SOMEWHERE (critique)

Partagez cet article
0 votes

Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Somewhere
Père : Sofia Coppola
Livret de famille : Stephen Dorff (Johnny Marco), Elle Fanning (Cleo), Chris Pontius (Sammy), Michelle Monaghan (Rebecca), Lala Slotman (Layla), Aurélien Wiik (le français)…
Date de naissance : 2011
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h38 – 7 millions $

Signes particuliers (+) : Un joli film intimiste, drôle, tendre et juste, sublimé par son duo de comédiens dont la révélation Elle Fanning. Toute la magie touchante du cinéma de Coppola fille.

Signes particuliers (-) : Quelques toutes petites longueurs.

 

DIS PAPA, C’EST QUOI CETTE BOUTEILLE D’ALCOOL ?

Résumé : Célèbre acteur hollywoodien, Johnny Marco enchaîne les soirées, les conquêtes, picole, s’éclate avec ses potes… Bref, la vie de star. Un beau matin, son ex-femme lui confie pour quelques semaines sa fille Cléo, dont Johnny ne s’est jamais vraiment occupé. L’occasion inespérée pour apprendre à se connaître, à s’apprivoiser, pour nouer une relation père-fille absente et qui pourrait amener du sens à la vie ce cet acteur finalement bien seul…

Couronné du lion d’or au festival de Venise 2010, voici venir le nouveau « Sofia Coppola » devenue en l’espace de quelques films, l’idole d’une certaine intelligentsia cinématographique. Une notoriété aucunement usurpée tant on ne peut qu’apprécier ses études sensibles sur le sentiment de solitude de personnages souvent paumés en proie à une terrible mélancolie proche de la dépression latente. Virgin Suicides, Marie-Antoinette, Lost in Translation… En quelques films, Sofia Coppola s’est construite une carrière extraordinairement cohérente et ce n’est pas ce nouveau cru qui va déroger à la règle.

Et c’est un beau cru made in Coppola daughter qui nous est offert ici. Aussi touchant que drôle, Coppola abandonne les effets de mise en scène de son précédent Marie-Antoinette et revient à un cinéma plus épuré façon Lost in Translation, se concentrant uniquement sur ses personnages et sur les émotions, le tout une fois de plus bercé par une BO magnifique. Car que serait Sofia Coppola sans ses BO rock ?! Sans être forcément son meilleur film à ce jour, la cinéaste signe une fois de plus un film délicat à l’écriture tout en sensibilité contant la trajectoire d’un acteur avant tout un homme dont la vie pourtant riche masque un profond sentiment de désespoir et de solitude tant elle est vide de sens réel. Et c’est les retrouvailles proches comme jamais avec sa fille qui vont venir combler ce vide. Somewhere reprend en quelque sorte la recette de base de Lost in Translation pour disséquer la mélancolie humaine d’êtres écorchés vifs sous un autre angle. Une fois de plus, c’est une relation humaine profonde qui va bouleverser les attentes, les buts d’un homme révélant un principe aussi simple qu’éculé : l’argent ne fait pas le bonheur. Johnny Marco est une star, Johnny Marco est riche, Johnny Marco est beau, Johnny Marco a presque tout pour lui… Mais Johnny Marco n’est pas heureux pour autant tant il a ce sentiment de manque de quelque chose qui le plonge dans une sorte de crise existentielle. Et c’est ce hasard de la vie plaçant sa fille, pour laquelle il a toujours un modèle de père absent, qui va le pousser à sonder les abîmes dans lesquelles il a sombré.

Coup réussi en tout cas, une nouvelle fois serait-on tenté de dire. Sans se renouveler formellement ou thématiquement, Sofia Coppola poursuit dans ce qu’elle sait faire et montre une fois de plus, ses remarquables qualités dans la direction d’acteur avec ici un bluffant Stephen Dorff, trop rare à l’écran, qui crée la magie avec l’aide de la nouvelle venue dans la famille Fanning, la petite Elle, soeur de Dakota, qui éblouit la toile.

Bande-annonce :

3 commentaires à propos de “SOMEWHERE (critique)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.