HANSEL ET GRETEL : WITCH HUNTERS (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Hansel and Gretel : Witch Hunters
Père : Tommy Wirkola
Livret de famille : Jeremy Renner (Hansel), Gemma Arterton (Gretel), Peter Stormare (le shériff), Famke Janssen (Muriel), Derek Mears (Edward), Pihla Viitala (Mina), Thomas Mann (Ben)…
Date de naissance : 2013
Nationalité : Etats-Unis, Allemagne
Taille/Poids : 1h28 – 50 millions $

Signes particuliers (+) : Gemma Arterton, toujours belle, Jeremy Renner, toujours charismatique. Un esprit nanar second degré.

Signes particuliers (-) : Mauvais, insipide, hideux, sans imagination et peu généreux. Une purge qui s’oublie au fur et à mesure qu’on la mate.

 

LES PAUVRES FRERES GRIMM-ACENT.

Résumé : Hansel et Gretel ont grandi depuis leur mésaventure avec la sorcière dans la maison en sucreries. Ils sont devenus de fins chasseurs de sorcières et oeuvrent en duo. Ils les traquent et les tuent, pour protéger les enfants de leurs griffes meurtrières…

La mode des croisements délirants bat toujours son plein, Lincoln se bastonne avec des vampires, les vikings ont croisé la route de créatures aliens, les cowboys ont fait face à des envahisseurs, Edgar Allan Poe traque des tueurs en série et maintenant Hansel et Gretel ont grandi et sont devenus des chasseurs de sorcières… Bah pourquoi pas ! C’est une extension comme une autre au classique conte des Frères Grimm. En fait, on parle de mode mais c’est plus au retour d’une ancienne mode auquel on assiste ces temps-ci puisque dans les années 60-70, le cinéma d’horreur était très friand de ce genre de délire amusant à l’image des restés célèbres Jesse James contre Frankenstein (1966) ou Hercule contre les vampires (1961).

En tout cas, chose est sûre, c’est l’été avant l’heure au cinéma cette année ! D’ordinaire, ce genre de nanar horrifique de luxe est l’apanage de la période estivale dont il est un emblème traditionnel. Chaque année, chaque été, le mois de juillet ou d’août nous réserve sa grosse série B d’horreur mi-plaisir coupable fun, mi-nanar innommable. On ne sait pas trop pourquoi mais cette année, les festivités auront lieu en mars, peut-être histoire de nous réchauffer d’un hiver pas facile. Hansel et Gretel : Witch Hunters, en 3D s’il vous plaît, histoire que les gerbes de sang soient plus efficaces, est donc la réjouissance de l’année 2013, pilotée par Tommy Wirkola, le génial dingo qui nous avait pondu, du fin fond de sa Norvège natale, l’excellent et funissime Dead Snow avec ses zombies nazis. Et c’est parce que c’est lui que l’on veut bien donner une chance à ce qui a tout l’air quand même, d’une sacrée purge.

Autre question qui nous taraude, le casting… Est-ce que quelqu’un a déjà pensé à dire à Jeremy Renner que c’est bon, ça y est maintenant, il a galéré longtemps et a été révélé sur le tard, mais maintenant, tout va bien, il est une star confirmée et bankable, plus besoin d’aller se fourvoyer dans des sous-bouses comme ça ! Car on se demande bien ce que l’acteur des Avengers ou de la nouvelle formule de la saga Jason Bourne a bien pu aller foutre dans ce genre de bisserie gonflée aux dollars, qui normalement sont réservées aux comédiens un peu connus mais pas vraiment « stars de chez stars » (genre Paul Bettany avec Priest). A la limite Gemma Arterton, pourquoi pas et encore que, elle vient de tourner pour Neil Jordan et Stephen Frears, mince, un peu de tenue Gemma ! Et pour la belle Famke Janssen, on lui pardonne tout d’emblée vue qu’elle a eu, elle au moins, l’honnêteté d’avouer que c’était pour payer son hypothèque.

Bref, donc les petits Hansel et Gretel ont grandi. Auteur d’un premier meurtre alors qu’ils étaient enfants (la sorcière poussée dans le four, ça compte bien comme un meurtre), ils sont devenus adultes et traquent désormais en duo des sorcières mangeuses d’enfants, auxquelles ils font la peau. Tout est parti d’une interrogation totalement stupide mais pertinente qui taraudait l’esprit de Tommy Wirkola : que sont devenus les deux bambins du conte, après avoir échappé à la méchante sorcière ? Sont-ils restés dans la maison en bonbons jusqu’à succomber d’une crise de foi ? Se sont-ils barrés pour vivre comme Rémy sans Famille ? Ou peut-être qu’ils ont été recueillis, ont grandi et bossent aujourd’hui dans le cinéma sous les pseudos de Maggie et Jake Gyllenhaal ! Wirkola, lui, a imaginé que ce traumatisme a forgé leur caractère et que par la suite, animés d’une soif de vengeance envers les sorcières, ils sont devenus leur plus grand cauchemar, les traquant une à une pour les décimer et protéger la veuve et l’orphelin. Avec un budget quand même bien confort (60 millions) pour emballer une série B de ce genre, coproduit notamment par Will Ferrell (??!!), Hansel et Gretel : Witch Hunters, tourné en 3D pour immerger le spectateur dans ce délire régressif fendard, s’est fixé un cahier des charges à respecter : du fun, du gore, de l’action, de l’humour et un soupçon de sexy (normal quand on a Gemma Arterton et encore que sa présence érotisante est très insuffisamment exploitée).

On voudrait bien dire « oui » au marrant Tommy mais… non. Même s’il est sympathique et très cinquième degré, Hansel et Gretel : Witch Hunters est bel et bien le nanar attendu, sans surprise, prévisible, limite insipide, ce qui étonne. Le cinéaste nordique aurait pu au moins essayer d’accoucher d’un divertissement un poil moins linéaire et simpliste que cette histoire qu’il semblait vouloir courte et efficace. Non pas qu’on réclamait un film profond et intelligent, Hansel et Gretel : Witch Hunters se devait d’assumer son statut en se cantonnant à un moment d’éclate pêchu, mais Wirkola n’atteint même pas le minimum syndical dans son projet ahurissant d’idiotie. Inutile, abrutissant, reposant sur un vide narratif béant, Hansel et Gretel : Witch Hunters ne satisfait même pas sur le plan de la générosité, pas plus qu’il ne fait d’effort côté scénario (au moins un Abraham Lincoln Chasseur de Vampire avait un minimum de script à la base). D’une platitude sans égale et visuellement hideux (les effets spéciaux des sorcières volantes sont incroyablement mauvais), Hansel et Gretel : Witch Hunters laisse pantois et songeur. Difficile de prendre son pied devant cette connerie consternante assez lamentable, essayant de croiser le conte et le western spaghetti mais finalement plus proche d’un mauvais épisode d’une série cheap des années 90, les effets sanglants (souvent ridicules) en plus. On passe cette première tentative américaine de Wirkola. Encore un à qui le sol yankee n’aura pas artistiquement réussi. Il aurait mieux fait d’en rester à ses excellents films parodiques made in Norvège.

Bande-annonce :

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