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HELLBOY de Neil Marshall : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Hellboy
Père : Neil Marshall
Date de naissance : 2018
Majorité : 08 mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h01 / Poids : NC
Genre : Fantastique, Action

Livret de famille : David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane…

Signes particuliers : Yeux qui brûlent et oreilles qui piquent… Pas de doute, on a bien vu un nanar.

UNE SÉANCE EN ENFER

LA CRITIQUE DE HELLBOY

Synopsis : Hellboy est de retour et il va devoir affronter en plein cœur de Londres un puissant démon revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance. 

Les super-héros sont à la mode. Impossible de dire le contraire à l’heure où les Avengers sont en train de fracasser le box office mondial. Et pas qu’eux d’ailleurs. Il suffit d’un coup d’œil sur les chiffres pour que le constat se dessine clairement : on trouve pas moins de 26 films de super-héros parmi les 100 plus gros succès du cinéma (hors inflation). Oui, les super-héros ont bel et bien la côte… mais pas Hellboy. Et encore moins ce nouvel Hellboy, qui débarque 11 ans après le diptyque de Guillermo del Toro. Réalisé par un Neil Marshall (The Descent) que l’on n’avait plus vu au cinéma depuis son piteux péplum Centurion sorti en 2010, Hellboy s’est ramassé au box office américain. Les deux opus de Del Toro n’avaient pas été de francs succès en leur temps mais rien de comparable avec la débâcle de ces nouvelles aventures de la créature rouge à moitié démon. Et si certains pourraient être tentés de questionner le bon goût du public ricain, autant dire qu’il est difficile de ne pas le comprendre sur ce coup. Car ce reboot 2019 n’est pas qu’une débâcle commerciale, c’est avant tout une débâcle artistique qui plonge le spectateur dans un enfer incandescent de plus de deux heures.

Quand il avait approché le mythique Hellboy en 2004, Guillermo del Toro avait une idée, une intention, une direction artistique claire, l’envie de faire un film pop laissant exploser le capital fun que pouvait contenir le personnage. Si ses deux opus sont des réussites discutables qui continuent de diviser encore aujourd’hui, reste que le cinéaste avait su au moins en faire quelque chose, une sorte de « série A » née dans la cuisse d’une série B. Tout le contraire de Neil Marshall qui nous balance à la figure une espèce de bouillie risible où rien ne va. Le genre de zéderie où tout part de travers, comme une maison construite par des ouvriers autant maçons que JuL est chanteur. Du montage à la truelle aux effets digitaux d’une laideur vomitive en passant par une photographie disparate capable de faire saigner les yeux les plus sensibles, Hellboy est une gastro cinématographique aussi artistiquement cohérent qu’une sonate de Beethoven jouée à la guitare électrique par des rappeurs bulgares.

Neil Marshall nous pond une authentique abomination qui pulvérise le bon goût à grands coups de bombes atomiques nanardes. A se demander par moments si l’on ne serait pas devant un mauvais Paul W.S. Anderson (pléonasme, on sait). Un nanar volontairement en roue libre est un exercice périlleux qui ne sourit qu’aux plus inconscients. Comme James Wan avec son super-débile Aquaman par exemple. La mayonnaise n’a en revanche pas prise chez Marshall, qui montre le côté obscur de la force nanarde avec un monstrueux navet informe, absurde et dégoulinant de médiocrité. Au diable le sérieux, le réalisateur envoie tout valser pour fagoter un film d’horreur en ébullition qui se fait auto-digérer par son second degré raté. Rien ne marche, tout n’est que consternation et épuisement. Le mélange d’humour, d’action et de gore s’effondre comme un château de carte devant une plantade qui n’a de cesse d’afficher sa lourdeur, sa mocheté repoussante et sa paresse ennuyeuse. Naufrage vulgaire à tous les points de vue, de la manière d’imaginer le look de son Hellboy miteux à ses idées de mise en scène toutes plus ridicules les unes que les autres, en passant par des comédiens pas loin de l’insulte au métier d’acteur (Milla Jovovich, c’est très compliqué quand même), ce Hellboy 2019 est un vieux machin grotesque et estropié qui boîte tellement qu’il finit par se casser la gueule et se faire très mal. Et à nous avec.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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