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L’ANGE de Luis Ortega : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : El Angel
Père : Luis Ortega
Date de naissance : 2018
Majorité : 09 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Argentine
Taille : 1h58 / Poids : NC
Genre : Drame, Biopic

Livret de famille : Lorenzo Ferro, Chino Darín, Daniel Fanego…

Signes particuliers : Une crime story originale.

L’HISTOIRE D’UN TUEUR AUX AIRS ANGÉLIQUES

LA CRITIQUE DE L’ANGE

Synopsis : Buenos Aires, 1971. Carlitos est un adolescent de 17 ans au visage d’ange à qui personne ne résiste. Ce qu’il veut il l’obtient. Au lycée, sa route croise celle de Ramon. Ensemble ils forment un duo trouble au charme vénéneux. Ils s’engagent sur un chemin fait de vols, de mensonges où tuer devient bientôt une façon de s’exprimer…

Sur une musique seventies à faire péter les hanches les plus fragiles, un adolescent à la gueule d’ange traverse l’écran armé de sa chevelure bouclée, de son beau sourire enjôleur et de ses fringues élégants. Lui, c’est Carlos Robledo Puch dit Carlitos, 17 ans, surnommé également « L’ange noir ». Il est issu d’une famille bourgeoise, s’exprime bien, maîtrise le piano, mais derrière ce visage bien sous tout rapport, se cache l’un des pires tueurs en série qu’ait connu l’Argentine. L’ange dresse le portrait de ce jeune homme de bonne famille devenu cambrioleur malin puis assassin effrayant car n’ayant aucune conscience psychologique du concept de la vie et de la mort.

Sur un style lorgnant vers le pop qui pourrait faire de lui comme une sorte de Paolo Sorrentino argentin, Luis Ortega signe un thriller à la douceur angoissante lequel témoigne d’une certaine fascination (mais jamais malsaine) pour les figures du Mal et ses rouages. À travers son regard sur ce jeune adolescent à l’allure hyper-sexualisé, le cinéaste s’interroge sur ce qui construit une personnalité diabolique. Est-ce le déterminisme social si souvent évoqué par les psychologues ? L’ennui avec le cas de Carlos Robledo Puch, c’est que rien ne le prédestinait à devenir cet archange de la mort dont le parcours assassin a glacé l’Argentine toute entière au début des années 70. Et Ortega d’éviter un à un tous les pièges qui auraient pu expédier son film six pieds sous terre. Le choix d’un style pop et esthétisé, d’un ton flirtant avec la balade criminelle haute en couleurs et d’un angle n’épousant pas le morbide de ce qu’il montre, sont autant de choix forts qui ne se retournent jamais contre le film lui-même. L’Ange ne cherche pas à faire dans la biographie clinique (et d’ailleurs ne s’attache pas à retranscrire et compiler tous ses crimes) mais s’efforce plutôt de cerner un état d’esprit, celui d’un jeune garçon dans le déni, un désaxé insouciant à l’horrifiante personnalité fascinante de complexité. A l’arrivée, une crime story certes imparfaite, mais équilibrée par sa fraîcheur et l’excellente prestation de son comédien, Lorenzo Ferro.


BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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