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THE HUNT de Craig Zobel : la critique du film [vod]

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Spectateurs

Carte d’identité :
Nom : The Hunt
Père : Craig Zobel
Date de naissance : 2020
Majorité : Indéterminée
Type : Sortie VOD
Nationalité : USA
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Thriller, Horreur

Livret de famille : Betty Gilpin, Hilary Swank, Emma Roberts, Ike Barinholtz, Justin Hartley…

Signes particuliers : Un survival plein de surprises (en plus d’être fun).

LA CHASSE EST OUVERTE

NOTRE AVIS SUR THE HUNT

Synopsis : Sur fond d’obscure théorie du complot sur internet, un groupe de dirigeants se rassemble pour la première fois dans un manoir retiré, afin de se divertir en chassant de simples citoyens américains. Mais leurs sombres desseins vont être mis en péril par Crystal, une de leurs proies, capable de les battre à leur propre jeu. La jeune femme renverse les règles, et abat un par un les chasseurs qui la séparent de la mystérieuse femme qui tire les ficelles de ce passe-temps macabre. 

C’est finalement en VOD que The Hunt a pu trouver une porte de sortie à ses déboires répétées. A l’origine, le film de Craig Zobel était prévu pour une sortie américaine en septembre 2019. Mais les fusillades qui ont ébranlé l’Amérique l’été dernier (à Daytona et El Paso) ont condamné le studio à repousser la distribution d’un film où il était quand même question d’une bande de riches qui s’amusent à chasser des humains pour le sport, dans une immense propriété retirée. Question de décence et pour faire dégonfler la « polémique », The Hunt était désormais (très) attendu pour mars 2020 (22 avril en France)… avant de subir de plein fouet la pandémie de Coronavirus. Dommage, c’était bien parti cette fois et le premier report qui avait créé le buzz, était même devenu un super argument marketing tout ce qu’il y a de plus cynique (le film qui scandale, le film qui divise, le film polémique, un film dangereux… blablabla, l’affiche nous les fait tous). Bref, fermeture des salles de cinéma et donc rideau pour le survival produit par Blumhouse, qui se verra privé de grand écran. Et re-dommage parce qu’éternellement sur courant alternatif (un bon Invisible Man pour flopée de purges genre Ma, Nightmare Island ou Black Christmas), Blumhouse nous pondait cette fois une bonne petite bombe régressive à haute concentration de fun.

Le plus gros reproche que pourraient formuler les fans de cinéma d’horreur aujourd’hui, c’est la prévisibilité de ce qui leur est proposé. Quand on est habitué aux mécaniques, ficelles et codes des films de genre pour cause de consommation boulimique, il devient difficile d’être surpris. Même les meilleurs efforts parviennent à aller chercher leurs arguments de séduction ailleurs que dans l’inattendu, car le genre est en effet devenu très « balisé », très « lisible » dans la gestion des personnages, leur parcours, leurs péripéties, la manière d’orchestrer le suspens et la peur… Il n’empêche que l’on peut néanmoins prendre son pied autrement, grâce à un ton différent, une histoire originale, une ambiance particulière, ou une mise en scène inspirée. The Hunt, lui, n’a pas forcément tout cela. En revanche, il a pour lui cet effet de surprise si rare dans le cinéma d’épouvante, voire dans le cinéma en général. Un effet de surprise qui atteint son paroxysme dès les vingt premières du film dans lesquelles Craig Zobel nous balance une entame de pure folie orchestrant un massacre où le point de vue du spectateur change constamment de mains au gré des victimes. On en vient à ne plus savoir quoi et qui suivre, et reste alors à se laisser porter par le plaisir jubilatoire d’un carnage où se mêlent salves de gores et d’humour irrésistiblement décalé.

Cette introduction géniale est à la fois une qualité et un problème pour The Hunt. Parce qu’il envoie le meilleur d’entrée de jeu, le film de Craig Zobel accroche immédiatement le spectateur en lui faisant voir monts et merveilles. Mais la suite rentrera un peu dans le rang. Sans toutefois décevoir car le film restera un sacré plaisir jusqu’au bout, disons qu’elle pourra souffrir de la comparaison avec une introduction pied au plancher, et ne sera pas forcément capable de tenir la distance. Mais qu’importe, mieux vaut une entame canon et une suite très fun que rien du tout. Sur l’ensemble, la générosité de l’entreprise fait plaisir à voir et vient ranger The Hunt dans le haut du panier des films de chasse à l’homme, rejoignant des Battle Royale, Les Proies, Desierto, Assassination Nation, Les Traqués de l’An 2000 ou le mémorable La Traque de Serge Leroy (liste non exhaustive).

Avec The Hunt, Blumhouse essaie de nous refaire gober le coup du thriller « intelligent » assis sur un discours affuté et provocateur. Dans Get Out, le propos tournait autour de la condition des afro-américains et du racisme latent aux États-Unis. Cette fois, on essaie de nous vendre une satire de la société américaine et de la violence (ouvertement figurée ici) des rapports de classes et de pouvoirs. On ne va pas se mentir, ça sent un peu l’arnaque (pas étonnant, c’est Damon Lindelof au scénario) pour justifier un film qui se contente surtout d’être fun. C’est un peu le problème d’ailleurs, pourquoi ne pas assumer de vendre du seul plaisir régressif et se sentir obligé de le justifier à tout prix par un discours social ? D’autant que le propos de The Hunt n’est pas vraiment mis en évidence, à la limite subtilement dilué dans l’ironie mordante qui accompagne ce qui est surtout -et avant tout- un excellent survival de série B bien foutu, jouissif, hargneux, cruel, drôle, sanglant, parfois un chouia grotesque et caricatural mais de fait franchement irrésistible et fendard.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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