LA MALÉDICTION DE CHUCKY de Don Mancini
Sortie DVD – critique (horreur)

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La-Malédiction-de-ChuckyMondo-mètre :
note 5.5
Carte d’identité :
Nom : Curse of Chucky
Père : Don Mancini
Livret de famille : Fiona Dourif (Nica), Brad Dourif (Charles Lee Ray/Chucky), Danielle Bisutti (Barb), A. Martinez (Père Frank), Brennan Elliott (Ian), Maitland McConnell (Jill), Chantal Quesnelle (Sarah), Summer Howell (Alice), Jennifer Tilly (Tiffany), Alex Vincent (Andy)…
Date de naissance : 2012
Majorité au : 1er novembre 2013 (en DVD)
Nationalité : USA
Taille : 1h31
Poids : 8 millions $

Signes particuliers (+) : Le retour de Chucky pouvait laisser présager le pire, dans la lignée des dépoussiérages de classiques d’un temps aujourd’hui révolu. Finalement, pas de panique, il est plutôt correct. Sympathique et agréable, une série B sans prétention qui amuse et alimente une petite soirée placée sous la bonne étoile du genre. Très référentiel et bien ancré dans la franchise, ce nouvel opus distrait avec ses meurtres bien exécutés et vintage et sa poupée terrifiante qui n’a pas changé d’un poil. Un festival d’humour et d’hémoglobine agrémenté d’une flopée de caméo réjouissants. Un DTV honnête.

Signes particuliers (-) : Ce sixième volet reste cependant très anecdotique aussi bien dans la saga que dans la production du genre en général. Peu ambitieux, globalement poussif dans l’écriture et pas follement imaginatif, il se paye, comme on pouvait s’y attendre, une ribambelle de maladresses et de faiblesses qui en font juste un film amusant à défaut d’être un must.

 

POUPÉE DE CIRE ET SURTOUT DE SANG

Résumé : La meurtrière poupée Chucky refait son apparition dans une famille endeuillée, pour terroriser petits et grands dans leur grand manoir gothique et lugubre. Nica, coincée dans un fauteuil roulant, va devoir la combattre avec les armes à sa disposition alors son entourage se fait décimer…

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L’INTRO :

Comme Joe et son taxi chez Vanessa Paradis, pour Don Mancini, Chucky, c’est sa vie. Et pour le grand retour de la poupée tueuse dans une sixième aventure horrifique quinze ans après sa première apparition au cinéma, le créateur de ce mythe incontournable du cinéma de genre prend les commandes au scénario comme à la mise en scène, lui qui n’avait signé qu’une seule réalisation dans la saga, c’était en 2004 avec le dernier en date Fils de Chucky. Mais après tout, son bébé valait bien ça. Chucky était d’ailleurs absent des écrans depuis ce film là il y a neuf ans et la voilà qui renaît de ses cendres dans une série B programmée pour une sortie en DTV. Et parce que ce retour était un petit événement pour la communauté des amateurs de cinoche de genre, Chucky méritait bien un beau traitement. Don Mancini fait donc bien les choses, à commencer par un script très nostalgique qui ménage beaucoup de références à l’histoire de la franchise et qui bien entendu, convoque les indétrônables de l’aventure, en premier lieu Brad Dourif, interprète culte du personnage, qui aura été de tous les épisodes, mais aussi quelques surprises avec une ribambelle de retours assez jouissifs. Et le clin d’œil d’aller plus loin puisque l’héroïne centrale de ce Curse of Chucky alias La Malédiction de Chucky en français, de prendre comme héroïne principale rien de moins que sa fille, Fiona Dourif, petite beauté au visage atypique (ressemblant furieusement à son paternel) qui jusque-là n’avait tourné que dans des séries B anecdotiques et des séries télé (True Blood, Deadwood). Une confrontation sanglante père-fille, voilà qui a de la gueule sur le papier !

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Avec les nouveaux outils numériques à sa disposition (qui se viennent se mêler à l’animatronique old school), Don Mancini offre un nouveau look à sa poupée maléfique possédée par l’esprit de Charles Lee Ray et s’attache à au moins bien respecter l’univers de la saga. Chucky n’a pas changé d’un poil. Toujours aussi caustique, toujours aussi cynique, toujours aussi méchante, vulgaire, imaginative et sadique (une sorte de déclinaison en jouet de terrifiant Freddy en somme), cette Chucky version 2013 est sympathique et ne manque pas de piquant pour animer cette sorte de huis clos mettant aux prises une famille dysfonctionnelle et la vicelarde figurine meurtrière, dans une baraque lugubre où vivent une mère mentalement instable et son adulte de fille handicapée, coincée dans un fauteuil roulant (Fiona Dourif). Mais quinze ans après, que vaut réellement le retour de Chucky ? N’est-elle pas dépassée, d’un autre temps ? La crainte d’un revival poussif dans un contexte où le cinéma aime à aller piocher dans ses classiques par manque d’inspiration, est belle et bien réelle…

