HEDY LAMARR : FROM EXTASE TO WIFI d’Alexandra Dean : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Hedy Lamarr : from extase to wifi
Mère : Alexandra Dean
Date de naissance : 2018
Majorité : 06 juin 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre
: Documentaire

Livret de famille : Hedy Lamarr…

Signes particuliers : Un portrait passionnant d’une star hollywoodienne à deux visages.

HEDY LAMARR, ACTRICE ET SCIENTIFIQUE

LA CRITIQUE DE HEDY LAMARR, FROM EXTASE TO WIFI

Résumé : L’ultime portrait de l’autrichienne Hedy Lamarr. Figure complexe aux deux vies, l’une officielle : celle d’une actrice qui fascine le monde et ses grands réalisateurs par sa beauté mais aussi par sa liberté sexuelle exacerbée ; l’autre plus secrète, celle d’un esprit scientifique insoupçonné qui participa à l’invention d’un système secret de codage des transmissions, aboutissant au GPS. Il s’agit d’une invitation contemporaine à redécouvrir l’enfant sauvage, partie à la conquête d’Hollywood pour fuir son mari pro-Nazi. 

Les cinéphiles connaissent bien Hedy Lamarr pour sa carrière à Hollywood. Elle aura été l’une de ses plus belles étoiles, souvent considérée comme l’actrice la plus glamour de son âge d’or. Elle aura été la Dalila du Samson Cecil B. DeMille, elle aura servi de modèle pour dessiner Blanche-Neige et Catwoman, elle devait même être la vedette du Casablanca de Michael Curtiz. En revanche, moins connue est sa vie rocambolesque qui l’aura vu fuir l’Europe et son Autriche natale à l’avènement du nazisme, s’imposer au sein de l’écurie de la MGM, puis devenir une incroyable inventrice non reconnue à sa juste valeur. Avec Hedy Lamarr : from Extase to Wifi, la documentariste Alexandra Dean lève le voile sur la destinée d’une femme tiraillée entre son statut d’icône à la beauté foudroyante et son esprit scientifique étouffé par les conventions de son temps. Le portrait ultime d’une star fascinante aux nombreux visages.

Née en Autriche et d’origine juive, c’est très jeune qu’Hedy Lamarr a fait ses débuts dans le monde du cinéma. Sa beauté unique lui aura ouvert bien des portes, qui seront à la fois sa chance et sa malédiction. En 1933, Hedwig Kiesler tourne Extase, film autrichien présentée à la Mostra de Venise, et qui fera scandale pour sa nudité totale et pour avoir montré le premier orgasme féminin à l’écran. Hedwig n’avait que 16 ans. Rapidement mariée à un fabriquant d’armes qui deviendra proche des nazis, Hedwig Kiesler fuira le pays dans des conditions dignes d’un roman d’espionnage, direction l’Angleterre puis les États-Unis. C’est là qu’elle deviendra Hedy Lamarr, beauté fatale dont la sensualité enflammait les écrans. Le début de la gloire… mais aussi du mal-être. Car Hedy Lamarr n’aura jamais supporté d’être seulement vue comme une plante verte tout juste bonne à être belle à l’écran. Elle était aussi un cerveau et rêvait d’être reconnue pour son intelligence cachée derrière sa plastique de rêve. Passionnée de sciences et de technologie, Hedy Lamarr sera à l’origine de plusieurs inventions, en plus d’être une pionnière du féminisme en raison de son esprit libre. Sa vie prendra un accent tragique au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Désireuse d’aider son pays d’adoption, elle mettra à profit ses connaissances pour inventer un système de communications cryptées destiné à créer des torpilles téléguidées. L’armée rejettera son invention, et l’enverra contribuer à l’effort de guerre en mettant sa popularité au service du divertissement des soldats et de la vente d’obligations. Un coup dur pour Hedy. D’autant que bien des années plus tard, sa même invention servira aux communications militaires, aux satellites, au GPS, au Wifi et au Bluetooth ! Et Hedy Lamarr ne sera jamais reconnue pour cette énorme contribution à la science.

Plus qu’un simple documentaire à destination des cinéphiles purs et durs, Hedy Lamarr : from Extase to Wifi est le formidable portrait d’une femme à deux visages, une femme en avance sur son temps, une femme qui aura subi les préjugés, qui aura subi le « sois belle et tais-toi« , une femme que la perversité du système hollywoodien aura détruit, à l’image de sa déchéance dans les années 50-60. Aujourd’hui, on se souvient d’Hedy Lamarr côté écran. A travers son documentaire passionnant et émouvant, bien illustré et riche en interviews dont un long entretien téléphonique exhumé entre Lamarr et un journaliste du magazine Forbes (entretien qui sert de fil rouge au documentaire), Alexandra Dean réhabilite cet esprit brillant que l’Amérique aura eu du mal à prendre au sérieux. Bien dommage. Comme beaucoup de femmes dans le monde, Hedy Lamarr aura été victime de sa beauté. Belle et intelligente à la fois ? Impossible disaient certains. Et pourtant si, Hedy Lamarr en a été la preuve.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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