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ÉTÉ 85 de François Ozon : critique du film et test DVD

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Été 85
Père : François Ozon
Date de naissance : 2020
Majorité : 17 novembre 2020
Type : sortie Blu-ray/DVD
Nationalité : France
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Drame, Romance

Livret de famille : Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge, Melvil Poupaud, Valeria Bruni-Tedeschi, Isabelle Nanty…

Signes particuliers : Un nouveau Ozon d’une grande puissance, labellisé Cannes 2020.

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NOTRE AVIS SUR ETE 85

Synopsis : L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu’un été ? L’été 85…

François Ozon fait parti de ces valeurs sûres du cinéma français, de ces cinéastes qui ne déçoivent que rarement. Si L’Amant Double n’était pas une grande réussite il y a trois ans, Grâce à Dieu l’année d’après avait su rattraper le semi-échec avec brio. Un an plus tard (mine de rien, Ozon tourne beaucoup), le metteur en scène est de retour avec un nouvelle proposition qui vient tenter sa chance au milieu d’un été très compliqué marqué par une reprise de la fréquentation plus que poussive post-confinement. C’est courageux de s’essayer à une sortie maintenant mais nécessaire pour aider au « redémarrage ». Été 85 est librement inspiré d’un roman d’Aidan Chambers (la danse du coucou) qui avait marqué le cinéaste dans son adolescence. Il voulait à l’époque en faire son premier long-métrage s’il parvenait à réaliser ses rêves de cinéma. Cela ne s’est pas fait et ce sera finalement son 19eme. Eté 85 raconte l’histoire d’Alexis, 16 ans à l’été… 85 donc. Alors qu’il a chaviré lors d’une sortie en mer, il est sauvé de la noyade par David, 18 ans, un héros aussi mystérieux que fantasque. Une passion née entre eux mais peut t-elle durer plus que le temps d’un été ?

Dès ses premières images capturées sur une pellicule granuleuse comme promesse d’un voyage dans le temps, Eté 85 interpelle et marque. Avec son entrée en matière audacieuse, François Ozon implique tout de suite le spectateur en le prévenant : êtes-vous prêt à non pas « voir », mais à « vivre » l’histoire qui va vous être racontée ? Face caméra, le jeune héros du film pose les choses. Il va être question d’amour et d’un cadavre. Si cela ne vous intéresse pas, alors « ce n’est pas la peine ». La promesse est forte, le reste suivra. Été 85 est bel et bien un film qui se vit, qui bouleverse, qui arrache le cœur, un film aux allures de spirale dans laquelle on est happée, incapable de résister à l’enchaînement des choses.

Sur le papier, Été 85 pourrait sembler être l’un des plus petits films d’Ozon, simple, presque minimaliste en un sens, ramassé sur une courte durée qui passe comme un nuage balloté par le vent. Au-delà, c’est l’un de ses meilleurs. Il parvient à balayer ses petites imperfections pour ne laisser en mémoire que son cœur, vibrant, passionné, tumultueux, mis à vif avec une maîtrise folle dans l’écriture comme dans la mise en scène et le montage. Pour Ozon, Eté 85 est comme un premier film réalisé avec la maturité acquise au cœur de toute son œuvre. Tellement ça. On y sent l’humilité d’un début, d’un premier effort fragile, et l’expérience du regard, d’une construction, d’un saisissement fiévreux de thèmes forts à la fois personnels et universels sur la fougue d’un sentiment amoureux éphémère, brûlant, enivrant.

C’est une histoire d’amitié, d’amour, de solitude, de jalousie. Été 85 concentre un maelström d’émotions puissantes dirigées par l’éternelle simple humanité chère au cinéma d’Ozon. Le cinéaste a toujours eu un don pour mettre le doigt sur la complexité de l’être humain et les sentiments tempétueux qui l’animent. Avec Été 85, il réussit à nous immerger dans la tête de cet adolescent perdu, qui va soudainement vivre très fort, s’éteindre très vite, renaître peut-être. Une excellente B.O boosté par The Cure et des seconds rôles magnifiques (Valeria Bruni-Tedeschi, Isabelle Nanty) complètent ce tableau à la force sublime.

LE TEST DVD DE ETE 85

Pas grand-chose à dire sur le DVD qui est techniquement propre même si le Blu-ray affichera une bien meilleure définition. Logique. Mais pour une simple galette DVD, la qualité reste au rendez-vous avec un format 1/85 respecté et des pistes stéréo et 5.1 qui restituent du mieux qu’elles peuvent, la B.O enthousiasmante du film de François Ozon. On ne retrouve pas forcément le grain pellicule 16mm que l’on avait eu en salles mais on en est dans du plus que correct pour un standard DVD.

Côté suppléments, ils sont communs aux deux éditions (double couches). Ils sont surtout très riches bien que inégaux question intérêt pur. 8 minutes de scènes coupées (pas forcément passionnantes), les répétitions d’une scène de bagarre (1 toute petite minute) et de la fameuse scène de la danse (3 minutes), quelques essais de pellicule 16 mm et 35 mm (intéressant pour voir la différence) et des essais lumières et costumes (4 minutes) et enfin un long « bêtisier » de 13 minutes et des projets d’affiche (2 minutes). Voilà pour ce que l’on appellera « en vrac ». Plus consistant et intéressant, on retiendra un entretien avec l’équipe du film (10 min) que ‘on aurait aimé juste un peu plus long car tout y va très vite. Également au menu, le court-métrage Une robe d’été (15 minutes) tourné par Ozon en 1996 et dont la thématique (un questionnement identitaire sexuel) deviendra une constante dans l’œuvre du cinéaste.  Enfin (et c’est peut-être ce qui explique les seules 10 minutes d’interview pour ne pas faire doublon), l’intégralité du film commentée par François Ozon, Félix Lefebvre et un Benjamin Voisin toujours bavard, affable et enclin à faire le show.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

One thought on “ÉTÉ 85 de François Ozon : critique du film et test DVD

  1. Sortie le 17 novembre 2020. De nombeux completements en bonus : Entretiens avec le realisateur et les trois jeunes acteurs principaux : d une part en suivant le film image par image, puis face camera, le cineaste seul et les acteurs ensemble. Francois Ozon revient sur les origines de ce projet qui plonge ses racines dans un livre lu et ses propres souvenirs de jeunesse, ainsi qu en reference a plusieurs chansons de l epoque. Apres la difficile periode liee a la promotion de son precedent film. « Grace a Dieu », il souhaitait poursuivre avec un sujet plus leger, un film d ete. Les acteurs reviennent sur la bienveillance du cineaste et le plaisir suscite par ce tournage. Suivent quelques scenes coupees et quelques repetitions filmees, ainsi que divers essais, lumieres et costumes. L inevitable betisier incluent certaines scenes qui auraient pu etre gardees, si l on considere leur spontaneite. Un florilege des affiches non retenues (cf voir images jointes). Et pour finir un court-metrage realise par Ozon en 1996 : « La robe d ete », choisi probablement parce qu il se passe aussi l ete au bord de la mer. On y trouve deja les elements qui constituent l univers du cineaste : la jeunesse, les premiers emois amoureux homosexuels ou pas, une facon de filmer les corps, de jouer sur les couleurs et d utiliser des chansons du repertoire. Ce court-metrage a ete selectionne aux Cesars 1997.

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