THE MONUMENTS MEN de George Clooney
Critique – en salles (comédie, guerre)

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Carte d’identité :
Nom : The Monuments Men
Père : George Clooney
Livret de famille : George Clooney (Stokes), Matt Damon (Granger), John Goodman (Garfield), Bill Murray (Campbell), Jean Dujardin (Jean-Claude), Dimitri Leonidas (Epstein), Bob Balaban (Savitz), Cate Blanchett (Claire), Hugh Bonneville (Jeffries)…
Date de naissance : 2013
Majorité : 12 mars 2014 (en salles)
Nationalité : USA
Taille : 1h58
Poids : Budget : 70 millions $

Signes particuliers (+) : George Clooney s’y applique et parvient à retrouver au moins l’esprit des comédies de guerre savoureuses des années 60 façon Les Douze Salopards ou La Grande Evasion, avec un film au sujet sérieux et dramatique mais non dénué d’humour et de légèreté. Et quel casting !

Signes particuliers (-) : Mais, The Monuments Men est une Monuments Déception. A vouloir conjuguer le divertissement-spectacle et son ton habituel plus intimiste et personnel, Clooney rate le mélange des ingrédients. Rythme monotone, longueurs, émotion absente, mise en scène plate à l’image de son scénario ankylosé, personnages au traitement inégal, The Monuments Men multiplie les maladresses dans une sorte de succession de plaisantes saynètes sympathiques sans intensité.

 

UN NOBLE HOLD-UP AU NOM DE L’ART. WHAT ELSE ?

LA CRITIQUE

Résumé : La plus grande chasse au trésor du XXe siècle est une histoire vraie. MONUMENTS MEN est inspiré de ce qui s’est réellement passé. En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…21045695_20131002093555356.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’INTRO :

Fasciné par l’étonnante histoire réelle et méconnue d’une douzaine d’hommes membres de l’escouade auto-surnommée « The Monuments Men », George Clooney s’empare d’un roman de Robert Edsel qui s’est attaché à narrer le périple de cette bande de non-soldats, essentiellement des historiens ou conservateurs de musées, lancés dans une course effrénée à la protection et à la récupération des œuvres d’arts volées par les Nazis dans l’Europe de 1944, au lendemain du débarquement Allié. Sous l’impulsion d’une Section gouvernementale américaine créée afin de défendre le patrimoine artistique dans les zones en guerre et validé par Eisenhower, ce programme emmené par quelques hommes courageux qui ont tout abandonné au nom de la défense de l’art dans une Europe ravagée par la fin de la guerre, a permis de sauver quantité de pièces illustres qui sinon, auraient probablement disparu avec la chute du nazisme et ce, afin de les rendre à leurs propriétaires spoliés.

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L’AVIS :

Malgré un sujet passionnant et instructif et une distribution alléchante, The Monuments Men est une désillusion à la mesure de l’attente suscitée par cette dernière réalisation d’un artiste complet, aussi fabuleux comédien qu’il n’est fin producteur et talentueux cinéaste. Un bref coup d’œil porté à sa filmographie révèle vite que jusqu’ici, la carrière de metteur en scène de George Clooney n’avait rien d’éperdument populaire. En tant que réalisateur, il s’est toujours attaché à des projets sérieux, pas vraiment formaté « blockbuster grand public » mais au contraire œuvres plus personnelles et généralement engagées dans la défense d’un propos. The Monuments Men marque une semi-rupture dans le ton jusque-là adopté. Si Clooney reste fidèle à lui-même avec un film qui cherche à défendre des idées fortes, résonnantes d’actualité encore 70 ans après les faits évoqués, il conjugue son cinéma habituel à un style davantage commercial et accessible au plus grand nombre. Malheureusement, ce mélange ambitieux peine à prendre et The Monuments Men se retrouve vite branlant, le fessier posé entre deux chaises. Ni vraiment grande distraction aventureuse ni film d’auteur intimiste, sa difficulté à se situer lui est handicapante et mène vers une petite déception.

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Pourtant, les visées avouées par ce dernier effort « Cloonesque » sont largement atteintes. La tentative de renouer avec un certain cinéma de guerre aventureux emblématique des années 60, prenant place dans un contexte tragique et grave mais pimenté par un humour conférant légèreté et bonhomie, est sans conteste une réussite. Pour résumer l’esprit de son exercice, Clooney cite volontiers certains illustres classiques comme La Grande Evasion, Les Canons de Navarone ou Les Douze Salopards. Et pour le coup, on lui concèdera que son film apparaît comme une authentique revival de ces productions d’une époque pas encore frappée par le cynisme post-Vietnam. Légèreté divertissante, personnages hauts en couleur, vivacité de répliques juteuses, humour qui fait mouche, thème musical qui reste en tête (signé Alexandre Desplat), The Monuments Men tient son esprit. Dommage qu’il ne tienne pas avec lui, une véritable incarnation de son sujet…jean-dujardin-monuments-men

Les problèmes structurels de The Monuments Men sont si évidents qu’on a encore du mal à comprendre comment le cinéaste a pu ainsi se laisser prendre par la débâcle du sol mouvant sur lequel repose son entreprise. Script trop plat, mise en scène sans relief, longueurs, scènes inutiles ou télégraphiées, séquences et bavardages sans finalité, montage narratif maladroit et à trous, personnages à la consistance inégale, rythme monocorde d’un bout à l’autre, absence de variation dans l’intensité, l’affect ou l’émotion, The Monuments Men affiche ses maladresse et carences dans un résultat qui a tout du film tiraillé entre le plaisant et l’échec d’inspiration. Douce aventure exaltante mais ankylosée dans sa tension, seulement parsemée de petits sursauts amusants ou intelligents laissant espérer des choses qui ne viennent jamais, The Monuments Men ne trouve jamais le bon pli qui le ferait décoller au-delà de la succession un peu terne de saynètes mal reliées dans un chaos scénaristique qui fait écho à celui de la guerre à l’image. Dommage et frustrant. D’autant que la réflexion nourrie par le film sur le patrimoine artistique et l’importance qu’il revêt dans la personnification d’une culture, est intéressante. Restent des regrets devant un rendez-vous manqué avec un film pourtant sympathique.

Voir aussi :
– On était à la conférence de presse du film.
– On a assisté à l’avant-première sur les Champs-Élysées en présence de l’équipe.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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