PREMIERS CRUS de Jérôme Le Maire : la critique du film [Sortie Cinéma]

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premiers-crusnote 1.5 -10
Nom : Premiers Crus
Pères : Jérôme Le Maire
Date de naissance : 2015
Majorité : 23 septembre 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h37 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Gérard Lanvin (François), Jalil Lespert (Charlie), Alice Taglioni (Blanche), Laura Smet (Marie), Lannick Gautry (Marco), Frédérique Tirmont (Edith), Christiane Millet (Marguerite), Scali Delpeyrat (Roland)…

Signes particuliers : Si les téléfilms France 3 commencent à envahir les écrans de cinéma, on ne va plus s’en sortir…

GÉRARD DANS LE VIN

LA CRITIQUE

Résumé : Fils de viticulteur, Charlie Maréchal a quitté la Bourgogne pour devenir un œnologue parisien réputé, auteur d’un guide à succès dont les notes font chaque année trembler tous les vignobles. Mais en Côte-d’Or, son père a perdu le goût du vin et ses errements précipitent l’exploitation viticole familiale vers la faillite. D’abord réticent, Charlie revient en Bourgogne. Il doit rechausser ses bottes et remonter ses manches, devenir viticulteur et se confronter à un métier qu’il ne connait pas, sous le regard dubitatif de son père. Entre une météo capricieuse et un cépage délicat, Charlie va devoir prouver à son père qu’il est digne de ce terroir transmis de génération en génération dans leur famille.
Il est facile de noter un vin, mais comment fait-on un grand vin ?PREMIERS+CRUS+PHOTO3
L’INTRO :

L’heure serait-elle aux bons vieux films franchouillards plongeant dans l’authenticité du terroir français ? En l’occurrence, avec Premiers Crus, c’est la direction des vignobles de Bourgogne que l’on prend pour un drame filial sur fond de domaine en péril à sauver. La dernière fois que le cinéma s’est frotté au sujet, c’était avec Tu Seras Mon Fils de Paul de Marseul, film avec Lorànt Deutsch et Nils Arestrup qui s’était révélé être une honnête surprise malgré les appréhensions. Cette fois-ci, c’est en compagnie d’un autre casting de luxe que l’on reprend le chemin des vignes, Gérard Lanvin en paternel bougon, Jalil Lespert en fils pas prodigue du tout, Alice Taglioni en belle voisine qui a grandi depuis le temps de l’école primaire, ou encore Laura Smet ou Lannick Gautry.PREMIERS+CRUS+PHOTO2L’AVIS :

C’est toujours délicat de descendre un premier long-métrage que son auteur a sûrement porté corps et âme en y mettant tout son cœur et son application. Sauf que c’est le bât blesse. Premiers Crus est loin d’être un premier long-métrage pour Jérôme Le Maire, même s’il ressemble fortement à un exercice de débutant maladroit pas encore remis de son apprentissage sur des inepties télévisuelles. Le cinéaste, auteur précédemment de Le Grand’Tour ou Le Thé ou L’Electricité, livre un nanar AOC qui cumule tous les défauts possibles et imaginables. Au choix, on aura donc au menu de cette dégustation aux forts relents de piquette épouvantable, une enfilade de clichés gonflant un scénario aussi pâle qu’un malade atteint de fièvre aphteuse, script de surcroît prévisible et d’une imbécillité rare. La première gorgée passe de travers. Vient ensuite le verre contenant les choix musicaux, tous plus calamiteux les uns que les autres. La gueule de bois commence à être sévère avec la plastique d’un film pas loin d’un épisode de Louis La Brocante prenant visiblement un malin plaisir à faire dans l’anti-cinégénique au possible. Le mal au crâne est définitivement entériné avec la salve de scènes irréelles de mauvais goût, à commencer par celles déversant une sensualité de pacotille pas loin d’une série B érotique pour deuxième partie de soirée sur le câble. Sur ces maux irrémédiables, on pourra rajouter une interprétation en roues libres de l’ensemble de la distribution, Jalil Lespert essayant vainement de sauver les meubles face à un Lanvin qui fait du Lanvin en mode râleur. La pauvre Alice Taglioni n’a toujours pas réussi à s’acheter un jeu d’actrice et seul Lannick Gautry semble croire un peu à ce qu’il fait.premiers_crusD’une naïveté sans borne qui n’a d’égale que son je-m’en-foutisme général, Premiers Crus est tout bonnement épatant d’abnégation à tout louper. On peine à croire qu’il fut un temps où, sur le papier, ce drame filial était porteur de quelque-chose d’intéressant car en dehors de deux-trois bonnes plaisanteries faciles et d’une scène ou deux réussies, rien n’est à sauver dans cette affaire superficielle et cousue de fil blanc, à peine digne d’alimenter les soirées de France 3 s’adressant aux seniors qui s’ennuient. On en a pleuré des larmes mais c’était pas du vin, c’était du sang.

BANDE-ANNONCE DU FILM :

Par Nicolas Rieux

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