HAPPINESS THERAPY (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Silver Linings Playbook
Père : David O. Russell
Livret de famille : Bradley Cooper (Pat Jr.), Jennifer Lawrence (Tiffany), Robert De Niro (Pat Sr.), Chris Tucker (Danni), Jacki Weaver (Dolores), Shea Whigham (Jake), John Ortiz (Ronnie), Brea Bee (Nikki)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 2h02 – 26 millions $

Signes particuliers (+) : Un drame à fleur de peau qui se mue en délicate comédie romantique, un vrai feel good movie ravissant, porté par un duo superbe d’alchimie.

Signes particuliers (-) : Quelques séquences en-dessous des autres baissent la qualité générale d’un joli petit film.

 

L’IMPORTANT DE SOIGNER LE MAL PAR LE MAL

Résumé : Pat Solitano sort d’HP où il a été interné après avoir vu rouge en trouvant sa femme au lit avec quelqu’un d’autre. Il est résolu à vivre positif. Sa rencontre Tiffany, elle-aussi instable depuis la mort de son petit-ami. Les deux jeunes gens vont tisser un lien qui va les aider mutuellement…

David O. Russell nous avait laissé au tapis il y a deux ans avec son bouleversant Fighter, puissant drame familial sur fond de boxe ou l’inverse. Cette fois, il n’aura pas attendu six ans pour revenir derrière les caméras et nous asséner un nouveau coup d’émotion poignant. L’auteur des Rois du Désert en 1999 avait patienté cinq longues années et 2004 pour faire son retour avec J’adore Huckabees. Et puis de nouveau six années pour revenir avec sa biopic du boxeur Micky Ward, emmenée vers les Oscars par Mark Wahlberg et Christian Bale. Mais parce qu’un bon projet ne se refuse pas, David O. Russell répond présent pour adapter le roman de Matthew Quick, The Silver Linings Playbook, titre original du présent film par ailleurs. Sous la bannière des frangins Weinstein qui détenaient les droits avec le défunt Sydney Pollack qui s’était penché sur le bouquin il y a quelques années, Russell réunit un couple glamour « tendance », pour donner corps à cette délicate histoire d’amour, comédie romantique des plus atypiques, loin des sucreries traditionnelles. A ma gauche, le beau gosse avec deux immenses majuscules, Bradley Cooper, star charmeuse auprès de ses dames et charismatique qui devra livrer un vrai rôle de composition pour mettre en forme le personnage de Pat Solitano, trentenaire mentalement instable marqué le traumatisme d’avoir découvert sa femme au lit (enfin dans la douche plutôt) avec un collègue de travail. Sous le coup d’une colère incontrôlable, Pat a vu rouge et a failli tuer ce rival inopportun. Depuis, il essaie de se reconstruire, sans perdre pour autant son objectif de reconquérir sa femme Nikki, qui s’est vue octroyer une injonction d’éloignement. Sorti d’hôpital psychiatrique où il a purgé sa peine, Pat est de retour chez ses parents et va devoir apprendre à surmonter ses démons qui le taraudent à chaque instant et à penser positif. A ma droite, pour lui faire face, la craquante Jennifer Lawrence, jeune star en pleine ascension (Hunger Games) depuis quelques années et qui a l’habitude des rôles forts. Un de plus à son actif avec celui de Tiffany, jeune veuve qui ne s’est clairement pas encore remis en selle et dont la vie ressemble plus à un champ de ruine. Deux êtres écorchés vifs, une rencontre, un scénario classique. Classique certes, mais un scénario auquel David O. Russell va apporter tout son savoir-faire pour créditer à son film une sensibilité à fleur de peau bouleversante.

