BROOKLYN VILLAGE de Ira Sachs : la critique du film
Sortie cinéma

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brooklyn_villageMondo-mètre
note 3.5 -5
Carte d’identité :
Nom : Brooklyn Village
Père : Ira Sachs
Date de naissance : 2016
Majorité : 21 septembre 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h25 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Theo Taplitz, Michael Barbieri, Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Paulina Garcia, Alfred Molina…

Signes particuliers : Deux ans après Mommy, Xavier Dolan nous remet parterre avec un drame émotionnellement puissant. Le Grand Prix du dernier festival de Cannes.

LA FINESSE SELON IRA SACHS

LA CRITIQUE DE BROOKLYN VILLAGE

Résumé : Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les relations sont d’abord très cordiales, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique s’avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Les discussions d’adultes vont bientôt perturber la complicité entre voisins.brooklyn-village_2De films en films, Ira Sachs n’a de cesse de grandir et de s’affirmer comme l’un des plus passionnants cinéastes de la scène indépendante new-yorkaise. Deux ans après nous avoir fait chavirer avec son lumineux Love is Strange, petite pépite découverte à Deauville, le metteur en scène est (déjà) de retour avec Brooklyn Village, une nouvelle œuvre entre tendresse et cruauté, cette fois-ci récompensée du Grand Prix au fort huppé festival normand. L’histoire de deux adolescents dont l’amitié va être malmenée par le monde des adultes, sur fond de conflit immobilier opposant deux familles.brooklyn-village-4Avec Brooklyn Village, Ira Sachs témoigne une fois de plus, de son aptitude innée à croquer des personnages tout en authenticité et en émotions. Surtout, il démontre que l’on peut faire du cinéma intelligent sans pour autant officier dans un intellectualisme bourgeois lourd et segmentant. Brooklyn Village lorgne vers un autre regard sur l’adolescence pourtant moult fois traitée par le cinéma, et au passage, s’intéresse à d’autres thématiques que les sempiternelles atermoiements autour du passage vers l’âge adulte. L’opposition entre l’innocence de l’enfance et la cruauté du monde adulte a souvent été abordée à travers des divertissements visant avant tout, l’aventure. Ici, il s’agit plutôt d’observer comment les problèmes des adultes peuvent impacter la vie arpentée des enfants. Chronique d’une maturité imparable, Brooklyn Village affiche un soupçon de mélancolie bouleversante, quelques petites pointes de drôlerie mais forcées, et dit beaucoup de choses en peu de temps de récit. On regrettera seulement de voir Ira Sachs davantage s’attarder sur la première moitié de son long-métrage alors que la seconde aurait peut-être mérité un développement plus dense afin de mieux étayer son sujet, d’autant que c’est là que les enjeux se nouent vraiment, mais reste un film profondément humain, qui brille par sa subtilité.brooklyn_village_3En version originale, Brooklyn Village se nomme Little Men, un titre qui reflète peut-être bien plus ce qu’entend illustrer le dernier film d’Ira Sachs. Le portrait de deux « petits hommes », jamais perçus comme des « enfants » en décalage avec les problématiques de leurs aïeux. Ces deux jeunes hommes dont l’amitié régale, grandissent et tentent de se frayer un chemin dans la violence sociale d’un monde en pleine mutation, dirigé par les préoccupations de leurs aînés. Ils vont faire l’apprentissage des barrières sociales et d’un avenir en apparence sombre, mais sans jamais perdre de vue leurs rêves et leur optimisme d’un autre monde possible, où la fracture sociale serait recollée. Touchant, brillant, incarné par de somptueux comédiens et mis en scène par un Ira Sachs toujours aussi fin dans son étude des hommes.

Par Nicolas Rieux

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