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LE PROCES GOLDMAN de Cédric Kahn : la critique du film

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Nom : Le Procès Goldman
Père : Cédric Kahn
Date de naissance : 2023
Majorité : 27 septembre 2023
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h56 / Poids : NC
Genre : Policier, Drame, Biopic

Livret de Famille : Arieh WorthalterArthur HarariJeremy Lewin

Signes particuliers : Un film passionnant. 

Synopsis : En novembre 1975, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines…

PORTRAIT D’UN INSOUMIS

NOTRE AVIS SUR LE PROCES GOLDMAN

C’est une histoire un peu méconnue du grand public que celle de Pierre Goldman, demi-frère aîné du célèbre chanteur Jean-Jacques. Militant d’extrême-gauche, homme brillant et verbeux, personnage trouble au parcours chaotique, Pierre Goldman fut accusé en 1974 d’un double homicide commis lors d’un vol à main armé cinq ans auparavant dans une pharmacie du boulevard Richard Lenoir à Paris. Un crime dont il s’est toujours clamé innocent, lui qui reconnaissait pourtant bien volontiers les autres accusations portées à son encontre. En 1976, il sera rejugé lors d’un second procès très médiatisé du fait de ses connections dans les sphères intellectuelles alors qu’il avait publié un livre à succès (Souvenirs d’un juif polonais en France) l’année précédente.

 

Quatre ans après Fête de Famille, le réalisateur Cédric Kahn s’empare aujourd’hui du célèbre second procès Goldman en propulsant l’acteur Arieh Worthalter dans le costume sombre de l’homme trouble qui aura transformé son jugement en véritable show politisé. Le comédien vu dans Girl de Lukas Dhont ou dans le thriller Duelles est l’énorme monsieur d’un film passionnant. Totalement dévoué à son personnage, Arieh Worthalter saisit à l’écran toute la personnalité à la fois trouble, fascinante et vampirique de Pierre Goldman, dont le comportement très théâtral et grandiloquent et les joutes et saillies verbales, furent l’une des clés d’un procès ayant souvent dévié d’une affaire de double-homicide vers un regard politique sur la société française et son antisémitisme rampant, notamment au sein des forces de police.

Le film de procès étant par nature quelque chose de statique, opérant en huis-clos et reposant presque exclusivement sur des dialogues plus que sur des rebondissements spectaculaires, il est souvent désigné comme un genre difficile requérant beaucoup de maîtrise, d’adresse et de finesse pour captiver. Cédric Kahn tape dans le mille. Son Procès Goldman est la passionnante radiographie d’un homme complexe et de la France d’une époque, mais aussi un drame qui interroge sur le militantisme révolutionnaire en général. La personnalité du tumultueux Pierre Goldman aurait pu donner un thriller spéculatif romanesque à la Mesrine. Mais Kahn a préféré s’en tenir au strict procès et tout passe par lui. Au gré des échanges, au gré de l’autoanalyse que l’accusé fait de lui-même pour mieux devancer les arguments de ses accusateurs, on y comprend le parcours de l’homme, ses idéaux, ses quêtes existentielles, sa colère et ses révoltes, sa paranoïa parfois délirante (allant jusqu’à provoquer des altercations vives avec ses avocats dont Georges Kiejman), son regard sur la société qui l’entourait. En un mot, captivant.

 

 

Par Nicolas Rieux

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