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CONNECTÉS de Romuald Boulanger : la critique du film [Amazon prime]

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Carte d’identité :
Nom : Connectés
Père : Romuald Boulanger
Date de naissance : 2019
Majorité : 12 novembre 2020
Type : disponible sur Amazon Prime
Nationalité : France
Taille : 1h25 / Poids : NC
Genre : Comédie, Thriller

Livret de Famille : Stéphane de Groodt, Nadia Farès, Pascal Demolon, Audrey Fleurot, Claudia Tagbo, François-Xavier Demaison, Michael Youn, Vanessa Guide…

Signes particuliers : Des idées qui ne sauve pas le film du naufrage.

 

 

LE PREMIER FILM « SUR » LE CONFINEMENT

NOTRE AVIS SUR CONNECTÉS

Synopsis : Un samedi soir pendant le confinement, un groupe de très bons amis se connecte en ligne pour partager un apéritif virtuel. Soudain, l’un d’entre eux est agressé et séquestré en direct par un inconnu sous les yeux de ses amis qui assistent à la scène, impuissants derrière leurs écrans. Ils ne vont pas tarder à découvrir que ce mystérieux inconnu connaît parfaitement tous leurs pires secrets, qu’il compte faire éclater au grand jour les uns après les autres.

On est nombreux à s’être bien fait chier pendant l’interminable confinement du printemps dernier. Néanmoins, certains ont su utiliser ce temps libre conjugué à un agenda soudainement bien dégagé pour plancher sur des projets personnels. Comme Romuald Boulanger, pour qui ce désœuvrement forcé a été une aubaine. Cet artisan touche-à-tout qui a pas mal roulé sa bosse à la radio (animateur star sur NRJ), dans la pub ou à la télévision en tant que scénariste, réalisateur, animateur, producteur, est un bonhomme assez brillant et pendant son confinement, il en a profité pour écrire et monter ce qui pourrait être son premier long-métrage. Tout s’est alors fait très vite. En quelques semaines seulement, un producteur dévoué, des financements, des acteurs qui le suivent et à peine le déconfinement sonné, Connectés est entré dans un tournage marathon au planning ultra-serré, neuf jours seulement. Le sujet ? Bah le confinement pardi ! Ou disons plutôt que Connectés est une comédie teintée de thriller qui prend pour contexte le confinement. Alors qu’une bande d’amis se réunit pour un apéro virtuel, l’un d’eux va se faire agresser et prendre en otage en live par un mystérieux individu cagoulé qui va se régaler à dévoiler tous les secrets de cette brochette de copains pas si francs du collier qu’ils en ont l’air.

Stéphane de Groodt, Nadia Farès, Pascal Demolon, Audrey Fleurot, Claudia Tagbo, François-Xavier Demaison, Michael Youn, Vanessa Guide… Le casting de Connectés a fière allure. Concrètement, chacun de ces comédiens a tourné ses scènes séparément sur une journée, face à un ordinateur (qui faisait au passage office de prompteur). Un tournage express après une écriture express et une pré-production encore plus express. Problème, cette course contre la montre (avec à l’époque le désir de sortir le film dès la fin de l’été alors que le confinement était encore chaud dans les mémoires), bah elle se voit dans le résultat. Elle se voit et elle se sent surtout. Connectés était une chouette promesse, c’est au final un triste naufrage aussi patachon que le confinement lui-même.

Dans Connectés, il y a un quart de comédie plutôt drôle (fruit de répliques bien senties façon film de potes qui dézingue) et un quart de thriller qui fonctionne (on finit par se prendre au jeu de l’intrigue et on veut connaître le fin mot de l’histoire si tant est qu’on ne l’ait pas deviné dès le début). Malheureusement, pas besoin d’être un génie en math pour savoir qu’un quart plus un quart, ça ne fait qu’un demi. Où est donc l’autre moitié ? Justement, on la cherche encore (et si vous la trouvez avant nous, n’hésitez pas à faire signe). Le mariage des deux genres réclamait une habilité d’écriture que Connectés n’a pas, au point de finir par n’être ni une bonne rigolade, ni un bon film à suspens, d’autant qu’il ne déborde pas vraiment d’originalité dans un camp comme dans l’autre. Il fallait que l’affaire soit incisive, nette et précise, qu’elle fuse dans l’humour (pour être tordante) comme dans le suspens (pour être haletante). Mais par manque d’inspiration, l’union est catastrophique et elle plombe un exercice qui prend le bouillon. A cela s’ajoute des comédiens qui récitent leur texte/prompteur sans jamais prendre la peine de jouer ce qu’ils lisent (prompteur peu discret d’ailleurs puisqu’on discerne même par moments dans le reflet des lunettes de certains personnages), des scènes foutrement inutiles (sur un film de 1h20, chapeau les gars), un pitch prétexte qui boîte sur une jambe, une B.O qui ne colle pas du tout et des dialogues qui frisent souvent le ridicule. On avait envie d’aimer cette comédie noire pour le coup vraiment dans l’air du temps mais malheureusement, Connectés ressemble à une poussive fantaisiste télévisuelle aussi anecdotique qu’indigente et honteusement mal branlée à tous les niveaux. Trop influencé par son passif télévisuel, Romuald Boulanger rate franchement le coche de la cinégénie, du générique de début à l’écriture en passant par la construction ou la mise en scène. Bref, raté au point d’en devenir parfois très embarrassant pour tous ceux qui ont mis du cœur à le faire.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennahan

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