ne soient pas en mesure de réagir. Et aux entournures de son film, Benchetrit de parler également de ces marginaux qui ont tout perdu à la suite d’un enchaînement de circonstances malheureuses, de ces déchus qui semblent être éjectés du monde et à qui l’on ne voit plus aucune utilité. D’hommes, ils deviennent des chiens, voire même pire, encore moins considérés que nos amis canins. Le constat est amèrement drôle, et drôlement amer. À l’heure où la comédie française a trop tendance à se limiter à des entreprises populaires assez dociles, Chien vient rappeler qu’une autre forme d’humour est possible. Singulier, le voyage est plus exigeant mais surtout très intelligent.

BANDE ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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