LAST FLAG FLYING de Richard Linklater : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Last Flag Flying
Père : Richard Linklater
Date de naissance : 2017
Majorité : 17 janvier 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h04 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique

Livret de famille :  Steve Carell, Bryan Cranston, Laurence Fishburne…

Signes particuliers : Le nouveau Richard Linklater souffre d’une inspiration chronique.

LES COPAINS D’ABORD

LA CRITIQUE DE LAST FLAG FLYING

Résumé : En 2003, Larry « Doc » Sheperd, un ancien médecin de la Navy, retrouve Sal Nealon, un gérant de bar et le révérend Richard Mueller. Tous les trois ont combattu ensemble au Vietnam mais ils ne s’étaient pas revus depuis trente ans. Larry est venu leur demander de l’accompagner aux funérailles de son fils, mort au combat en Irak et dont le corps vient d’être rapatrié aux Etats-Unis. Sur la route, l’émotion se mêle aux fous-rires car les trois hommes voient leurs souvenirs remonter et ils retrouvent leur camaraderie…

On était curieux de voir comment Richard Linklater allait se sortir de la formidable expérience Boyhood, long-métrage quil a porté (et tourné) pendant plus dune douzaine dannée. La réponse fut donnée avec lencourageant Everbody Wants Some !!, chronique à la fois amusante et anecdotique, sur le quotidien de jeunes sportifs universitaires dans les années 80. Avec Last Flag Flying, son nouveau long-métrage au casting trois étoiles (Steve Carrell, Lawrence Fishburne et Bryan Cranston), le réalisateur part en voyage et va osciller entre le road-movie et le film de bande. Lhistoire des retrouvailles de trois vieux camarades du Vietnam, qui vont se réunir trente ans plus tard à loccasion des funérailles du fils de lun deux, mort au combat en Irak.

Avec Last Flag Flying, Richard Linklater signe probablement son film le moins réussi et le moins inspiré à ce jour. Une œuvre poussive et verbeuse, qui entremêle réflexion sur la guerre, le deuil, l’amitié, l’Amérique, le sentiment d’appartenance ou le patriotisme. En réalité, Last Flag Flying pourrait même se résumer ainsi, comme un film de réflexions, qui au gré des échanges entre ses truculents personnages, dresse le portrait de l’Amérique désenchantée d’aujourd’hui face à son histoire lointaine et récente, passée et actuelle. Une Amérique qui semble condamnée à revivre ses mêmes traumas de façon chronique, car les mêmes erreurs sont reproduites, car le même l’orgueil l’habite, car derrière l’évolution de la société, se cache un immobilisme des actions. Mais ce road movie tragi-comique alternant les épisodes de drame mélancolique et de comédie cocasse, ne trouve jamais sa bonne vitesse de croisière et s’embourbe dans le trop-plein de sujets qu’il aborde tout au long de cette (trop) longue balade. L’ennui finit par prendre en étau un exercice qui se voudrait vif et captivant au-delà de son ton crépusculaire, mais qui sonne étrangement creux derrière ses thématiques de façade mal creusées et enfonçant des portes ouvertes avec un élan maladroit. L’humanité et l’émotion finissent alors par sombrer derrière le non-rythme et la paresse dune entreprise si occupée à se focaliser sur son fond, quelle en oublie de soigner sa forme. Et puisque lon parle du « fond », autant dire que le discours général passant du pseudo-anarchisme fatiguant à lultra-conversatisme gluant, naidera franchement pas à se délecter des discussions souvent réac qui alimentent ces fastidieuses péripéties.

On commence à connaître Richard Linklater et sa propension à parler de la vie en général à travers des chroniques où l’émotion se mêle au rire, sur fond de réflexions existentielles et de regard posé sur les réussites et les échecs de personnages en pleine introspection. C’est encore une fois, comme avec sa trilogie des Before ou Boyhood, le cœur et l’âme de ce Last Flag Flying. Mais il manque cette fois du liant narratif à cette œuvre à l’âme fleuve, qui à travers des retrouvailles, revisite des vies en mettant en lumière des destinées et des regrets. Un liant qui aurait pu également aider à équilibrer un mélange de comédie et de drame qui peine à fonctionner.

BANDE ANNONCE :

Par David Huxley

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