LA MONTAGNE ENTRE NOUS d’Hany Abu-Assad : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : The Mountain between us
Père : Hany Abu-Assad
Date de naissance : 2017
Majorité : 08 novembre 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h47 / Poids : NC
Genre
: Drame, Aventure, Romance

Livret de famille : Kate Winslet, Idris Elba, Beau Bridges…

Signes particuliers : Meilleur thriller que film d’amour.

IDRIS ET KATE, SEULS AU MONDE

LA CRITIQUE DE LA MONTAGNE ENTRE NOUS

Résumé : Livrés à eux-mêmes après le crash de leur avion en pleine montagne, deux étrangers doivent compter l’un sur l’autre pour faire face aux conditions extrêmes. Réalisant qu’ils n’ont aucun espoir d’être secourus, ils tentent leur chance à travers des centaines de kilomètres de nature hostile, acceptant que ce n’est qu’ensemble qu’ils pourront trouver le courage de tenter de survivre. 

Précédé d’une réputation peu flatteuse guère arrangée par une bande-annonce peu attrayante et une affiche à la pâleur terrifiante, La Montagne entre Nous n’augurait rien de bon et laissait présager une romance tartignole en conditions extrêmes, digne d’un roman de Barbara Cartland. Et c’est peut-être parce qu’on en attendait rien, voire le pire, que le film d’Hany Abu-Assad (Le Chanteur de Gaza) apparaît finalement comme un long-métrage décent à défaut d’être fondamentalement décevant. Certes, cette adaptation d’un roman de Charles Martin est très anecdotique et surtout inégale, mais le cinéaste évite de peu la catastrophe, contrairement à ses personnages piégés et promis à une mort certaine.

Pendant deux bons tiers, La Montagne entre Nous tient efficacement la route, en tant qu’énième survival en montagne où deux protagonistes vont devoir se serrer les coudes pour survivre et combattre une mort qui rôde dans cette immensité escarpée, blanche et silencieuse. Haletant, bien rythmé par ses péripéties et traversé d’une poignée de séquences inspirées soumises à une poignée de bonnes idées de mise en scène (le crash quasi en plan séquence, l’absence de musique pour souligner le vide et l’isolement terrifiant), le film remplit son contrat avec une certaine honnêteté du spectacle. C’est dans son dernier tiers avec l’apparition de la romance annoncée, que tout bascule. Déclinant dans une mièvrerie qui tranche avec le suspens jusqu’à alors bien géré, l’histoire d’amour entre ces deux êtres rapprochés par le contexte et leur l’instinct de survie, est très mal amenée, et sied bien mal à la crédibilité de cette aventure stressante. La montagne entre nous vrille alors dans le cousu de fil blanc et se prend les pieds dans les pires clichés prévisibles. A l’image de la narration qui dérive vers le risible alors que des éléments grotesques s’invitent à la fête, la mise en scène d’Hany Abu-Assad s’effondre à son tour, tombant la platitude et la lourdeur digne d’une romance de téléfilm. L’eau de rose a un goût rance, l’ennui s’introduit par cette brèche béante, et l’entreprise se décrédibilise après avoir fait tant d’efforts pour tenir debout. À l’arrivée, La montagne entre nous s’avère être un bien meilleur thriller que film d’amour. On passera sur l’interprétation assez moyenne du duo Kate Winslet – Idris Elba (lesquels ont pris la relève de Margot Robbie et Michael Fassbender initialement prévus), qui s’évertue à compenser l’aspect « tournage en studio » par un surjeu cabotin parfois pénible. A défaut d’être mémorable, La montagne entre nous est au moins regardable, dommage qu’il ne le soit pas de bout en bout, plombé par son sentimentalisme suranné.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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