Il y a « comédie romantique » et « comédie romantique ». Il y a ces navets à l’eau de rose formatés selon une recette type (les « un amour à machin » et autre « un amour à bidule ») que l’on voudrait vomir de dépit et il y a les petites exceptions, ces douceurs mi-enchanteresses mi-amères, sondant l’être humain et ses relations avec autrui dans toute leur complexité, en évacuant la magie artificiellement créée pour vendre du faux rêve embué et pour privilégier la sincérité d’une réalité pas toujours joyeuse, pas toujours facile, pas toujours féérique mais qui peut dévoiler par petites touches des soupçons de bonheur inattendus. Plus proche dans l’âme du cinéma touchant de Nora Efron que d’une comédie romantique satinée et aseptisée, Happiness Therapy (ou pourquoi changer un titre anglais par un autre titre anglais ?!) est un pur régal grisant, électrisant, fonctionnant à merveille sur les épaules de son duo magique d’alchimie naissante. Deux écorchés, deux doux-dingues, l’un déboussolé, écrasé par un passé dont il n’arrive pas à s’affranchir, animé d’une réelle envie d’aller de l’avant mais faussée parce qu’elle reste conditionnée à son désir de renouer avec ce qu’il avait avant, l’autre, fofolle, barrée, noyant son chagrin dans un grand n’importe quoi comme lorsqu’elle couche avec la totalité de son bureau ! Tiffany, c’est la mignonne qui elle veut oublier, veut aller de l’avant vraiment mais qui s’y prend mal. Ensemble, leur mal être va trouver une résonance l’un chez l’autre qui va contaminer le spectateur. Car Happiness Therapy n’est fondamentalement ni triste, ni beau. Il est. Il est sincère dans la description des personnages qu’il effleure. Il est tendre dans la façon dont il filme avec pudeur ce rapprochement de deux êtres qui se craignent, qui se cherchent, qui se repoussent, qui s’attirent, qui jouent inconsciemment à un jeu de séduction qu’ils ne soupçonnent même pas !

Sans être un chef d’œuvre non plus, ratant partiellement seulement son virage final, Happiness Therapy dégage une énergie, un optimisme sensoriel, une positivité contagieuse qui au-delà du récit lui-même fait de joies et de tristesses, l’inscrit au tableau des « feel good movie » de 2013. A la fois drôle, attachant et émouvant, Happiness Therapy brille de modestie et au rythme des foulées de footing de ses personnages, l’on se sent pousser des ailes pour nous aussi se projeter vers l’avant, vers l’avenir. Empreint d’une philosophie qui certes, ne révolutionnera pas son sujet, le film de David O. Russell tient un équilibre quasi-parfait et nous invite dans sa danse tragi-comique portée par d’excellents comédiens comme, outre le duo star magique, Robert De Niro que l’on a plaisir à retrouver dans un vrai bon film, Jacki Weaver (extraordinaire mère Cody dans Animal Kingdom) ou un Chris Tucker qui arrive, enfin, à ne pas être insupportable ! H. Therapy, un petit film qui fait du bien.

Bande-annonce :

8 commentaires à propos de “HAPPINESS THERAPY (critique)

    • Merci TheCafeBook pour ton lien très intéressant. Beau papier ! Et on te suit largement sur ce très joli petit film !

  1. En effet, le film a un subtil mélange de drolerie et de mélancolie qui le rend extrêmement attachant. Et on ne saura que te suivre sur le talent indéniable de Bradley Cooper, aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame. Ce mec n’a pas fini de nous épater ! On te remercie chaleureusement en tout pour ce commentaire inspiré !

  2. Ah la la Silver Lining Playbook (oui je préfère le titre américan que le Hapiness Therapy français) c’est mon film de 2012! J’adooooore Bradley Cooper (pour son jeu d’acteur aussi hein pas que pour sa belle gueule) et je trouve que depuis Very Bad Trip il est meilleur de film en film!
    En ce qui concerne le film, moi qui ne suis pas du tout une fan des comédies romantiques que je trouve pour la plupart chiantes à mourir mais j’ai trouvé que celle-ci était très originale. D’ailleurs ça ne part par vraiment comme une comédie romantique avec le personnage de Pat un peu timbré qui après un petit stage en psychiatrie et la perte de sa maison, son travail et sa femme (dur dur!), revient vivre chez ses parents tout en restant maladivement obsédé par son ex femme Nikki! Et là il rencontre Tiffani… (Jennifer Lawrence est géniale) un peu frappadingue aussi qui le pousse à petits coups de chantage à participer à un concours de danse avec elle… et là voilà on se dit il vont finir ensemble c’est sur tellement ils sont mignons!! 😀
    Les acteurs principaux sont géniaux et les seconds rôles aussi (Robert De Niro est parfait et ça fait plaisir de le voir dans un vrai bon film dans ce registre), la BO est génialissime aussi et colle vraiment parfaitement à l’ambiance du film… Ce sera un 9/10 pour moi!

    • Et j’ai oublié de dire que le film dégage un message très optimiste avec ce personnage de Pat qui malgré ses névroses garde en tête le mot : Excelsior!Comme quoi au final la positive attitude porte ses fruits!:-)

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