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L’AVIS :

Soyons honnêtes, La Malédiction de Chucky n’est pas un chef d’œuvre ni un grand film d’horreur. Toutefois, ce retour n’est franchement pas mal du tout non plus. Chucky est toujours Chucky et Don Mancini est toujours Don Mancini. En gros, pas vraiment de génie ni de créativité folle (mis à part de nombreux clins d’œil aux thrillers de De Palma), pas de surprise énorme ou de fun joyeusement gore décomplexé, mais un effort très sincère s’inscrivant dans la lignée de ce qui a été fait jusque-là, à savoir une petite série B agréable et distrayante mélangeant hémoglobine et humour dans un film d’horreur conduit très classiquement mais avec efficacité et sans ennui. Pour un DTV, on pouvait craindre un résultat fauché et peu ambitieux. Il n’en est rien. Soigné, cinégénique, ce sixième volet a d’emblée un look très avenant. Un bon point, le premier d’une belle série. Car au rayon des qualités de ce nouveau volet, on comptera un côté slasher bien conduit, pas spécialement transcendant quand les scènes de vie étire le film mais plutôt réjouissant dès que le film appuie sur la pédale et que la poupée fait des siennes. Meurtres imaginatifs et efficaces, rythme qui s’emballe, ambiance mi-flippante mi-débridée, on ne peut pas dire qu’on ne s’amuse pas devant ce retour réussi qui, par ailleurs, s’avère très respectueux de la mythologie et trouve des chemins dégagés (certes parfois maladroits et poussifs mais bon…) pour raccrocher les wagons avec l’histoire passée. Dans l’ensemble, ce nouvel opus est plutôt fun à défaut d’être hautement inspirée et alimente une bonne petite soirée en satisfaisant les fans de la première heure. Evidement, la fraîcheur est absente mais au moins, cette sequel qui vrille parfois vers le prequel à coup de flashback explicatifs, fait passer un bon moment à l’opposé d’un récent Massacre à la Tronçonneuse 3D de sinistre mémoire, qui flinguait une franchise à vouloir lamentablement jouer sur ce même crédo de la nouvelle aventure amarrée catastrophiquement à celle d’origine.

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Mi-suite mi-reboot puisant dans les illustres vestiges du genre, La Malédiction de Chucky est un nouveau volet mineur mais rigolo, alimenté de bonnes intentions et ménageant quelques séquences assez fendardes, notamment dès que le film prend inspiration dans les glorieuses eighties, très créatives dès qu’il s’agissait d’imaginer un meurtre bien fendard. La séquence de l’autoroute, celle du garage ou celle avec la nounou, sont autant de renvois vintage à une époque où les fans de genre étaient gâtés. Les jeunes d’aujourd’hui y verront peut-être des scènes miteuses aux effets ringards mais les autres y verront une époque revenir à la vie pour notre plus grand plaisir. Le même que celui de retrouver la terrifiante poupée scarifiée qui n’a pas bougée, look et voix compris. La Malédiction de Chucky n’apportera pas grand-chose ni au mythe ni au moulin du genre, n’invente rien et reste très anecdotique, mais voilà un bouche-trou de bonne facture parsemé de faiblesses. Si des longueurs et des maladresses sont à prévoir, si le script sonne très artificiel et tourne parfois un peu en rond pour trouver une durée acceptable et si l’ensemble n’est pas un grand moment de haut vol, reste en tout cas un retour à l’ancienne bien amusant et sans prétention, honorablement exécuté dans sa confection et plutôt bien équilibré dans la gestion de sa narration ménageant sa montée crescendo avec une assez longue entame préparant au sprint final effréné. On ne vous conseillera que trop de bien rester jusqu’au dernières secondes du générique de fin, qui vous offrira un petit bonus aussi inattendu que jubilatoire. On aurait sans doute apprécié plus d’ambitions (et d’impertinence), notamment dans le développement de la mécanique et de la structure qui se calque sur celle du fondateur Jeu d’Enfant, mais on sent malheureusement bien que Don Mancini a dû composer avec un budget restreint dans sa tentative de relancer la franchise. Alors oui, remis en perspective, ce dernier opus en date est assez faible dans sa globalité, mais il ne démérite pas et c’est déjà pas mal.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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