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FERRARI de Michael Mann : la critique du film [Prime Video]

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Nom : Ferrari
PèreMichael Mann
Date de naissance : 08 mars 2024
Type : Disponible sur Amazon Prime Video
Nationalité : USA
Taille : 2h10 / Poids : 95 M$
Genre : Drame, Biopic

Livret de Famille : Adam DriverPenélope CruzShailene Woodley, Patrick Dempsey, Sarah Gadon…

Signes particuliers : Michael Mann déçoit. 

Synopsis : C’est l’été 1957. Derrière le spectacle de la Formule 1, l’ancien coureur Enzo Ferrari est en crise. La faillite menace l’usine que lui et sa femme, Laura, ont construite à partir de rien dix ans plus tôt. Leur mariage instable a été ébranlé par la perte de leur fils, Dino, un an plus tôt. Ferrari a du mal à reconnaître son fils Piero avec Lina Lardi. Pendant ce temps, la passion de ses pilotes pour la victoire les pousse à la limite alors qu’ils se lancent dans la périlleuse course de 1 000 miles à travers l’Italie, la Mille Miglia.

MICHAEL MANN AU RALENTI

NOTRE AVIS SUR FERRARI

C’est non sans une petite excitation à peine contenue que l’on avait hâte de retrouver Michael Mann, dont le dernier long-métrage de cinéma remonte à 2015 et le thriller technologique Hacker avec Chris Hemsworth. Neuf ans plus tard, l’un des plus talentueux cinéastes américains de sa génération rencontre un autre mythe, Enzo Ferrari. A l’origine, Ferrari était un projet initié en 2015 avec Christian Bale dans le rôle-titre, avant que les droits du livre de Brock Yates Enzo Ferrari : l’homme, les voitures, les courses ne filent entre les mains d’un autre studio. Bale finira par faire Ford vs Ferrari tandis que Michael Mann continuera de développer son projet dans son coin. Lequel n’entrera en tournage qu’en 2022 avec finalement Adam Driver.

Sobrement baptisé Ferrari, le film revient sur une période spécifique du légendaire constructeur automobile, quand en 1957 le surnommé « commendatore » traversait une crise profonde. Son entreprise était en grande difficulté financière, son mariage ne supportait plus la mort prématuré de son fils Dino, sa double-vie sentimentale devenait ingérable. C’est à se moment là que l’ancien pilote décide de miser tout son avenir dans une course, la feu exaltante et réputée course des Mille Miglia (1000 miles à travers toute l’Italie).

Huit ans sans tourner un film, c’est long. Et en huit ans, on a largement le temps de rouiller. Si Michael Mann n’est pas complètement resté inactif depuis 2015 (il a écrit un roman poursuivant l’histoire de Heat et participé à la série Tokyo Vice) on peut néanmoins se poser la question s’il n’aurait pas un peu perdu le coup de main. Ou plutôt le coup d’œil. Car la découverte de son très attendu Ferrari est une sacrée descente d’illusions. Dire que c’est une belle sortie de route est une réalité. Dire que Ferrari est son moins bon film à ce jour est un doux euphémisme. De Michael Mann, on attendait un film intense, un film immersif, un film passionnant et un geste de cinéma. Tout ce qu’il n’y a pas dans ce long-métrage biographique aussi palpitant qu’une course de caisses à savon dans une fête de village.

Michael Mann a fait le choix de raconter deux histoires, les débuts de l’épopée Ferrari et en parallèle la vie personnelle (surtout sentimentale) du Commendatore tiraillé entre deux amours/familles. Premier problème, l’articulation des deux ne fonctionnent pas, les passerelles sont maigres et peu intéressantes et l’on s’ennuie ferme dès que le film ne parle pas de « courses ». Deuxième souci, le contenu ne présente pas matière à tenir sur plus de deux heures et le film étire poussivement ce qui ne mérite pas de l’être. Troisième défaut, Michael Mann a rarement montré aussi peu de créativité. Relativement plate, sa mise en scène ne confère aucune puissance ni au récit ni à des scènes de course à intensité très limitée. Sans parler de la laideur visuelle de certains passages, notamment un événement marquant (un accident tragique) qui se coltine des effets spéciaux aussi risibles que ceux d’un pauvre téléfilm diffusé une après-midi d’hiver sur RTL9.

Jamais porté par un soulèvement émotionnel, une intensité viscérale ou une nervosité du style, des caractéristiques pourtant à la base du cinéma de Michael Mann d’ordinaire, Ferrari coule sous sa platitude téléfilmée. Une platitude qui rejoint celle d’une écriture morne et d’une direction d’acteur effacée. Pour une bonne Pénélope Cruz, un Adam Driver tout en surjeu. Ferrari est au final un coup d’épée dans l’eau, la somme d’une histoire peu palpitante et d’une signature artistique éteinte. On espérait un film racé à la Rush, on échoue dans le décor devant un long-métrage qui fait tâche d’huile.

 

 

Par Nicolas Rieux

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