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LE DAIM de Quentin Dupieux : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Le Daim
Père : Quentin Dupieux
Date de naissance : 2018
Majorité : 12 juin 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h15 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Jean Dujardin, Adèle Haenel, Albert Delpy…

Signes particuliers : Un Dupieux dans la lignée de Rubber.

DUPIEUX, DUJARDIN ET UN BLOUSON

LA CRITIQUE DE LE DAIM

Synopsis : Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

Il ne chôme pas le Quentin Dupieux. Un an à peine après Au Poste !, le cinéaste à l’univers le plus barré de l’Hexagone est déjà de retour avec une nouvelle proposition qui, comme à son habitude, voyage dans les méandres de son esprit décalé. Dans Le Daim, présenté au dernier festival de Cannes, Jean Dujardin vient de faire l’acquisition d’un blouson 100% daim. Et ensemble, ils ont un grand projet que Dupieux va dévoiler dans une nouvelle farce ubuesque.

Autant prévenir d’emblée car le film ne manquera pas de le faire sentir très vite, Le Daim est du pur Quentin Dupieux jusqu’au bout de la pellicule. Comprenez par là qu’il ravira très certainement les amoureux du style si singulier du metteur en scène autant qu’il a peu de chances de le réconcilier avec ses détracteurs. Une fois n’est pas coutume, Dupieux s’amuse à marier le cinéma de genre et son humour délicieusement loufoque dans une proposition qui repose sur une idée conceptuelle aussi fantaisiste que déjantée et hilarante. Mais là où le metteur en scène avait essayé d’étoffer un peu ses histoires sur des efforts comme Reality ou Wrong Cop, il revient cette fois-ci plus proche d’un minimalisme iconoclaste façon Rubber. D’un pneu meurtrier, on passe à un blouson qui rend fou son propriétaire. Et les cadavres vont s’empiler au gré des rires hallucinés. Malheureusement et comme bien souvent chez Dupieux, le postulat régale, la radicalité du ton séduit, le décalage nonsensique amuse, on décèle un fond derrière la fausse fumisterie blagueuse (sur la société de consommation et sur la folie de notre époque désabusée) mais sur la longueur, le « coup » s’étiole. Le charme est là mais le film ne réussit pas vraiment à franchir la petite marche qui le sépare de l’effort totalement accompli et abouti. Heureusement, Le Daim ne dure que 1h15, ce qui limite les chances qu’a l’ennui pour s’installer durablement. Mais on en vient quand même à se poser une question. Quentin Dupieux, qui enchaîne les films à vitesse grand V, ne serait-il pas en train de patiner un peu sur place avec des exercices qui ont du mal à dépasser la drôlerie immédiate de leur concept pour aller chercher quelque chose de plus consistant ? Finalement, on en vient à songer que la solution serait peut-être à aller chercher du côté du film à sketchs, exercice réputé difficile mais qui pourrait coller à merveille avec les bouts d’histoires farfelues que le cinéaste aime raconter.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennahan

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