A LONELY PLACE TO DIE aka POURSUITE MORTELLE (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : A Lonely Place to Die
Parents : Julian Gilbey
Livret de famille : Melissa George, Ed Speelers, Eamonn Walker, Alec Newman, Sean Harris, Kate Magowan, Karel Roden, Gary Sweeney…
Date de naissance : 2011
Nationalité : Angleterre
Taille/Poids : 1h38 – 4 millions $

Signes particuliers (+) : Une bonne entame accrocheuse. Un bon cadre. La partie survival est correcte. Melissa George (?).

Signes particuliers (-) : Manque de hargne, d’âpreté, surtout dans la partie thriller. L’absence d’un seul point de vue. Une construction hasardeuse. Une dynamique freinée.

 

RANDONNÉE PRINTANIÈRE

Résumé : Cinq alpinistes en excursion trouvent par hasard une petite fille étrangère enterrée dans une boîte en pleine forêt. En l’aidant, ils vont devenir les cibles d’une traque impitoyable…

Précédé d’une plutôt bonne réputation avec quelques prix raflés au récent et nouveau Paris International Fantastic Film Festival, A Lonely Place to Die, quatrième long-métrage de l’anglais Julian Gilbey, monteur de formation ayant officié récemment sur Doghouse par exemple, se présente comme un survival en montagne âpre et sans concession mêlant thriller à mystère intrigant et traque humaine violente et sans pitié. Un petit budget (4 millions), une star du genre, la sexy Melissa George (Triangle) et l’affaire est dans le sac pour un film misant par ailleurs sur sa plus-value de production avec ses décors montagneux grandioses filmés en Ecosse.

Genre ultra-balisé, le survival est aujourd’hui un registre casse-gueule tant de nombreuses productions nous offrent un spectacle archi-formaté véhiculant les pires clichés éculés. Pour quelques réussites notables, on dénombre ainsi un sacré paquet de ratés ennuyeux car prévisibles à souhait. Ne venant pas du monde de l’horreur, Julian Gilbey aborde son long-métrage avec une certaine fraîcheur et une narration plutôt intéressante. Sans déborder d’originalité, il pose ses personnages, son cadre avec de s’attaquer à son épine centrale avec la découverte de cette mystérieuse fillette sadiquement enfermée dans un caisson enfoui dans les bois. Cette découverte et la volonté de venir en aide à la jeune fille va alors déclencher les foudres de ses ravisseurs. Et A Lonely Place to Die (pardon mais on se refuse d’utiliser le très mauvais titre français) d’entrer dans le vif de son sujet avec cette traque en montage aux milles dangers potentiels. Les cinq protagonistes vont alors devoir échapper à leurs impitoyables assaillants mais également faire face à un cadre naturel peu aidant entre falaises dangereuses et montagne et forêt escarpées.

Divertissant, A Lonely Place to Die va pourtant se révéler être une semi réussite et dans le même temps un semi échec, ses bonnes volontés étant à la fois ses qualités et ses défauts. Si la partie « survival » ne démérite pas par son rythme honorable et quelques surprises bien senties, dans l’ensemble, rien de bien transcendant sous les cieux du genre est à prévoir pour les amateurs du genre ayant vu plus corsé, hargneux et innovant. Dérivant trop vers le thriller au détriment de l’horreur pure en évitant au passage intelligemment la surenchère de gore gratuite, le film de Gilbey va surtout multiplier les points de vus narratifs parasitant l’isolement forestier que l’on partageait jusque-là avec ces victimes potentielles perdues dans une région manifestement plus hostile que prévue. Peu rigoureux dans sa construction, A Lonely Place… se perd rapidement en mélangeant les genres et en sortant de son cadre de départ, aussi bien au niveau du genre que du lieu, pour un final détonnant avec le reste et manquant de cohérence thématique, clairement tourné lui vers le thriller. Gilbey ne canalise pas ses ardeurs, veut montrer trop de choses différentes, faire peut-être trop diversifié et livre au final comme deux demi-films allant mal ensemble. Si cela apporte justement l’originalité de ton d’un film cherchant le contre-pied aux recettes connues du genre en restant en équilibre entre deux genres, ces choix viennent par ailleurs casser la dynamique imposée au départ et bouscule de trop un spectateur recherchant un finalement produit précis. Sortir du carcan classique d’un genre pour en changer les habitudes peut-être une bonne idée mais encore faut-il savoir en maîtriser avec soin la gestion et conduire en douceur son métrage. Or, Gilbey n’y parvient qu’à moitié avec un script se perdant en route, un peu trop confus pour être solidement uniforme. Sans être une catastrophe comme l’on peut en voir dans le genre, A Lonely Place to Die déçoit au final mais comporte néanmoins quelques passages tendus. Dommage que le tout manque de mordant et de hargne.

Bande-annonce :

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